
A bord, il n’existe pas de cordages universels. Pour les drisses, ils doivent avoir un allongement minimum et résister aux frottements dans les réas et poulies ; pour les écoutes, ils doivent être agréables en main et avoir une bonne souplesse ; quant à ceux dédiés à l’amarrage, ils doivent pouvoir encaisser les coups de rappel importants dus au mouvement du bateau. Des contraintes bien différentes qui font qu’un cordage ne peut pas être tout usage. Figaro Nautisme fait le point sur les cordages dédiés à l'amarrage.
Les matériaux retenus
Les fibres les plus courantes pour la réalisation des cordages d’amarrage sont : le polyamide et le polyester, le premier pour son allongement et le deuxième pour sa résistante aux UV.
Le classique 3 torons
Le cordage 3 torons reste un classique pour l’amarrage. L’une des raisons principales est que l’on peut facilement faire une épissure. Le polyamide est retenu pour sa grande souplesse, son élasticité (25% à la charge de travail) et sa réalisation équilibrée qui permet d’éviter au maximum la formation de cloques. Le polyester a un allongement plus faible (7% à la charge de travail) mais une meilleure résistance à l’eau de mer, aux UV et absorbe peu l’eau. Côté résistance, la charge de rupture pour un diamètre de 14 mm est de 4000 kg pour le polyamide, et de 3200 kg pour le polyester. Côté coût, le polyester est 40% plus onéreux que le polyamide.
Le 8 torons un plus pour l’amarrage
Ce cordage en polyamide fait appel pour sa réalisation à 8 torons (4 x 2). Beaucoup d’avantages par rapport aux 3 torons parmi lesquels nous pouvons citer la grande souplesse, l’élasticité (13% à charge de travail), l’absorption des chocs et la résistance. Pour une utilisation comme mouillage mixte (chaîne plus câblot), il est facile à épisser sur chaîne et peut être utilisé sur un barbotin de guindeau. Une variante est l’amarre dynamique polyamide constituée d’une âme tressée en polyamide recouverte d'une gaine polyamide tressée 24 fuseaux. La gaine extérieure assure la protection aux ragages et aux frottements et celle de l'intérieure amène une élasticité qui peut atteindre 15% sous charge de travail. Quant au prix, il faut compter le double de la tresse 3 torons polyamide mais avec une résistance à diamètre égal 40% supérieure.
Bien réaliser les terminaisons
Là, tout est permis, mais tout n’est pas raisonnable. A quoi bon prendre un cordage résistant si l’on doit en perdre un maximum à la liaison avec le bateau et les taquets d’amarrage. L’épissure, tous cordages confondus, est la terminaison qui donne les meilleurs résultats, proches de ceux de la résistance du cordage. Le nœud de chaise est le plus utilisé car il peut se défaire sans difficulté. Mais qu’en est-il de sa résistance ? Sur les cordages d’amarrage, comptez une perte de 40%. Le nœud plat n’a pas sa place à bord. Ce type de nœud lorsqu’il a été mis sous tension, est pratiquement impossible à défaire. Malgré cela, on le rencontre souvent sur les bouts d’amarrage ne serait-ce que pour retenir le tuyau en plastique sensé éviter l’usure du cordage aux passages dans le chaumard. La perte sur un cordage d’amarrage est au minimum de 55%.
Les amortisseurs : indispensables pour l’hivernage
Les cordages spécifiques amarrage ont beau être souples et élastiques, il est conseillé de les munir d’amortisseurs lorsque le bateau hiverne dans un port. Différents modèles sont proposés en caoutchouc et métalliques. Celui en caoutchouc est simple à mettre en place. Bien que traité anti UV, il est bon de le vérifier régulièrement. En cas de rupture, cela n’entraîne pas le désamarrage du bateau. Les amortisseurs métalliques sont en acier cadmié ou inox. L’avantage de l’inox est qu’il ne rouille pas. Ce type d’amortisseur doit être assuré pour éviter qu’en cas de rupture, le bateau ne soit plus amarré.
Le minimum à bord
Lorsque l’on fréquente les ports avec catway, il faut deux gardes (montante et descendante) d’une longueur égale à 1,5 fois celle du bateau, quatre cordages de quelques mètres pour s’amarrer à quai et au catway. Pour l’hivernage prévoir des amortisseurs pour les cordages reliés au quai.
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