Autonomie en croisière : pourquoi le dessalinisateur 12V change la donne

Equipements
Par Mark Bernie

Produire de l’eau douce sans démarrer le moteur ni lancer un groupe électrogène est devenu une réalité crédible pour de nombreux navigateurs. Grâce aux dessalinisateurs 12 volts de nouvelle génération, l’autonomie en croisière ne repose plus uniquement sur le carburant, mais sur une gestion fine de l’énergie embarquée. Performances, contraintes, retours d’expérience et comparatif des grandes familles de modèles : décryptage d’un équipement qui transforme en profondeur la vie à bord.

Produire de l’eau douce sans démarrer le moteur ni lancer un groupe électrogène est devenu une réalité crédible pour de nombreux navigateurs. Grâce aux dessalinisateurs 12 volts de nouvelle génération, l’autonomie en croisière ne repose plus uniquement sur le carburant, mais sur une gestion fine de l’énergie embarquée. Performances, contraintes, retours d’expérience et comparatif des grandes familles de modèles : décryptage d’un équipement qui transforme en profondeur la vie à bord.

Dessalinisateurs basse consommation : comparatif des modèles 12V pour une autonomie totale en croisière

Pendant longtemps, le dessalinisateur est resté un équipement associé aux grandes unités et à une logique simple : produire de l’eau douce quand le moteur tourne ou transformer du gasoil en eau douce ! Cette vision est aujourd’hui largement dépassée. L’arrivée à maturité des dessalinisateurs 12 volts basse consommation a profondément modifié l’équation, en particulier pour les voiliers de voyage et les bateaux engagés dans des navigations longues ou répétées loin des infrastructures.

Le principe est connu, mais ses implications sont nouvelles. Alimenté directement par le parc batteries de servitude, le dessalinisateur 12V permet de produire de l’eau douce sans dépendre d’un moteur thermique. Ce changement, en apparence technique, a des conséquences très concrètes sur l’organisation de la vie à bord, la consommation de carburant, l’usure mécanique et, surtout, la liberté de mouvement du bateau. 

Le dessalinisateur 12V, ou le passage d’une logique moteur à une logique énergie

Sur un bateau de croisière moderne, l’énergie est devenue un système à part entière. Panneaux solaires, hydrogénérateurs, alternateurs performants et batteries lithium ont progressivement déplacé le centre de gravité de l’autonomie. Le dessalinisateur 12 volts s’inscrit pleinement dans cette évolution.

Produire de l’eau douce devient alors une question de watts disponibles et de gestion quotidienne, et non plus une contrainte imposant de démarrer un moteur uniquement pour alimenter une pompe haute pression. Pour de nombreux navigateurs, c’est un changement décisif. Non seulement le bruit et la consommation de carburant diminuent, mais la production d’eau peut être intégrée aux routines naturelles du bord, en navigation sous voile ou au mouillage, lorsque les batteries se rechargent.

Cette approche séduit particulièrement les équipages engagés dans des croisières au long cours, pour lesquels chaque heure moteur économisée représente un gain en fiabilité, en confort et en budget.

Une promesse séduisante, mais des contraintes bien réelles

Le dessalinisateur 12 volts ne supprime pas les contraintes, il les déplace. Là où un modèle classique consomme directement du gasoil, un modèle basse consommation puise dans le parc batteries. L’autonomie en eau devient donc indissociable de l’autonomie électrique.

La première limite est celle de la puissance instantanée. Même les modèles les plus sobres nécessitent un courant significatif pour fonctionner correctement. Cela impose un parc batteries dimensionné en conséquence, un câblage sérieux et une gestion rigoureuse des charges. Un dessalinisateur performant ne pardonne pas une installation électrique approximative.

La seconde contrainte concerne le débit. Les modèles 12V privilégient l’efficacité énergétique plutôt que la production massive en un temps très court. Dans la pratique, ils incitent à produire de l’eau régulièrement, par petites séquences, plutôt qu’à remplir de (grands) réservoirs en une seule fois. Cette logique quotidienne demande une certaine discipline, mais elle s’intègre facilement à une vie à bord organisée.

Enfin, l’entretien reste un point clé. Filtres, rinçages, qualité de l’eau aspirée, température et salinité influencent directement le rendement et la longévité de la membrane. Tous les navigateurs qui utilisent ces dessalinisateurs le confirment : un dessalinisateur 12V bien entretenu est fiable, mais il ne tolère pas l’approximation.

