Gérer l'énergie sur un bateau moteur

Bateaux à moteur
Mardi 28 septembre 2021 à 12h05

Que vous pratiquiez la croisière côtière, les sorties à la journée ou le cabotage le long des côtes avec un bateau moteur équipé soit d’un moteur in-bord, soit d’un hors-bord, il est important de bien gérer son énergie électrique.

Panneaux solaires rigides. ©Albert Brel
Que vous pratiquiez la croisière côtière, les sorties à la journée ou le cabotage le long des côtes avec un bateau moteur équipé soit d’un moteur in-bord, soit d’un hors-bord, il est important de bien gérer son énergie électrique.

Les équipements de série

Sur la majorité des bateaux, les moyens de recharge des batteries sont : en navigation, l’alternateur moteur, au port, un chargeur de batteries et sur les unités importantes, un groupe électrogène. Pour le contrôle, il y a : un voltmètre et un ampèremètre et, pour le stockage de l’énergie, une batterie qui assure l’ensemble de l’alimentation (moteur et servitudes), voire deux batteries, une dédiée moteur et une servitude. Ces équipements sont livrés de série.

Les besoins en énergie

Ils sont différents suivant votre navigation. Si vous pratiquez le sport (ski nautique, etc.), la promenade sans escale ou encore la pêche en navigation, par exemple, la pêche à la traine, vous naviguez sans arrêter votre moteur. L’alternateur moteur assure la recharge des batteries et compense la consommation. Par contre, si vous pratiquez la pêche lorsque le bateau est au mouillage ou la croisière côtière avec escale dans des mouillages forains, là, le moteur n’est en fonctionnement que pendant la navigation, le reste du temps il est à l’arrêt. Toute l’énergie nécessaire pour l’éclairage, l’électronique, la réfrigération, etc., est prélevée sur les batteries. Dans ce cas, il est impératif d’avoir un moyen pour les recharger.   

Les besoins à bord

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Alternateur moteur© Albert Brel

En navigation, en principe l’alternateur du moteur est suffisant pour palier la consommation du bord (électronique et servitudes) ainsi que la recharge des batteries. Au mouillage, on peut réduire la consommation en gardant le minimum d’électronique sous tension, par exemple, le sondeur. Mais et c’est généralement le cas, si vous avez un réfrigérateur, l’eau sous pression, de l’éclairage voire la télévision, il en va tout autrement. Ces équipements sont de gros consommateurs qui ont vite fait de décharger vos batteries. Par exemple, un réfrigérateur consomme en moyenne 3.5 ampères pendant 60% du temps soit en moyenne 30 à 50 Ah par 24 heures. On peut négliger l’éclairage si on a pris la précaution d’équiper le bateau de LED. Quant à la télévision, tout dépend du temps d’utilisation, mais elle reste un gros consommateur (3 à 4 ampères). On estime que sur un bateau moteur, la consommation moyenne par 24 heures est de 100 ampères.

Compenser la consommation au mouillage

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Groupe électrogène fixe.© Albert Brel

L’idéal est de disposer d’un groupe électrogène fixe diesel, mais peu de bateau de moins de 12 mètres en ont un. Il faut alors se tourner vers les moyens du bord comme l’alternateur moteur ou un chargeur d’alternateur ou encore ceux optionnels tels que les panneaux solaires. Pour recharger les batteries lorsque l’on est au mouillage ou dans un port ne disposant pas de borne électrique, on peut faire tourner le moteur in-bord voire hors-bord s’il a un alternateur. C’est la solution souvent retenue mais est-elle efficace ? Lancer un moteur de grande puissance uniquement pour entrainer un alternateur est sur le plan électrique et mécanique une aberration. Côté électrique, l’alternateur va recharger les batteries, mais avec une courbe de charge qui tient compte de l’état des batteries. Par exemple, un alternateur standard de 75 ampères produit ce courant pendant quelques minutes puis il décroit rapidement. En une heure, il fournit au maximum 20 ampères aux batteries, ce qui est loin de la consommation. On peut le booster en utilisant un chargeur d’alternateur. Ce système se monte en lieu et place du répartiteur existant. Il trompe l’alternateur pour que ce dernier fournisse un courant maximum. Il permet de recharger de 2 à 5 fois plus vite. Sur le plan mécanique, faire tourner un moteur sans charge n’est pas recommandé. Tous les mécaniciens sont unanimes sur ce point. Un moteur qui tourne régulièrement à vide, a pour effet à terme de glacer les cylindres. Reste le bruit qui n’est pas très agréable pour soi et pour les bateaux voisins. La solution que nous avons pu tester cet été, est de s’équiper de panneaux solaires.

Choisir le bon panneau

Le solaire est très tendance dans le domaine terrestre et les prix deviennent abordables. On trouve sur le marché des panneaux à 1 euro le watt soit 100 euros pour un modèle de 100 watts. Mais ces modèles sont-ils adaptés à une utilisation sur un bateau ? Malheureusement, non. Ils ne sont pas conçus pour être exposés à l’air salin. La connectique et les parties métalliques auront vite fait de s’oxyder. Si on veut un produit qui dure dans le temps, il faut se tourner vers des modèles équipés de cellules monocristallines dernière génération haut rendement et traités pour une utilisation en milieu salin. Par exemple, Sunpower annonce un rendement de 23.6% pour ses cellules 3ème génération.

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Panneau souple.© Albert Brel

La puissance nécessaire

Elle dépend de l’équipement de bord et de la région de navigation. On estime qu’un panneau de 110 watts fournit en moyenne, pendant les mois d’été (d’avril à août) en Bretagne et dans le Nord de la France 38 Ah et 50Ah dans le sud. La consommation d’un réfrigérateur estimée en moyenne à 35 Ah sera compensée avec un modèle de 110 watts. Deux panneaux compenseront la totalité des besoins sur un bateau de 10 à 12 mètres.

L’installation

La solution du panneau souple est l’une des plus simples. Les panneaux sont légers (2.2kg pour un 115 watts Sunpower) et peuvent se positionner sur le pont, le rouf ou encore le bimini. Quant à la fixation, suivant les modèles, plusieurs solutions sont possibles, par exemple, avec des œillets ou encore des fermetures à glissière. La liaison entre les panneaux et les batteries doit se faire par l’intermédiaire d’un régulateur spécifique type MPPT (Multi Peak Tracking Technology). Il est nécessaire pour assurer une recharge optimale des batteries et pour les protéger des surcharges. Ces régulateurs disposent d’un cycle de charge identique à celui des dernières générations de chargeur.

Notre avis

Si vous pratiquez le mouillage forain, le panneau solaire est la solution la plus rationnelle à condition de choisir des modèles adaptés à l’environnement salin et humide. A ce jour, comptez 315 euros pour un modèle 115 watts souple (Black Contact Seatronics) et de 135 à 180 euros pour le régulateur. A noter que des kits complets (panneaux, régulateur, connectique) sont également proposés. Les essais que nous avons faits cet été, nous ont permis de rester plusieurs jours au mois d’août aux Iles Chausey (bateau équipé de réfrigérateur et congélateur) sans avoir à lancer le moteur.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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