Transat Jacques Vabre : 4 classes mais combien de favoris ? (Partie 1)

Transat Jacques Vabre
Mardi 2 novembre 2021 à 12h50

A cinq jours du départ des 79 bateaux en lice sur cette transat en double, dégager des favoris est un art difficile. C’est le charme du sport en général et de la course au large en particulier. Entre facteurs techniques, tactiques, météorologiques et enfin humains, l’équation a (presque) autant de résultats possibles que de concurrents dans chacune des classes. Avant de rejoindre les quais Havrais et de nous laisser influencer par l’ambiance du bassin Paul Vatine, nous prenons le risque de vous livrer nos favoris. Aujourd’hui la première partie se joue entre 60 pieds Imoca et trimarans Ultimes.

ULTIME Edmond de Rothschild - Charles Caudrelier et Franck Cammas ©Benoit Stichelbaut
A cinq jours du départ des 79 bateaux en lice sur cette transat en double, dégager des favoris est un art difficile. C’est le charme du sport en général et de la course au large en particulier. Entre facteurs techniques, tactiques, météorologiques et enfin humains, l’équation a (presque) autant de résultats possibles que de concurrents dans chacune des classes. Avant de rejoindre les quais Havrais et de nous laisser influencer par l’ambiance du bassin Paul Vatine, nous prenons le risque de vous livrer nos favoris. Aujourd’hui la première partie se joue entre 60 pieds Imoca et trimarans Ultimes.

ULTIMES : un favori et 4 outsiders

Comme à l’école, pour se mettre en confiance, autant commencer par l’exercice le plus facile. Depuis deux ans, il vole sur l’eau et survole la classe Ultime du bout de ses foils. Optimisé, fiabilisé, et parfaitement maîtrisé par son duo de skippers Franck Cammas et Charles Caudrelier, le Maxi Edmond de Rothschild est forcément le grandissime favori. Mais les vitesses atteintes par ces trimarans qui naviguent en permanence entre 30 et 40 nœuds sont facteurs d’incertitudes. Le risque le plus élevé c’est le choc avec un Ofni ou un animal marin. A ces vitesses, c’est destructeur pour les foils, la dérive ou les safrans, et donc le plus souvent synonyme d’abandon. A ce risque incontrôlable, il faut ajouter l’aléas météo sur le long parcours qui verra les Ultims descendre jusqu’à la latitude de Rio de Janeiro avant de remonter jusqu’en Guadeloupe, soit deux passages du Port au Noir, dont un Nord-Sud toujours délicat. Vous restez coincés dans une bulle sans vent quand les autres filent à 20 nœuds avec seulement quelques milles de décalage et c’est la course qui se joue. D’autant que le Sodebo de Thomas Coville et Actual (ex-Macif) de Yves Le Blevec sont eux-aussi fiabilisés et vont très vite. Quant à Armel Le Cléac’h sur Banque Populaire et surtout François Gabart sur SVR-Lazartigue, s’agissant de leur première course à bord de trimarans tout juste sortis des chantiers, l’objectif premier sera sans doute de finir. Mais leur potentiel semble tellement énorme que si la malchance les épargne ou accable leurs concurrents, tout est possible.

Nautisme Article
IMOCA Charal - Jérémie Beyou et Christopher Pratt© Gauthier Lebec

IMOCA : revanche, confirmation ou révélation ?

Le Pot au Noir, nous nous garderons d’évoquer ce très mauvais souvenir à Jérémie Beyou et Christopher Pratt. Alors qu’ils menaient la course de la tête et des épaules de taureau de leur Charal, ils avaient passé deux jours complètement arrêtés et tout perdu sur ce terrible coup de dés. Autant dire qu’ils reviennent deux ans après avec une furieuse envie de gagner et un Charal au meilleur de sa forme. Mais celui qui ne les avait pas attendus il y a deux ans pour l’emporter, est à nouveau présent. Depuis il a aussi été le premier à couper la ligne d’arrivée du Vendée Globe, même s’il a été finalement classé second, le tout sans sourciller, remportant sans contestation possible le Grand prix du fair-play. Charlie Dalin et le talentueux Paul Meilhat sur Apivia, puisque c’est bien d’eux dont il s’agit, ayant également remporté le dernier Fastnet, sont donc eux-aussi favoris pour pointer leur étrave spatulée les premiers en baie de Fort de France.

Nautisme Article
IMOCA APIVIA - Charlie Dalin et Paul Meilhat © Rolex Kurt Arrigo

Mais derrière ce duo de choc, ils sont, à nos yeux, une petite dizaine à pouvoir prétendre aux-aussi à la victoire. En premier lieu il convient de citer le vainqueur du dernier Vendée Globe, Yannick Bestaven pour l’une des dernières courses de son Maître Coq avant de passer à une nouvelle monture. Si ce parcours, plus court qu’un Tour du Monde, statistiquement moins musclé météorologiquement parlant, effectué en double qui plus est, devrait être moins favorable à son bateau d’ancienne génération, le natif d’Arcachon a prouvé qu’il pouvait créer la surprise. Mais à l’image des deux favoris, les bateaux mis à l’eau pour le dernier tour du monde en solitaire devraient être particulièrement performants sur les 5 800 milles nautiques d’une course qui les verra contourner l’archipel de Fernando de Noronha. Alors qui de Arkea Paprec pour la dernière de Sébastien Simon à son bord, de LinkedOut du rapide Thomas Ruyant ou de Nicolas Troussel sur le body-buildé Corum sera le premier en Martinique ? Avec les co-skippers qu’ils se sont choisis, soit respectivement Yann Elies, Morgan Lagravière et Sébastien Josse, une seule certitude, le facteur humain ne manquera pas de talents ! Mais si on parle humain, il ne faut surtout pas oublier les deux bateaux qui ont fini hors-course le Vendée Globe mais ont confirmé, avec panache qui plus est, tout le bien que l’on pensait d’elles : Sam Davies sur Initiatives Cœur et Isabelle Joschke sur MACSF. Quant à l’équipe de 11th Hour, elle double ses chances de podium en plaçant deux bateaux sur la ligne de départ. Celui du dernier Vendée Globe placé dans les mains de Justine Mettraux et Simon Fisher, et leur tout dernier Imoca prévu également pour le Tour du Monde en équipage, confié à Charlie Enright et à l’expérimenté Basque Pascal Bidégorry. Enfin, le who’s who des prétendants ne serait pas complet sans évoquer le Bureau Vallée de Louis Burton. Epouvantail du dernier Vendée Globe aux mains d’Armel Tripon, le scow dessiné par Sam Manuard fera des émules dans la prochaine génération Imoca c’est sûr. Mais sur cette transat Jacques Vabre il reste le seul, alors si son skipper a eu le temps d’en acquérir toutes les subtilités, il pourrait bien, comme aux Sables d’Olonne il y a quelques mois, forcer l’admiration.

Nautisme Article
Les skippers de la Transat Jacques Vabre 2021© Jean-Marie Liot

Un ultra-favori d’un côté, deux prétendants de l’autre, foule d’outsiders dans tous les cas, voilà, vous savez tout, sur les classes des plus grands bateaux. Mais sachez qu’au petit jeu des pronostics, les Ocean Fifty et les Class 40 sont eux aussi très difficiles à partager. Alors rendez-vous jeudi pour une deuxième partie tout aussi serrée.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…