Cette technique japonaise fait mouche en fin d’été sur les côtes françaises

Pêche en mer
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

À mi-chemin entre la pêche au leurre et la pêche à l’appât, le tenya séduit de plus en plus de pêcheurs en bateau. Son principe paraît presque rudimentaire : une tête plombée, deux hameçons et une crevette. En septembre, lorsque les sparidés restent actifs, cette simplicité devient une arme redoutable, à condition de conserver finesse et contact avec le fond.

À mi-chemin entre la pêche au leurre et la pêche à l’appât, le tenya séduit de plus en plus de pêcheurs en bateau. Son principe paraît presque rudimentaire : une tête plombée, deux hameçons et une crevette. En septembre, lorsque les sparidés restent actifs, cette simplicité devient une arme redoutable, à condition de conserver finesse et contact avec le fond.

© AdobeStock - Piotr Wawrzyniuk

Le tenya, un montage hybride venu du Japon

Le tenya a été développé au Japon pour rechercher le madaï, la dorade rouge japonaise. Le montage associe une tête plombée compacte à un hameçon principal et à un second hameçon, souvent monté sur une courte assistance. Une crevette ou une gambas entière est fixée sur l’ensemble : la tête donne le poids et la présentation, tandis que l’appât naturel apporte odeur, texture et réalisme.

Ce mélange explique le succès de la technique. Le pêcheur conserve la précision et la sensibilité d’une pêche au leurre, mais propose une bouchée naturelle à des poissons parfois méfiants. Sur les côtes françaises, le tenya s’est installé aussi bien en Méditerranée que sur la façade atlantique pour cibler pagres, dorades grises, pageots, dentis et autres poissons de fond. Il peut également séduire un chapon, un grondin ou un poisson inattendu.

La dérive fait une grande partie du travail

Le tenya se pratique principalement depuis un bateau ou un kayak stable, en dérive contrôlée. Le montage descend jusqu’au fond, puis reste présenté à quelques centimètres ou quelques dizaines de centimètres au-dessus. De petites tirées du scion, suivies de pauses, suffisent généralement. L’objectif n’est pas de secouer l’appât, mais de lui donner l’allure d’une proie qui se déplace avec difficulté.

La ligne doit rester aussi verticale que possible. Si elle s’écarte trop, le pêcheur perd la lecture du fond, accroche davantage et distingue mal une touche d’un contact avec la roche. On adapte donc le poids du tenya à la profondeur, au vent et au courant : assez lourd pour garder le contrôle, mais pas davantage. Selon les secteurs, quelques dizaines de grammes suffisent ; une dérive soutenue ou une pêche profonde impose beaucoup plus.

Une canne sensible, mais pas fragile

Une canne spécifique n’est pas absolument indispensable pour essayer, mais elle améliore nettement la pêche. Son scion souple montre les petites touches et laisse le poisson prendre l’appât, tandis que la réserve de puissance du talon permet de ferrer et de décoller un beau sparidé du fond. Une longueur proche de 2,10 à 2,40 mètres offre un bon compromis à bord.

La tresse fine limite la prise au courant et transmet immédiatement les informations. Elle est reliée à un bas de ligne en fluorocarbone adapté à l’abrasion et à la taille des poissons recherchés. Les diamètres extrêmes n’ont pas d’intérêt pour débuter : mieux vaut un ensemble cohérent, un frein bien réglé et des nœuds parfaitement maîtrisés qu’une ligne ultra-fine incapable de résister au premier contact avec une roche.

Bien armer la crevette change tout

La crevette doit rester droite. L’hameçon principal traverse la partie arrière du corps et accompagne sa courbure sans la déchirer ; le petit hameçon vient sécuriser la tête ou la partie avant selon le modèle de tenya. Un appât mal fixé tourne dans l’eau, se vide rapidement et masque les pointes. Quelques tours de fil élastique peuvent améliorer sa tenue lorsque les petits poissons attaquent.

À la touche, le réflexe dépend de ce que transmet la canne. Un coup sec peut appeler un ferrage rapide. Des tiraillements répétés demandent parfois une seconde de patience pour laisser le poisson engamer. C’est cette lecture qui fait tout l’intérêt de la technique : le tenya est simple à mettre à l’eau, mais suffisamment subtil pour progresser sortie après sortie.

Septembre, le mois des dérives fines

En fin d’été, l’eau reste chaude et de nombreux sparidés continuent de fréquenter les plateaux rocheux, les bordures de tombants et les zones mixtes de sable et de roche. Les premières heures du jour et les changements de courant peuvent être productifs, sans constituer une recette automatique. Une dérive trop rapide ou une mer courte suffit à rendre la présentation médiocre.

Le pilote doit suivre le sondeur, anticiper la trajectoire et relancer la dérive avant d’entrer dans une zone interdite ou trop encombrée. Le tenya n’autorise pas à « labourer » un poste : on relève au moindre doute, on évite les herbiers sensibles et on conserve seulement les poissons autorisés et utiles à la consommation.

Une technique simple, une réglementation qui ne l’est pas toujours

Comme toutes les pêches maritimes de loisir, le tenya reste soumis aux tailles minimales, quotas, périodes de fermeture et règles locales applicables aux espèces et aux secteurs fréquentés. Certaines captures doivent être marquées par l’ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale. Depuis 2026, l’enregistrement européen RECFishing concerne notamment les pêcheurs de loisir en Méditerranée, hors pêche à pied, et la déclaration de certaines captures s’impose selon les espèces.

Avant chaque sortie, il faut donc vérifier la réglementation à jour, et pas seulement la météo. Le tenya est efficace précisément parce qu’il permet de cibler proprement les poissons. Cette sélectivité doit rester son fil conducteur : matériel fin, gestes mesurés et prélèvement raisonnable.

Avant de sortir en mer, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT Marine.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.