
Alors que la période estivale bat son plein, le risque de noyade augmente. Fort heureusement, la majeure partie d'entre elles sont évitées grâce aux interventions de la SNSM qui oeuvre tout le long du littoral français.
Créé en 1967 par l’Amiral Maurice Amman avec l’appui du gouvernement suite à un certains nombre de drames ayant eu lieu cette même année, la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) est née de la fusion de deux associations : la Société centrale de sauvetage des naufragés et la Société des hospitaliers sauveteurs bretons, qui existaient toutes deux depuis plus d’un siècle mais qui ne pouvaient pas à elles seules couvrir l’ensemble du littoral. « L’une des associations était nationale, l’autre liée à la pêche. Il est intéressant de garder en mémoire que l’origine du sauvetage en mer est liée à la pêche. A l’époque, il n’existait que très peu de bateaux à moteur. Les pêcheurs naviguaient beaucoup à la voile. Il y avait souvent des drames en mer, rappelle l’Amiral Olivier Lajous, récemment élu pour six ans à la tête de la SNSM. Il y a toujours eu au cœur de la SNSM un esprit marin pêcheur qui subsiste encore aujourd’hui ». Comme tous ses prédécesseurs qui ont tous apporté leur pierre à l’édifice et qui ont contribué à faire de la SNSM ce qu’elle est aujourd’hui, Olivier Lajous est un ancien Amiral de la Marine nationale. « Au fil des années, l’association s’est renforcée, a trouvé un modèle économique et un mode de fonctionnement, tout en se dotant de moyens plus conséquents et en ouvrant de nouvelles stations. Aujourd’hui, la marque SNSM a plutôt une bonne côte, des bénévoles bien formés, de bons équipements et une identité visuelle forte, mais tout cela n’est possible que grâce aux donateurs. On a besoin que les gens continuent de croire en nous pour pouvoir continuer à sauver des vies. La SNSM est une association de droit privé et pas un service d’état. L’Etat représente un peu plus de 20% de nos ressources, le reste est apporté par les donateurs. Aujourd’hui, sur les 500.000 plaisanciers en France, seuls 10% cotisent à la SNSM. C’est peu, notre modèle économique est fragile », poursuit-il.
4500 sauveteurs embarqués bénévoles
Aujourd’hui, elle regroupe en permanence 4500 bénévoles issus de tous horizons, connus sous le nom de sauveteurs embarqués. « La moitié d’entre eux est issue de la Marine marchande, de la Marine nationale ou de la pêche, le reste étant constitué de plaisanciers passionnés, de professions libérales…La moyenne d’âge est aujourd’hui de 48 ans, alors qu’elle était de 60 ans il y a quelques années, explique l’Amiral Olivier Lajous. Ils se tiennent prêts à partir toute l’année en intervention de jour comme de nuit dans les 15 minutes à bord du canot de la SNSM pour sauver des gens en mer. Ce sont des gens qui sont formés, qui savent naviguer, prodiguer les premiers secours ». Outre ces 4500 sauveteurs embarqués répartis dans les 220 stations de sauvetage implantées sur tout le littoral de Dunkerque à Menton, la SNSM compte chaque année entre 1500 et 2000 nageurs sauveteurs dont la moyenne d’âge tourne autour de 25 ans. 500 nageurs sauveteurs sont formés chaque hiver aux gestes de sauvetage dans l’un des 32 centres dédiés, et se déploient l’été sur le littoral dans les 266 postes de secours sur les plages. SI les stations de sauvetage reçoivent les ordres d’intervention de la part du CROSS, ce sont les Mairies qui gèrent les postes de secours. « Les nageurs sauveteurs sont employés par les Mairies. Leur rôle consiste à surveiller la zone de baignade mais également à soigner les piqures, les insolations... A ce jour, une centaine de mairies nous ont confié leur poste de secours. Elles peuvent également faire appel aux CRS ou aux pompiers ». La SNSM, qui un rôle crucial tout au long de l’année et en particulier l’été, réalise en moyenne 8000 sorties par an. « Nous sauvons environ 6000 vies par an, ce qui comprend les noyades évitées », précise-t-il.