Shipping Days 2026 : voile commerciale, propulsion hybride et innovation, le transport maritime accélère sa décarbonation

Economie
Par Le Figaro Nautisme

La décarbonation du transport maritime n’est plus une perspective lointaine ni un simple sujet de prospective réservé aux spécialistes. Entre fiscalité carbone, propulsion hybride, retour de la voile commerciale et nouvelles technologies logistiques, le secteur est désormais entré dans une phase de transformation bien concrète. Un sujet au cœur des Shipping Days 2026, qui se tiendront les 8 et 9 avril à La Rochelle et réuniront décideurs publics, ports, armateurs, logisticiens et industriels pour débattre de l’avenir du maritime.

La décarbonation du transport maritime n’est plus une perspective lointaine ni un simple sujet de prospective réservé aux spécialistes. Entre fiscalité carbone, propulsion hybride, retour de la voile commerciale et nouvelles technologies logistiques, le secteur est désormais entré dans une phase de transformation bien concrète. Un sujet au cœur des Shipping Days 2026, qui se tiendront les 8 et 9 avril à La Rochelle et réuniront décideurs publics, ports, armateurs, logisticiens et industriels pour débattre de l’avenir du maritime.
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L’enjeu dépasse largement le seul cadre du transport maritime. En 2026, la mer reste l’épine dorsale des échanges mondiaux : près de 80 % du commerce international en volume transite par voie maritime. Le transport maritime structure les chaînes d’approvisionnement, l’industrie, l’énergie et l’alimentation. Dans ce contexte, les routes maritimes et les ports ne sont plus seulement des infrastructures techniques : ils deviennent des outils de souveraineté, de compétitivité et de résilience économique.

 

Un rendez-vous stratégique pour le maritime
Pour sa 4e édition, les Shipping Days veulent confirmer leur place parmi les rendez-vous qui comptent dans l’agenda maritime français. L’ambition de l’évènement est de réunir, dans un même lieu, les acteurs qui font vivre le transport maritime au quotidien : chargeurs, ports, armateurs, transitaires, levageurs, manutentionnaires, collectivités, services de l’État et fédérations professionnelles, afin d’échanger sur les enjeux et les évolutions du secteur.
Le président de l’événement, Francis Grimaud, insiste d’ailleurs sur cette vocation fédératrice dans le mot d’ouverture du dossier de presse : « Nous avions fait le vœu à l’issue de la première édition de Shipping Days de perpétuer ce rendez-vous. » Il rappelle aussi la dynamique construite depuis les premières éditions et le rôle central de ce moment de rencontre pour toute la filière. « Nous avons l’ambition de réunir à nouveau et plus fortement encore les chargeurs, les ports, les armateurs, les transitaires, les levageurs et les manutentionnaires », précise-t-il.
La philosophie générale de l’événement tient en une phrase, elle aussi signée Francis Grimaud : « L’avenir se conduit ensemble et c’est avec l’aide de tous que nous pourrons répondre aux évolutions attendues. » Ce positionnement donne le ton. Les Shipping Days 2026 ne se présentent pas comme une simple vitrine, mais comme un lieu de confrontation d’idées, de partage de stratégies et de lecture commune des mutations qui traversent le secteur. Francis Grimaud conclut d’ailleurs en soulignant que les participants sont « la force et le gage de succès de ces Shipping Days », une manière d’ancrer ce rendez-vous dans une logique de mobilisation collective.

 

Fiscalité carbone et transition énergétique au cœur des débats
Parmi les sujets majeurs de cette édition figure naturellement la question de la décarbonation du transport maritime. Ce thème sera abordé sous un angle très concret, en lien avec la politique publique, les investissements portuaires et les arbitrages industriels. Le programme prévoit notamment un entretien avec Éric Banel, directeur général des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture, consacré à la politique maritime de l’État, au verdissement du secteur et à la planification maritime française.
L’un des points les plus attendus concerne l’utilisation des revenus issus de la taxe carbone appliquée au transport maritime. Derrière cette question se joue une partie importante de l’avenir du maritime français : comment transformer une contrainte réglementaire en levier d’investissement utile pour les ports, les armateurs et les industriels ? Les débats devraient aussi permettre de préciser les effets attendus sur le développement des énergies marines renouvelables en Atlantique, autre sujet structurant de cette transition.
Cette séquence illustre bien le changement d’époque que traverse le maritime. Il n’est plus seulement question d’objectifs environnementaux généraux, mais de leviers opérationnels, de financement, de calendrier et d’impact sur la compétitivité. C’est toute la difficulté de l’exercice : réussir la transition énergétique sans fragiliser un secteur qui conditionne directement l’approvisionnement du pays et la fluidité du commerce extérieur. Or, près de 60 % du commerce extérieur français en valeur transite par les ports maritimes, ce qui donne à ces choix une portée économique immédiate.

