
Une fondation née d’une passion pour l’exploration et la scienceL’histoire commence bien avant la création de la fondation. Conçue en 1989 par l’explorateur Jean-Louis Étienne, la goélette polaire est d’abord nommée Antarctica. Elle est pensée pour résister aux glaces, capable de dériver dans la banquise. Elle devient ensuite Seamaster sous le pavillon du navigateur néo-zélandais Sir Peter Blake. Après sa disparition tragique, c’est Étienne Bourgois, directeur général de la marque agnès b., qui rachète le bateau en 2003, avec une idée en tête : le mettre au service de la science et de l’environnement.La Fondation Tara Océan naît officiellement en 2016, devenant la première fondation reconnue d’utilité publique en France entièrement dédiée à l’océan. Sa mission : comprendre les impacts du changement climatique et des pollutions sur la biodiversité marine, en produisant des données scientifiques ouvertes à la communauté internationale, et en sensibilisant le grand public, les décideurs et les plus jeunes à l’urgence de préserver le vivant marin.
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Des expéditions scientifiques ambitieuses autour du globeTara ne se contente pas de naviguer : elle explore, analyse, prélève, compare, transmet. Chaque expédition est pensée comme une véritable mission scientifique, menée en partenariat avec de grands laboratoires internationaux et des institutions de recherche.Tara Arctic (2006-2008)La goélette est volontairement prise dans les glaces pendant plus de 500 jours pour dériver avec la banquise arctique, dans les pas de l’explorateur Fridtjof Nansen. Objectif : mesurer les effets du réchauffement climatique dans cette région stratégique, sentinelle du climat.Tara Oceans (2009-2013)Une mission majeure qui a parcouru tous les océans pour étudier le plancton, cet ensemble d’organismes invisibles mais essentiel à la vie sur Terre. Résultat : plus de 40 millions de nouveaux gènes identifiés, une cartographie planétaire inédite et une avancée majeure sur le rôle du plancton dans le cycle du carbone.Tara Méditerranée (2014)Un focus sur la pollution plastique en Méditerranée, mer semi-fermée très exposée. Des échantillons révèlent des concentrations de microplastiques atteignant jusqu’à 2,5 millions de fragments/km². Cette mission alerte les scientifiques comme les citoyens sur l’omniprésence de ces polluants.Tara Pacific (2016-2018)Pendant plus de deux ans, Tara explore les récifs coralliens du Pacifique. L’objectif : comprendre leur résilience face au réchauffement, à l’acidification et aux activités humaines. Plus de 40 sites sont étudiés, de l’Asie au Panama, en passant par les îles les plus isolées.Tara Microplastiques (2019)Cette expédition remonte dix grands fleuves européens pour comprendre comment les plastiques quittent les terres et contaminent les mers. Elle met en évidence les rôles clés des bassins versants, des grandes agglomérations et des comportements humains dans la pollution marine.Tara Microbiomes (2020-2022)La goélette part pour une nouvelle aventure scientifique, cette fois centrée sur le microbiome océanique, un univers invisible mais fondamental. Les prélèvements vont du niveau de la surface jusqu’à 1 000 mètres de profondeur, révélant des interactions inédites entre microorganismes et climat.

Des résultats concrets au service de la science et de la planèteDepuis sa première mission, Tara a collecté des milliers d’échantillons biologiques, physico-chimiques et environnementaux. Les résultats publiés dans de prestigieuses revues scientifiques (Science, Nature, etc.) nourrissent plus de 250 études à ce jour. Ces données sont toutes en libre accès, afin d’encourager une science ouverte et collaborative.Les apports majeurs concernent :• Le rôle du plancton dans la régulation du climat et la production d’oxygène.• Les routes de diffusion des plastiques depuis les continents vers les océans.• La biodiversité méconnue des récifs et des écosystèmes côtiers.• Les effets directs du changement climatique sur les écosystèmes marins.
L’expédition en cours : Tara EuropaLancée en avril 2023, Tara Europa est la nouvelle grande mission de la fondation. Pendant deux ans, la goélette va explorer les écosystèmes côtiers de 22 pays européens, du Portugal à la mer Baltique en passant par la mer Noire. Cette fois, c’est l’échelle continentale qui est privilégiée, avec une approche multidisciplinaire.Les objectifs sont multiples :• Étudier la biodiversité côtière sous un angle moléculaire et cellulaire.• Identifier les pressions humaines locales (pollution, urbanisation, réchauffement).• Comprendre les interactions entre la terre, les fleuves et l’océan.La coordination scientifique est assurée par l’EMBL (European Molecular Biology Laboratory) et une trentaine d’institutions partenaires. Chaque escale donne aussi lieu à des actions de sensibilisation auprès du public et des scolaires.

Et demain ? Cap sur l’Arctique avec Tara Polar StationLa Fondation Tara Océan ne s’arrête pas là. Dès 2026, un nouveau projet verra le jour : la Tara Polar Station, une plateforme scientifique dérivante conçue pour résister aux glaces de l’Arctique pendant 20 ans. Une base mobile inédite, pensée comme une station météorologique et écologique flottante, afin d’étudier en continu les effets du changement climatique dans cette région stratégique.
Tara, c’est bien plus qu’un voilier. C’est un laboratoire flottant, un symbole d’engagement, un outil au service de la science et de la planète. Grâce à ses expéditions, la Fondation Tara Océan a su créer un pont entre chercheurs, citoyens, artistes et décideurs, autour d’un objectif commun : mieux connaître l’océan pour mieux le protéger.