Essai de l'Oceanis 40.1 : un bateau de croisière avec des volumes bluffants !

Voiliers
Mercredi 4 novembre 2020 à 16h00

Le célèbre cabinet d’architecture Marc Lombard signe avec l’OCEANIS 40.1 son premier projet de bateau de croisière avec Bénéteau (pour mémoire il avait déjà signé le célèbre monotype de course au large Figaro Bénéteau II). Ce bateau de croisière de la gamme OCEANIS de 40’ (12 m) a bien le coup de crayon des plans Marc Lombard, qui associé au Cabinet Nauta Design pour le plan de pont et l’intérieur donne un résultat bluffant au niveau des volumes.

Le célèbre cabinet d’architecture Marc Lombard signe avec l’OCEANIS 40.1 son premier projet de bateau de croisière avec Bénéteau (pour mémoire il avait déjà signé le célèbre monotype de course au large Figaro Bénéteau II). Ce bateau de croisière de la gamme OCEANIS de 40’ (12 m) a bien le coup de crayon des plans Marc Lombard, qui associé au Cabinet Nauta Design pour le plan de pont et l’intérieur donne un résultat bluffant au niveau des volumes.

La grande particularité de ce bateau réside dans sa carène tulipée, associée à un redan prononcé qui s’étend sur le tiers avant, une carène offrant un volume généreux sans sacrifier la silhouette très agréable, et le brion d’étrave dégagé caractérise la tendance architecturale actuelle.

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© Gilles Chiorri

A noter que l’OCEANIS 40.1 se décline en de nombreuses versions au niveau des tirants d’eau (3), tirants d’air (2), plan de voilure, et de l’agencement (nombre) des cabines, permettant de répondre à toutes les attentes et utilisations.

Plan de pont / emménagements extérieurs

Vu du quai, la silhouette générale avec l’étrave droite, la delphinière, et le tableau arrière droit apporte un ton résolument moderne et attrayant.

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La delphinière intègre intelligemment le davier d’étrave sur lequel est repris l’amure du code O, le tout renforcé par une solide sous-barbe en inox, une conception solide et élégante. Immédiatement en arrière de la ferrure d’étai, le guindeau à plat pont sur bâbord est discret, et le capot de la baille à mouillage sur tribord donne accès à un vaste volume qui permettra de stocker une ligne de mouillage de bonne longueur sans aucun souci.

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La plage avant, dégagée, dispose d’un capot de pont donnant dans la cabine avant. Le roof en avant du mât est parcouru par un rail transversal qui sert pour lécoute de foc dans la version foc auto-vireur (version standard).

Le roof, très large, mais peu élevé, est d’une esthétique réussie, et laisse néanmoins des passe-avants de bonnes dimensions pour se déplacer en toute sécurité.

Les hiloires de roof s’étendent loin vers l’arrière et donnent une jolie continuité de lignes et assurent une bonne protection du cockpit. Ces hiloires se terminent, très en arrière par les deux postes de barre (à roue), en arrière du cockpit. Ainsi non seulement cela libère un large espace dans le cockpit, mais donne aussi au barreur une bonne vue d’ensemble du bateau.

Le pack électronique B&G avec un écran 7’’ bien lisible de chaque côté apporte toutes les informations utiles à la navigation. A tribord, se situent la commande de gaz, et sur le côté la commande du propulseur (option).

Juste en avant des postes de barre, un winch de chaque bord, permettra au barreur ou à un équipier d’intervenir facilement sur les manœuvres (écoute de génois & enrouleur), deux autres winches sont disposés classiquement de part et d’autre de la descente (drisses et écoute de grande voile).

L’assise du barreur est assurée soit par un siège de chaque bord, repliable sur le balcon arrière, soit en s’asseyant sur le plat bord du pont. En position debout le barreur pourra utiliser un marchepied réglable en hauteur pour garder une position agréable.

Le large espace entre les deux barres permet une circulation fluide entre le cockpit et l’arrière du bateau. Le tableau arrière est équipé d’une grande plage de bain amovible, qui se déploie aisément au moyen d’un palan (système électrique en option).

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La table fixe du cockpit, munie de mains courantes, pratiques en navigation, dispose de deux grands plateaux en teck relevables, et permet à 6 personnes de se réunir pour un verre ou partager un repas. Une glacière (30 l en option) est intégrée dans la partie avant de la table, et l’arrière de celle-ci intègre le volume requis pour loger le radeau de survie.

Deux grands coffres situés à bâbord et tribord dans les bancs de cockpit permettent de stocker l’armement de sécurité et tout autre équipement. Un troisième coffre se situe en fond de cockpit entre les deux postes de barre, s’y loge la bouteille de gaz, et les pare battages en navigation.

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Emménagements intérieurs

En empruntant la descente, la première impression dans le carré est un sentiment de volume avec une hauteur sous barreau de deux mètres, et un espace surprenant pour un bateau de 12 mètres. La luminosité est également une belle surprise grâce aux différents capots de pont et des hublots d’hiloire de roof.

Sur tribord, en arrière du carré, se trouve l’unique salle de bain (modèle essayé), dont l’accès se fait soit par le carré, soit par la cabine arrière tribord.