Panorama des grandes familles de dessalinisateurs 12 volts

Les modèles très basse consommation, pensés pour la vie à bord

Certaines machines se sont imposées comme des références pour les bateaux vivant en autonomie prolongée. C’est le cas de solutions développées par des fabricants comme Spectra, qui ont misé sur une optimisation poussée du rendement énergétique. Ces dessalinisateurs sont capables de produire des volumes quotidiens confortables avec une consommation électrique contenue, à condition d’être intégrés à une installation cohérente.

Ils s’adressent clairement à des navigateurs qui veulent faire de l’eau douce un service permanent à bord, au même titre que l’électricité ou la réfrigération.

Les systèmes à récupération d’énergie

Une autre approche consiste à récupérer une partie de l’énergie utilisée lors du processus de dessalement pour améliorer encore le rendement global. C’est la philosophie défendue par des marques comme Schenker. Ces systèmes visent à réduire au maximum la consommation par litre produit, rendant crédible une autonomie quasi totale basée sur les seules énergies renouvelables embarquées.

Ce type de technologie est souvent cité par des navigateurs engagés dans des projets de voyage longue durée, pour lesquels la sobriété énergétique est une condition de réussite.

Les solutions robustes et polyvalentes

Certains fabricants, comme Dessalator, proposent des gammes 12V pensées pour leur robustesse et leur adaptabilité. Ces dessalinisateurs existent en plusieurs configurations, permettant de s’intégrer aussi bien dans des installations purement électriques que dans des architectures hybrides, combinant moteur, alternateur puissant et batteries de forte capacité.

Ils séduisent des plaisanciers qui recherchent avant tout la fiabilité et la capacité à s’adapter à différents profils de navigation.

 Les petits dessalinisateurs 12V de secours ou d’appoint

À l’autre extrémité du spectre, des modèles compacts comme ceux proposés par Katadyn répondent à une logique différente. Leur production est limitée, mais leur sobriété et leur simplicité en font des solutions de sécurité ou d’appoint, capables d’assurer un minimum d’autonomie en eau sans infrastructure lourde.

Ils ne remplacent pas un dessalinisateur de bord pour un équipage à l’année, mais trouvent leur place dans des programmes plus minimalistes ou comme solution de secours.

Comparer autrement : litres, watts et usage réel

Comparer des dessalinisateurs uniquement sur leur débit maximal n’a guère de sens. Ce qui compte réellement, c’est le rapport entre l’énergie consommée et le volume produit, mais aussi la manière dont cette production s’intègre à la vie quotidienne du bord.

Un modèle très efficient, produisant de l’eau avec une faible consommation par litre, peut nécessiter un courant instantané élevé pendant un temps limité. À l’inverse, une machine plus modeste tirera moins d’ampères, mais devra fonctionner plus longtemps pour atteindre le même volume.

Dans les deux cas, le résultat final dépendra moins de la fiche technique que de la cohérence globale du système énergétique du bateau.

Le retour d’expérience des navigateurs au long cours

Les témoignages convergent. Les plaisanciers satisfaits de leur dessalinisateur 12V sont presque toujours ceux qui ont pensé l’ensemble du système en amont. Parc batteries suffisant, capacité de recharge adaptée, usage régulier et entretien rigoureux.

À l’inverse, les déceptions proviennent rarement de la machine elle-même. Elles sont généralement liées à un sous dimensionnement énergétique ou à une attente irréaliste sur les volumes produits sans contrepartie.

Lorsqu’il est bien intégré, le dessalinisateur 12 volts devient rapidement un équipement que l’on oublie, précisément parce qu’il remplit sa fonction sans imposer de contraintes visibles.

Une autonomie qui se mérite, mais qui change la croisière

Le dessalinisateur 12V basse consommation n’est ni un gadget, ni une solution miracle. C’est un outil exigeant, qui impose une réflexion globale sur l’énergie à bord. Mais pour ceux qui acceptent cette logique, il représente l’un des leviers les plus efficaces pour gagner en liberté, réduire la dépendance au carburant et améliorer durablement le confort en croisière.

Dans un contexte où l’autonomie devient un critère central du voyage en bateau, le dessalinisateur 12 volts s’impose désormais comme un équipement structurant, au même titre que les batteries ou les sources d’énergie renouvelable. Pour beaucoup de navigateurs, il marque le passage d’une croisière contrainte à une navigation véritablement choisie.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.