Sondeur-GPS tout en un : comment choisir le bon modèle pour des navigations côtières ?

Equipements

Un haut-fond qui se laisse deviner, une passe à franchir au crépuscule, un mouillage dont on ignore la profondeur réelle... Pour le plaisancier côtier, le combiné sondeur-GPS est devenu aussi indispensable que le compas ou la VHF. Encore faut-il choisir le bon modèle, sans se perdre dans la jungle des propositions des équipementiers…

Un haut-fond qui se laisse deviner, une passe à franchir au crépuscule, un mouillage dont on ignore la profondeur réelle... Pour le plaisancier côtier, le combiné sondeur-GPS est devenu aussi indispensable que le compas ou la VHF. Encore faut-il choisir le bon modèle, sans se perdre dans la jungle des propositions des équipementiers…

Traceur, sondeur, combiné : trois mots pour un seul appareil

Le vocabulaire de l'électronique marine est un premier obstacle. Le traceur GPS positionne le bateau sur une carte électronique. Le sondeur mesure la profondeur par ultrasons grâce à une sonde immergée. Le combiné GPS-sondeur réunit les deux fonctions sur un seul écran — et c'est lui qui s'est imposé comme la référence en plaisance côtière depuis de nombreuses années. Inutile, pour un petit bateau de croisière côtière, de s'aventurer vers le MFD (Multi-Function Display), l'écran multifonction connecté à l'ensemble des instruments du bord. C'est une autre catégorie, un autre budget, et des fonctions dont la majorité des plaisanciers n'ont pas l'usage.

Ce que la loi impose — et ce qu'elle ne dit pas

Il y a un point que trop de plaisanciers ignorent : la cartographie à bord – papier ou électronique - est une obligation légale. La division 240 du règlement sur l'armement des navires de plaisance impose une cartographie à jour dès que l'on s'éloigne des eaux intérieures. Un simple sondeur de profondeur sans GPS ne satisfait pas cette obligation. En revanche, un combiné équipé d'une cartographie électronique actualisée y répond parfaitement. Il n'existe en revanche aucune obligation réglementaire d'emporter un sondeur — mais la prudence élémentaire du navigateur l'impose dès que l'on s'écarte des eaux profondes et bien balisées.

La taille d'écran : ni trop petite ni trop grande

Un écran trop petit devient illisible au soleil ou sous les embruns. Un écran trop grand est encombrant et consomme inutilement de l'énergie. La règle empirique que vous pouvez suivre est la suivante : 5 pouces minimum pour un bateau de moins de 8 mètres, 7 pouces pour un bateau de 8 à 11 mètres, 9 pouces si l'on veut afficher simultanément la carte et l'image du sondeur en écran partagé — le fameux split-screen, particulièrement utile lors des approches de mouillage en eaux peu profondes. À vérifier aussi avant l'achat : la luminosité de l'écran. En dessous de 800 candelas par mètre carré, la lecture devient difficile par forte luminosité — précisément quand on navigue le plus.

La technologie : ne pas payer pour ce qu'on n'utilisera pas

Les catalogues rivalisent d'acronymes — CHIRP, DownVü, SideVü, LiveScope — qui peuvent facilement égarer un plaisancier bien intentionné mais mal conseillé. Pour la navigation côtière, la sonde 2D traditionnelle reste parfaitement suffisante : elle mesure la profondeur, affiche un profil des fonds, et déclenche l'alarme. Le CHIRP produit une image cinq à dix fois plus précise — très utile pour la pêche, beaucoup moins déterminant pour naviguer en sécurité. Quant aux imageries latérales et verticales, elles produisent des vues quasi photographiques du fond : fascinantes, mais clairement réservées aux pêcheurs. Pour le plaisancier côtier, c'est un luxe réel — intéressant si le budget le permet, mais non indispensable.

La sonde : le choix le plus souvent négligé

La sonde est l'élément mécanique le plus critique de l'installation, et le plus souvent sous-estimé. Trois types de montage existent. La sonde traversante est la plus performante, mais implique de percer la coque. La sonde tableau arrière est simple à installer, mais peut perdre en précision à grande vitesse. La sonde à coller, fixée à l'intérieur de la coque sans perçage, convient parfaitement aux coques en polyester monofeuille et à la grande majorité des usages côtiers. Dans quatre-vingt-dix pour cent des cas, elle suffit largement pour les profondeurs côtières. Et surtout elle évite le perçage et donc, tout risque de voie d'eau, et les performances sont parfaitement suffisantes jusqu'à quarante mètres.

Vérifiez aussi si la sonde est incluse dans le prix affiché : Sinon, elle représente souvent 50 à 150 euros supplémentaires…

La cartographie : la dépense cachée à anticiper

Certains appareils sont livrés avec une cartographie mondiale très sommaire, totalement insuffisante pour la navigation côtière. D'autres incluent une cartographie régionale de qualité sous licence Navionics ou C-Map, les deux références du marché, avec des cartes détaillées, des courbes bathymétriques et des informations portuaires régulièrement mises à jour. La mise à jour est souvent vendue sous forme d'abonnement annuel, entre 50 et 80 euros — un budget à intégrer dès l'achat, et non optionnel : la réglementation impose des cartes à jour, et une carte périmée peut contenir des informations fausses sur un balisage modifié ou un haut-fond remonté.

L'évolutivité et le budget : penser réseau dès le premier achat

Un dernier critère que les professionnels placent en tête et que les plaisanciers découvrent souvent trop tard : la compatibilité NMEA 2000. Ce réseau numérique permet à tous les instruments compatibles de partager leurs données — pilote automatique, capteurs de vent, AIS, second écran. Un appareil sans NMEA 2000 sera condamné à fonctionner en solitaire, et devra être entièrement remplacé le jour où l'on souhaitera évoluer

Pour le budget global : un combiné d'entrée de gamme fiable se situe entre 300 et 450 euros tout compris, sonde et cartographie de base incluses — largement suffisant pour la sécurité côtière élémentaire. Pour un 7 ou 9 pouces avec CHIRP, cartographie Navionics et connectivité NMEA 2000, comptez 450 à 750 euros plus l'abonnement cartographique annuel. Au-delà de 900 euros, on entre dans des gammes conçues pour la pêche sportive intensive ou la navigation hauturière — des appareils excellents, mais dont la moitié des fonctions ne sera vraisemblablement jamais utilisée sur un voilier en navigation côtière…

L'alarme de profondeur : une fonction qui peut tout changer

Parmi toutes les fonctions d'un combiné GPS-sondeur, il y en a une qui pourrait bien, un jour, sauver votre bateau : l'alarme de profondeur. Elle déclenche une alerte sonore dès que le fond remonte en dessous d'un seuil prédéfini — à paramétrer selon le tirant d'eau réel du bateau, en tenant compte de l'offset entre la sonde et la quille. Cette fonction est présente sur tous les modèles, même les moins chers. Elle n'est utile que correctement réglée. C'est la première chose à faire lors de la mise en service, et c'est celle que trop de plaisanciers oublient.

L'ambition d'un bon sondeur-GPS n'a pas changé depuis les débuts de l'échosondeur de plaisance : voir ce qui se passe sous la coque, savoir où l'on est, et naviguer en confiance. Pour un plaisancier côtier, définir son usage réel, choisir la taille d'écran adaptée, vérifier la qualité de la sonde, anticiper le budget cartographique annuel et s'assurer d'une compatibilité NMEA 2000 : voilà les cinq règles d'or…

Avant de partir en mer, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT Marine.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.