 

Voile commerciale et propulsion hybride : des solutions en pleine émergence
Dans cette transition, certaines technologies retiennent particulièrement l’attention, à commencer par la voile commerciale. Longtemps reléguée au rang d’idée séduisante mais marginale, elle revient aujourd’hui dans les discussions industrielles comme une piste sérieuse d’amélioration de la performance énergétique. L’intérêt n’est plus symbolique. Il repose sur la capacité de l’assistance vélique à réduire la consommation de carburant et à s’intégrer à des navires qui restent, pour l’essentiel, motorisés.
Cette thématique sera nourrie par la présence d’acteurs de l’innovation déjà identifiés dans le programme, comme Marine Manceau, responsable opérationnelle chez WINDSHIP, et Thibault Charles, cofondateur, directeur commercial et directeur RSE de VELA. Leur présence traduit bien l’évolution du secteur : la voile n’est plus regardée comme un simple clin d’œil au passé, mais comme une brique technologique crédible dans un bouquet de solutions plus large.
La propulsion hybride s’impose justement comme l’un des axes les plus réalistes du moment. Dans le maritime, elle ne renvoie pas à une seule technologie, mais à une combinaison de solutions : assistance vélique, optimisation énergétique, nouveaux carburants, outils numériques de pilotage, adaptation des usages portuaires et amélioration de la chaîne logistique. Cette logique progressive colle à la réalité du secteur. Les navires ne se remplacent pas du jour au lendemain et les choix d’investissement doivent rester soutenables. La décarbonation passe donc moins par une rupture unique que par une accumulation d’innovations compatibles entre elles.

 

Les ports, acteurs clés de la décarbonation
La transition énergétique du maritime ne se jouera pas uniquement en mer. Elle se joue aussi à quai, dans les terminaux, dans les dessertes ferroviaires, dans les choix d’aménagement et dans la stratégie industrielle des grands ensembles portuaires. C’est tout le sens de la table ronde consacrée aux ports de la façade Atlantique, qui réunira plusieurs dirigeants de premier plan : Pascal Marty pour la Société Portuaire du Port de Bayonne, Sandrine Gourlet pour Port Atlantique La Rochelle, Renaud Picard pour le Port de Bordeaux et Jean Rémy Villageois pour Nantes Saint Nazaire Port.
Cette table ronde permettra de croiser les regards autour d’enjeux partagés : le positionnement des ports atlantiques dans les flux de conteneurisation face aux grands hubs européens, le développement et la structuration de l’offre croisière, la nouvelle phase de développement des énergies marines renouvelables en Atlantique, les enjeux de connectivité ferroviaire et de multimodalité, mais aussi le rôle des ports dans une stratégie de souveraineté logistique et industrielle. L’intérêt de cette table ronde réside justement dans cette vision d’ensemble : le port du futur ne sera pas seulement un point de passage, mais un nœud stratégique entre énergie, industrie, transport et territoire.
Le poids des ports dans l’économie française justifie d’ailleurs cette centralité. Les ports sont des infrastructures essentielles pour l’approvisionnement énergétique, industriel et alimentaire du pays, et leur performance influence directement la compétitivité des entreprises françaises. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de concurrence accrue entre hubs européens, la modernisation portuaire devient donc un enjeu aussi industriel que logistique.

 

Un secteur en pleine recomposition
Au fond, c’est bien toute la place du maritime dans l’économie mondiale qui est interrogée par cette édition 2026. Le programme des Shipping Days pose des questions très directes : comment sont utilisés les revenus de la taxe carbone maritime ? Comment les ports accélèrent-ils leur transition énergétique ? Les ports atlantiques peuvent-ils rivaliser avec les grands hubs européens ? Le transport maritime est-il devenu un enjeu stratégique de souveraineté ? Cette approche très concrète donne à l’événement une portée qui dépasse largement le simple échange technique entre spécialistes.
Cette lecture sera enrichie par l’intervention de Pierre Cariou, professeur en économie maritime à KEDGE Business School, qui analysera le rôle de l’État comme acteur du transport maritime, à l’intersection des enjeux économiques, environnementaux et géopolitiques. Dans un monde marqué par la recomposition des échanges internationaux, la montée des logiques de souveraineté et l’accélération de la transition énergétique, les ports et les routes maritimes se retrouvent directement exposés. La question n’est plus seulement de transporter, mais de savoir avec quelle technologie, avec quelle énergie, dans quel cadre réglementaire et avec quelle stratégie nationale.
L’événement fera aussi place à d’autres profils confirmés, venus de l’innovation, de la logistique, des ports et de l’économie maritime, parmi lesquels Sarah Amri du Grand Port de Marseille Fos, Camille Contamine de CEVA Logistics, Frédéric Gilletta d’Easyport, Dominique Badiou d’Akanea, Leslie Widmann de Mariteam ou encore Antoine Monteillet et Mélanie Pressans de Skyborn Renewables. Les débats seront animés par Thibaud Teillard du Marin, Paul Tourret de l’ISEMAR et Hervé Deiss de Ports et Corridors, ce qui devrait favoriser des échanges à la fois structurés et ancrés dans les réalités du terrain.
Enfin, les Shipping Days 2026 s’inscriront dans un ensemble plus large avec la Rencontre Avenir Transports, organisée le jeudi 9 avril 2026 au Grand Port Maritime de La Rochelle. Cette journée d’échanges, menée en partenariat avec l’Union Nationale des Industries de la Manutention dans les Ports Français, réunira plusieurs acteurs du secteur maritime et portuaire et comprendra également une visite des terminaux du port rochelais. Un prolongement logique pour un événement qui entend faire dialoguer réflexion stratégique et réalité opérationnelle.

 

Les Shipping Days 2026 entendent justement poser cette question centrale : comment la France peut-elle se positionner dans un système maritime mondial en pleine recomposition ? Pour un pays qui dispose de la 2e zone économique exclusive mondiale, avec près de 11 millions de km², l’enjeu est loin d’être théorique. Entre voile commerciale, propulsion hybride, nouvelles technologies, fiscalité carbone et refonte du rôle des ports, le transport maritime entre dans une nouvelle phase. Plus contraint, plus stratégique, mais aussi plus innovant. Les Shipping Days 2026 entendent précisément mesurer ce basculement.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.