Sur bâbord, au pied de la descente l’accès à la cabine arrière bâbord, et la table à carte inversée, c’est à dire qu’assis à la table à carte on fait face vers l’arrière. Cette disposition ingénieuse permet un gain d’espace non négligeable. Attenant se trouve la table du carré qui accueillera confortablement entre 7 à 8 convives. La dite table se descend pour permettre si besoin un couchage supplémentaire.

En vis-à-vis de la table de carré, sur tribord, l’espace cuisine, est clairement conçu pour une croisière culinaire, avec plans de travail, espaces de rangement et équipets en nombre. Un vrai congélateur (190 l) avec deux ouvertures, l’une en façade et une autre par le dessus. La cuisinière en inox sur cardan, est composée d’un four et deux feux (2 brûleurs). Le frigo se situe sur le coté des deux éviers.

Sur l’avant du carré l’épontille de mât est discrète (habillée de skai), et permet aussi de disposer d’un bon appui pour circuler vers l’avant en navigation à la gîte.

Sous les planchers du carré de nombreux volumes de rangement.

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L’OCEANIS 40.1 (modèle essayé) est aménagé avec une très grande cabine avant, lumineuse grâce aux hublots de coque de part et d’autre du grand lit double. La ventilation est assurée par le capot de pont surplombant la cabine. L’ensemble est équipé de deux penderies, et de rangements volumineux digne d’un bateau d’un segment de taille largement supérieur. Un meuble incluant un point d’eau avec lavabo équipe également la cabine.

Les deux cabines arrière, proches en taille, dispose d’un grand couchage identique pour 2 personnes et de rangements et penderie. Seule nuance, la cabine tribord dispose d’un accès direct de la cabine à la salle de bain. Les hublots de coque donnent une profondeur et une luminosité appréciable. Deux petits hublots par cabine assurent la ventilation.

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Essais en mer

- Lieu : Sitges (Espagne)

- Conditions de vent : NNW 10 nœuds

- Mer : calme à peu agitée

La manœuvre d’appareillage s’avère aisée grâce aux deux safrans, associés au moteur Yanmar 45 cv et son hélice 3 pales fixes (en option une hélice à pales repliables s’avèrera un choix judicieux). Néanmoins un propulseur d’étrave est proposé en option, il sera d’une bonne aide par vent fort de travers.

Le bateau est gréé avec un mât Z-Spars à deux étages de barre de flèches poussantes, avec deux pataras pour conserver l’arrière bien dégagé. Le portique au-dessus du roof sur lequel était auparavant fixé le rail d’écoute de grande voile est désormais remplacé par une simple patte d’oie textile, l’ensemble donne un arrangement de roof très dégagé et épuré, pour une efficacité identique.

Le modèle essayé dispose d’un génois (option) et d’une grande voile classique (option). Dans la version standard, l’OCEANIS 40.1 est équipé d’un foc auto-vireur, et d’une grande voile à enrouleur, cette version devrait rassurer les moins aguerris aux manœuvres sous voile. Un gréement dit performance, plus grand, existe en option également.

Sous voile au près, le bateau est bien équilibré à la barre, certainement un léger manque de puissance se fait ressentir avec le génois à faible recouvrement (95%), associées aux conditions météorologiques rencontrées. Néanmoins ce ressenti disparait complètement sitôt le code 0 déroulé, l’OCEANIS 40.1 prend alors une légère gite, se cale et accélère sans forcer, la carène du cabinet Marc Lombard se révèle alors avec tout son potentiel…on aurait aimé naviguer avec des conditions plus soutenues pour profiter pleinement de ce joli bateau de croisière.

En synthèse le bateau évolue très bien, avec une bonne ergonomie pour réaliser les manœuvres, même en équipage réduit. L’OCEANIS 40.1 est un véritable appel à la croisière entre amis ou en famille, que ce soit pour un weekend ou une plus longue croisière, avec un confort et des espaces surprenants pour cette taille de bateau.

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On a aimé :

- La largeur du cockpit

- La plage de bain arrière

- L’ingéniosité générale d’intégration et les détails de finition

- L’accès au moteur très aisé

- La compétence et la réelle disponibilité de l’équipe Bénéteau

On a moins aimé :

- Une voile d’avant (foc auto-vireur ou génois) petite nécessitant l’usage de l’option du code 0

Caractéristiques techniques

Longueur de coque : 11,99 m

Longueur hors tout : 12,87 m

Maître bau : 4,18 m

Tirant d’eau : 2 ,17 m (version GTE)

Tirant d’air : 18,33 m (version standard avec antenne)

Déplacement lège : 7 985 kg (lège)

Capacité carburant : 195 litres

Capacité eau douce : 235 litres (en option : 330 l)

Personnes (capacité CE) : A-10 / B-10 / C-12

Moteur : YANMAR 45 ch – ligne d’arbre avec hélice 3 pales fixes

Vitesse au moteur (par eau plate) : 6,8 nœuds (2 400 tr/mn) 7,9 nœuds (3 200 tr/mn)

Prix

- De base : 206 180 € TTC

- Version essayée : 281 200 € TTC

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.