La Solitaire du Figaro : premiers milles, déjà l'heure des choix

Course au large
Dimanche 12 septembre 2021 à 19h37

Les 34 concurrents de La Solitaire du Figaro viennent de s'élancer ce dimanche, pour la quatrième et ultime étape de la course : 685 milles entre la Baie de Morlaix et Saint Nazaire avec comme seule marque de passage le fameux phare du Fastnet, au sud de l'Irlande. Météo encore une fois incertaine, parcours totalement ouvert, flotte homogène, options à prendre dès ce soir, la plus longue épreuve de cette 52e édition, celle qui sacrera le vainqueur, est l'étape de tous les possibles.

©Alexis Courcoux - La Solitaire du Figaro 2021
Les 34 concurrents de La Solitaire du Figaro viennent de s'élancer ce dimanche, pour la quatrième et ultime étape de la course : 685 milles entre la Baie de Morlaix et Saint Nazaire avec comme seule marque de passage le fameux phare du Fastnet, au sud de l'Irlande. Météo encore une fois incertaine, parcours totalement ouvert, flotte homogène, options à prendre dès ce soir, la plus longue épreuve de cette 52e édition, celle qui sacrera le vainqueur, est l'étape de tous les possibles.

Les concurrents, qui ont déjà parcouru plus 1700 milles de navigation (soit 2.550 km) depuis le début de l’épreuve, s’attaquent aujourd’hui au dernier tronçon et non des moindres. Cette nouvelle manche de 685 milles entre la Baie de Morlaix et Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, est la plus longue des étapes disputée jusqu’ici ! La plus longue pour le nombre de milles parcourus mais aussi, probablement, la plus longue en nombre de jours de navigation attendus.

La météo est encore incertaine, les fichiers ont du mal à s’accorder : il va falloir prendre des décisions stratégiques et, ce, dès ce soir : “Dès la cardinale Astan, à la fin du parcours côtier, il faudra faire un choix par rapport au passage des îles Scilly, détaille Damien Cloarec (Saferail) qu’on pourra passer selon la météo au nord ou au sud. Après, la montée vers le Fastnet se fera au portant. C’est cool mais, suivant le timing d’arrivée au Fastnet mardi matin, on peut se faire rattraper par une dorsale anticyclonique. Si on est lent et qu’on se retrouve dedans, là vous allez devoir nous attendre à Saint-Nazaire ! Une chose est sûre : sur cette étape, il va y avoir du jeu !

Jeanne Grégoire, directrice de Finistère Pôle course au large confirme : “Les marins sont déjà bien fatigués par cette Solitaire qui est juste extraordinaire parce que le parcours sportif est superbe. En même temps, cette dernière étape est pleine d’incertitudes. C’est forcément excitant pour ceux qui sont derrière, parce qu’on se dit qu’il y a des choses à faire, et un peu stressant pour ceux qui sont devant.

Stratégies et Projections

Oui cette étape est celle de tous les possibles. Les leaders vont devoir se positionner : naviguer propre tout en gardant à l’œil leurs plus proches adversaires ou essayer d’accentuer leur avance ; de son côté, la jeune génération, enthousiaste, va tout tenter.

Xavier Macaire (Groupe SNEF) second au classement général provisoire souhaite défendre sa place : “Mon objectif est de maintenir ce classement. Je ne veux pas redescendre de ce podium. Je me laisse évidemment l’opportunité d’aller chercher la première place si l’occasion se présente ; si j’ai un feeling sur une option, un coup à jouer, je le tenterai bien sûr. Mais ma philosophie pour cette quatrième étape n’est pas de prendre des risques, de tenter des coups du diable pour gagner à tout prix.

Le leader Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) sait que ce peut être, pour lui, l’étape de tous les dangers, lui qui a tout à perdre et aussi, surtout, tout à gagner. Une position de chassé qui peut finalement être inconfortable pour le sudiste qui s’avouait, ce matin, un peu stressé : « Ce qui est dingue c’est que la victoire sur cette Solitaire - qui est hyper longue et hyper dure - sacrera un magnifique vainqueur, que ce soit moi ou pas. Aujourd’hui, chacun a ses doutes, ses convictions quant aux écarts en temps au classement général provisoire. Chacun joue avec ses cartes, il faudra trouver un atout. Je ne suis pas le seul à stresser et à douter. Il faut être humble sur cette étape dans ce genre de conditions, où il y aura peu de vent, du courant, des systèmes météo à traverser. Je pense que la clé, c’est de s’amuser, et depuis le début, je me suis éclaté sur cette Solitaire.

La jeune génération, elle, est prête à tout donner : “Je suis très contente de pouvoir prendre le départ de cette quatrième étape, explique Charlotte Yven (Team Vendée Formation). Ce n’est que du bonus ! Je vais me faire plaisir, je vais attaquer, je n’ai pas dit mon dernier mot. Je ne vais pas me laisser faire. Je prends de l’expérience, j’ai envie de me faire plaisir, de tout donner, de faire une belle course, de naviguer proprement et, pourquoi pas, refaire une belle manche. Mais je ne me mets pas trop de pression.

Pep Costa (Cybèle vacances - Team to play B) du haut de ses 22 ans est, lui aussi “À fond ! C’est la première fois que je participe à La Solitaire du Figaro mais ça ne va pas m’empêcher d’attaquer

Enfin, pour certains, l’étape a déjà une saveur particulière à l’instar de Tanguy Le Turquais (Quéguiner - Innovéo) qui quittera le circuit Figaro Bénéteau après cette ultime manche : “Je sais que c’est ma dernière. J’ai envie d’aller prendre du plaisir, oublier tout ce qui s’est passé avant et la vivre comme une seule et unique étape. De toute façon, elle va être longue et très ouverte, il faudra trouver vite du plaisir pour être bien en mer jusqu’à la fin. Je vais essayer de plus profiter du moment mais le plaisir, pour nous tous, vient par la performance. Il faudra essayer d’être bon, c’est ça qui va procurer du plaisir.

Bon départ en Baie de Morlaix

Le départ a donc été donné cet après-midi entre Trégor et Léon, en Baie de Morlaix, pour un parcours d’environ 8 milles disputé dans des conditions idéales vent de nord/est d’une dizaine de nœuds. Corentin Horeau (Mutuelle Bleue pour l’Institut Curie) prend le meilleur départ, premier à la bouée de dégagement puis à la bouée de la Baie de Morlaix située au pied de la Chapelle Sainte Barbe. Pierre Leboucher (GUYOT Environnement - Ruban Rose) et Charlotte Yven (Team Vendée Formation) lui emboîtent le pas, pressés par une flotte compacte… Les 34 solitaires viennent donc de s’élancer pour un long parcours, sur lequel on pourra peut-être voir se dessiner les premières options stratégiques demain, dans la matinée, au passage des îles Scilly.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site METEO CONSULT.

Et pour suivre la course en direct, consultez la cartographie de La Solitaire.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.