Vendée Globe : les astuces d'Isabelle Joschke (MACSF) pour adapter le bateau à son gabarit

Vendée Globe
Lundi 19 octobre 2020 à 6h28

La skipper de l’IMOCA MACSF révèle quelques astuces techniques mises en place avec son équipe à bord de son IMOCA. Pédalier, palans ou encore manivelles de colonne raccourcies, tout a été pensé pour adapter le bateau à son gabarit et gagner en puissance tout en ménageant son corps.

©MACSF
La skipper de l’IMOCA MACSF révèle quelques astuces techniques mises en place avec son équipe à bord de son IMOCA. Pédalier, palans ou encore manivelles de colonne raccourcies, tout a été pensé pour adapter le bateau à son gabarit et gagner en puissance tout en ménageant son corps.

A un peu plus de trois semaines du départ, la course contre-la-montre est lancée et l’heure est aux ultimes préparatifs à bord et à terre. Les dernières sorties en mer sont mises à profit pour revoir tous les repères et les automatismes nécessaires au cours des manœuvres avant une coupure de trois semaines à terre.

Ils ont également été l’occasion de valider les changements techniques apportés avec ses préparateurs : de petits stratagèmes destinés à pallier son manque de puissance en raison de son gabarit et à préserver le plus possible son corps sur la durée du tour du monde. Ils rendront également la navigation sur son IMOCA MACSF moins compliquée et faciliteront la vie à bord pendant les trois prochains mois.

Un pédalier pour plus de puissance

 « Je passe 80% du temps sur mon bateau à manœuvrer en tournant les manivelles de la colonne. Avec mon équipe, on a donc imaginé un système pour soulager mon organisme et gagner en efficacité. On a les manivelles de colonne à hauteur d’épaules et des pédaliers installés à 20 cm au-dessus du sol. Je m’assois dans un siège que je clipse dans le fond du cockpit et je mets les pieds dans les pédales. En gros j’ai à peu près la même position qu’un vélo couché. L’intérêt c’est de pouvoir alterner entre les bras et les jambes. En temps normal, quand j’ai vidé toutes les réserves de sucre des muscles des bras et des épaules, je dois patienter et manger. Avec ce système, quand les bras n’en peuvent plus, j’ai un relais avec les jambes, une source d’énergie supplémentaire. Ce système me permet de larguer un ris qui est une des manœuvres les plus longues. Je peux aussi rouler un gennaker. »

Des palans pour ménager le dos

« De même, afin de déplacer les voiles quand je dois virer de bord, j’utilise des palans. Ainsi la force qui s’applique sur mon dos est moindre. Quand on est fatigué, on a tendance à pousser sur les lombaires, c’est une mauvaise posture. Utiliser un palan est plus long mais j’ai fait le choix de manœuvrer plus lentement pour préserver mon dos. »

Des manivelles de colonne raccourcies pour un meilleur rendement

 « Dernière petite combine, on a raccourci la taille des manivelles de la colonne qui ne sont pas dimensionnées pour un skipper de 1,60 m comme moi. De cette manière, je n’ai jamais les bras complètement tendus mais toujours un peu fléchis. Cela m’a changé la vie, j’ai l’impression d’avoir plus de force et plus de ressources. C’est juste que le mouvement est mieux adapté ».

Mémoriser les mouvements du bateau et des manœuvres

Une fois arrivée aux Sables, Isabelle Joschke ne naviguera plus avant le 8 novembre, jour du départ du Vendée Globe… L’objectif des deux dernières journées de navigation à Lorient était donc de faire corps avec le bateau et ses mouvements, plutôt que d’effectuer un énième entraînement.

« Durant ces navigations, l’important n’est pas seulement l’entraînement lui-même. Je dois garder la main sur les manœuvres, garder en tête les mouvements du bateau. Ce sont des repères sensoriels. Il faut s’imaginer que l’on va passer trois semaines sur le plancher des vaches aux Sables et, le jour du départ de la course, on va se retrouver en mer, sur une surface mouvante, qui bouge de manière irrégulière avec des changements inattendus. D’un seul coup, on va devoir donner toute l’énergie que l’on a pour effectuer des manœuvres sur un bateau qui tangue, sur lequel on est balloté. Trois semaines, c’est long. On perd très vite de la masse musculaire si on ne navigue pas. Le corps perd l’habitude de faire des mouvements à la colonne, de mouliner en pied de mât…Les derniers entraînements servent aussi à bien s’imprégner de tous ces repères sensoriels et musculaires ».

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.