Elle emprunte ses palmes à l’apnée, son sens de l’observation à la plongée et son exigence de prélèvement à la pêche. La chasse sous-marine ne consiste pourtant ni à descendre profond ni à multiplier les captures. En septembre, lorsque la visibilité reste souvent favorable, elle exige d’abord une formation, un binôme et une connaissance précise des règles.

Lire la mer avant de chercher le poisson
Le chasseur sous-marin avance en surface, observe le relief, respire calmement puis descend en apnée. Il peut pratiquer à l’indienne, en progressant près du fond, à l’agachon, en attendant immobile, ou à trou, en inspectant une cavité. Ces techniques demandent une maîtrise du palmage, de la compensation, de la flottabilité et surtout du retour en surface.
Le débutant gagne à oublier la profondeur. Une chasse dans trois ou quatre mètres d’eau peut déjà apprendre à se déplacer sans bruit, identifier une espèce, estimer sa taille et renoncer à un tir mal orienté. Descendre davantage sans savoir gérer l’effort et la récupération augmente le risque sans garantir le moindre poisson.
Le fusil-harpon est interdit avant 16 ans
En France, l’usage d’un fusil-harpon pour la pêche sous-marine est interdit aux moins de 16 ans. Le pratiquant doit disposer d’une assurance couvrant sa responsabilité civile pour cette activité et pouvoir en justifier. Sa présence doit être signalée par une bouée portant le pavillon approprié, reliée au chasseur et suffisamment visible pour les bateaux.
La pêche se pratique uniquement entre le lever et le coucher du soleil. L’usage de tout appareil permettant de respirer sous l’eau est interdit, tout comme celui d’un foyer lumineux. Il est également interdit de tenir un fusil chargé hors de l’eau, d’utiliser simultanément un fusil et un scooter sous-marin ou de capturer les crustacés avec une foëne ou un appareil de pêche sous-marine.
Des distances et des zones à respecter
Le chasseur doit rester à au moins 150 mètres des navires ou embarcations en pêche et des engins de pêche signalés. Il ne peut pas prélever les animaux pris dans les filets ou casiers d’un autre pêcheur. Les ports, chenaux, zones de baignade, réserves et cantonnements font l’objet d’interdictions ou de règles locales qui doivent être vérifiées avant la mise à l’eau.
La bouée ne crée pas une zone d’exclusion absolue autour du pratiquant. Elle le rend visible, mais ne dispense pas de choisir un secteur éloigné du trafic. Un pavillon aperçu tardivement par un bateau rapide ne remplace jamais une marge de sécurité importante.
Un binôme, mais jamais deux chasseurs au fond
La règle de sécurité la plus efficace est le binôme alterné : une personne descend, l’autre reste en surface, suit sa trajectoire et l’accueille pendant les dernières secondes de remontée. Les deux chasseurs ne plongent pas simultanément. La perte de connaissance liée au manque d’oxygène survient souvent près de la surface, au moment où l’apnéiste pense que l’effort est terminé.
On ne pratique aucune hyperventilation. La préparation reste lente et calme, sans séries de respirations forcées. Après la remontée, le chasseur prend plusieurs respirations de récupération, garde un point d’appui et attend avant de repartir. Un lestage facilement largable et volontairement modéré permet de redevenir positif près de la surface.
Le bon matériel est celui que l’on peut abandonner
La combinaison protège du froid et augmente la flottabilité ; la ceinture de plomb doit donc être réglée avec prudence. Le couteau, accessible d’une seule main, sert d’abord à se libérer d’un fil ou d’un filet. Les palmes longues ne compensent pas une mauvaise technique, et un fusil puissant n’améliore ni l’identification du poisson ni la sécurité du tir.
Le chasseur garde toujours derrière la cible une zone dégagée. Il ne tire jamais en direction d’un partenaire, d’un rocher très proche susceptible de provoquer un ricochet ou d’une cavité qu’il ne lit pas entièrement. Le poisson fléché est immédiatement maîtrisé et placé sur la bouée ou dans un dispositif prévu, jamais conservé flottant contre le corps.
En 2026, la déclaration des pêches évolue
Les captures restent soumises aux tailles minimales, quotas, fermetures saisonnières et règles de marquage applicables à certaines espèces. Elles sont réservées à la consommation du pêcheur et ne peuvent pas être vendues. En Méditerranée, depuis janvier 2026, les pêcheurs de loisir âgés d’au moins 16 ans, hors pêche à pied, doivent s’enregistrer sur le dispositif européen RECFishing. Les captures des espèces concernées doivent être déclarées le jour même, selon les modalités en vigueur.
Hors Méditerranée, l’enregistrement et la déclaration dépendent notamment des espèces ciblées et des règles applicables à la zone. Cette réglementation évolue : une vérification avant chaque saison est indispensable, y compris pour un site pratiqué depuis longtemps.
Septembre ne transforme pas la mer en terrain facile
L’eau encore chaude et la baisse du trafic peuvent donner de belles conditions, mais les premiers coups de vent, la houle résiduelle et les changements de visibilité modifient rapidement un secteur. La chasse doit être annulée si la bouée disparaît dans les vagues, si le courant éloigne le binôme ou si la sortie de l’eau devient incertaine.
Pour commencer, le meilleur investissement n’est pas un fusil : c’est une initiation en club d’apnée ou auprès d’un encadrant compétent. On y apprend à respirer, à surveiller et à renoncer. La chasse sous-marine devient alors ce qu’elle devrait toujours rester : une pratique sélective, exigeante et profondément attentive au milieu.
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