999 raisons d'aller à Cuba

Blog Eric Mas
Mardi 26 avril 2016 à 15h37

L’accueil Tainos, l’ampleur des forêts, la fraicheur des rivières, la couleur de la mer, la douceur du sable, l’odeur du tabac, le patchwork des Vegas, la musique à tous les étages, les routes de montagne, les cavaliers, les musées, les forts, les palais, les théâtres, les maximes du Che peintes sur les murs, les uniformes d’écoliers, le chant du Tocororo qui annonce la pluie…

L’accueil Tainos, l’ampleur des forêts, la fraicheur des rivières, la couleur de la mer, la douceur du sable, l’odeur du tabac, le patchwork des Vegas, la musique à tous les étages, les routes de montagne, les cavaliers, les musées, les forts, les palais, les théâtres, les maximes du Che peintes sur les murs, les uniformes d’écoliers, le chant du Tocororo qui annonce la pluie…

Il y a 999 raisons d’aller à Cuba.

Il pourrait y en avoir une de plus mais ce serait exagérer. Avant de réaliser votre rêve de traversée d’Atlantique et d’atterrissage dans le sillage de Christophe Colomb, vous pouvez vous y faire déposer par un Boeing 777. Vous ne serez donc pas seul à y débarquer mais l’ile est grande et personne n’est obligé de suivre les sentiers battus.

Colomb, croyant avoir atteint les « Indes Orientales », avait nommé « Indiens » les premiers indigènes rencontrés. Ceux-ci n’étaient pas tous pacifiques mais à Cuba le peuple Tainos accueillit les conquistadors avec bienveillance… avant de réaliser que l’arrogance des nouveaux arrivants ne reflétait qu’un comportement de pilleurs. Pourvu que l’histoire ne se répète pas avec l’invasion des touristes. Car le sang Tainos qui se mêle depuis plus de 5 siècles à celui des espagnols n’a pas atrophié le gène de la gentillesse.

On va à Cuba pour la rencontre d’un peuple aimable et cultivé, dans un pays où le poids du passé reste omniprésent. Après les conquistadores vinrent les colons et leurs esclaves, l’indépendance et bientôt la révolution. Tout a été très vite sur cette île avant que tout ne se fige dans les années 1960. La guerre froide continue à nous faire froid dans le dos quand on voit dans quel état elle a laissé le pays.

A La Havane, j’ai l’impression de me balader dans une bande dessinée fantastique. La végétation tropicale a pris possession des immeubles qu’elle torture et fait exploser. Les habitants sont, par habitude d’oisiveté, contemplatifs. Assis sur leur perron ils regardent l’animation de la rue que les enfants envahissent dès qu’ils savent marcher. En ville, ça circule. Les triporteurs, pour passagers ou marchandises, zigzaguent à la force du mollet entre les vieilles américaines des années 50. Qu’elles soient Chevrolet, Buick ou Cadillac, elles doivent contribuer à elles seules à 50% du réchauffement climatique tant l’essence est de mauvaise qualité. Mais on voit peu ces voitures sur la route. Ou alors en panne, ou crevées. L’immense autoroute, 8 voies s’il vous plaît, qui traverse l’ile dans sa grande longueur, est surtout fréquentée par de lourdes charrettes tranquillement halé par des bœufs, par des carrioles accrochées à de fiers chevaux pas plus épais que la rossinante de Don Quichotte, par quelques vieux bus bondés de paysans ou par de bringuebalants taxis qui slaloment entre les nids de poule. Autour c’est la forêt ou la campagne parsemée de plantations de cannes à sucre, celles-là même qui avaient fait la richesse de l’ile. Les champs de tabac, avec leurs séchoirs imposants, dessinent des paysages magnifiques.

Mais nous sommes marins sur une île, alors la côte attire. Après les villes, après la forêt tropicale, retournons à la côte. Les plages ne sont pas si nombreuses mais elles font les plus belles images de la Caraïbe turquoise et brûlante. Sur la côte nord, côté Atlantique, les Cayos semblent sortis de nos plus beaux rêves.

En longeant la côte on arrive à son but. Comment ne pas faire le détour par Cojimar. J’avais évidemment l’intention de rendre visite à Hemingway en allant à Cuba. Je n’ai pas loupé sa chambre de l’hôtel Ambos Mundos avec sa machine à écrire fétiche, j’ai bu le daïquiri à côté de son buste au bar le Floridita, mais ce qui m’importait le plus c’était de humer le petit port de Cojimar. De là, il partait à la pêche au gros sur son Pilar. Son ami, le pécheur capitaine qui l’accompagnait et servit de modèle à Santiago, le vieil homme, vivait encore ici lorsqu’il a fêté ses 100 ans en 1997.

« Tout en lui était vieux, sauf son regard, qui était gai et brave, et qui avait la couleur de la mer ».

Maintenant je veux relire le Veil homme et la mer.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.