Dalin d'une courte tête devant Bestaven, Bureau Vallée 2 et LinkedOut

Vendée Globe
Mercredi 13 janvier 2021 à 17h03

Cap au Nord, la route est droite jusqu’à la corne du Brésil… En théorie ! Car il va falloir naviguer avec doigté jusqu’à Recife, prendre en compte les lignes de grains, les nuages, les zones de courant, les petits décalages du vent entre le jour et la nuit et tout ça avec une grande lucidité. Le décalage Est (Dalin, Burton, Ruyant) et Ouest (Bestaven) aura toute son importance sur ce long bord tribord amures de plus 700 milles. Qui sortira devant vendredi au moment d’attaquer les alizés de sud-est puis l’équateur ? Mystère et boule de gomme.

©Louis Burton / Bureau Vallée 2
Cap au Nord, la route est droite jusqu’à la corne du Brésil… En théorie ! Car il va falloir naviguer avec doigté jusqu’à Recife, prendre en compte les lignes de grains, les nuages, les zones de courant, les petits décalages du vent entre le jour et la nuit et tout ça avec une grande lucidité. Le décalage Est (Dalin, Burton, Ruyant) et Ouest (Bestaven) aura toute son importance sur ce long bord tribord amures de plus 700 milles. Qui sortira devant vendredi au moment d’attaquer les alizés de sud-est puis l’équateur ? Mystère et boule de gomme.

Passé la zone de vents mous, le fameux front froid permanent au large d’Itajaì, qui a regroupé les 9 premiers au pointage, le flux d’alizés de l’hémisphère sud se reconstitue lentement mais sûrement. Les concurrents naviguent par 12-15 nœuds de vent d’Est-Nord-Est et entament une course de vitesse qui ne devrait plus jamais les arrêter jusqu’aux Sables d’Olonne. « Côté météo, c'est beaucoup mieux qu'hier, c'est stabilisé. Il y a encore quelques variations de force et en direction, il faut être 'dessus' pour ajuster le tir. On commence à avoir du vent, avec un alizé qui se cale tout doucement et qui va ouvrir à mesure qu'on va progresser par le Nord. » expliquait Thomas Ruyant ce matin à la vacation.

Placer son pion sur l’échiquier

Le jeu est stratégiquement très intéressant en tête de flotte et les micro-décalages sont des petits rien qui en fait signifient beaucoup. Dalin en tête de flotte au pointage de 15h et décalé dans l’Est a probablement plus d’opportunités pour jouer sur les angles, tirer la barre donc aller vite. Bestaven, dans l’Ouest est plus contraint, et se voit dans l’obligation de serrer le vent sous peine de se rapprocher trop près des piégeuses côtes brésiliennes. A 15h : Apivia cavalait à 16 nœuds, Bestaven à 12,5 nœuds. Autre paramètre de taille : le vent devrait adonner, c’est-à-dire tourner vers l’Est, avantage donc aux décalés dans l’Est. Mais les nuages pourraient aussi redistribuer les cartes, et c’est ce que les marins surveillent avec attention car coincé 6h durant à 4 nœuds sous une masse sans air, c’est dire adieu à la victoire… Le match entre les 4 IMOCA de tête est tout simplement dingue ! Les skippers savent que cela ne se joue pas à grand-chose. « Je suis dessus, aux réglages, à l’attaque » annonce Burton. Le mental, la lucidité et l’état des bateaux feront sans aucun doute la différence.

Vers un Atlantique Nord rapide

Les quatre premiers groupés en 34 milles (Apivia, Maître CoQ IV, Bureau Vallée 2 et LinkedOut) naviguent au grand large de Caravelas au Brésil. Mer d’un bleu profond, soleil, chaleur, des conditions idéales pour naviguer « C’est un peu les mêmes conditions de navigation que quand on s’entraîne à Port-La-Forêt. La mer est plate, le vent est léger, j’ai l’impression d’être en Bretagne » décrivait l’Allemand Boris Herrmann en visio ce matin, dans le deuxième groupe en chasse aux côtés de Damien Seguin, Giancarlo Pedote, Benjamin Dutreux et Jean Le Cam. Le skipper du foiler SeaExplorer – Yacht Club de Monaco affichait un moral au beau fixe : « Depuis hier, mon routage avec le GFS (modèle météo américain, ndlr) arrive aux Sables d’Olonne dans 13 jours. C’est bien pour le moral. Évidemment, une prévision à plus de dix jours dans l’Atlantique Nord n’a pas beaucoup de sens, mais ça donne une petite idée de comment ça pourrait se passer. » D’après Christian Dumard, consultant météo auprès de la Direction de course, l’Atlantique Nord devrait se dérouler comme dans les livres : « Un long bord tribord amures dans les alizés de Nord-Est jusqu’aux Canaries, une dépression à accrocher et un bon flux de sud-ouest pour rejoindre les Sables d’Olonne. Cela pourrait être rapide… ».

Stéphane Le Diraison au Cap Horn

A 14h03 très exactement, le skipper de Time for Oceans doublait le Horn. Enfin ! Lui qui a vécu l’enfer dans le Pacifique Sud. Prochains à doubler le caillou mythique : Didac Costa dans une poignée d’heures, puis le Japonais Kojiro Shirashi cette nuit. Il ne restera plus que 6 concurrents dans le plus grand océan du monde. Manu Cousin a passé la distance symbolique des 500 milles avant le Horn : « J’y serais jeudi soir ! » claironnait-il dans une vidéo envoyée

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.