Rétro 2021 - Course au Large : une année 5 étoiles

Course au large
Jeudi 30 décembre 2021 à 12h38

Une année marquée par l’arrivée d’un Vendée Globe commence toujours bien. Fidèle à son rythme quadriennal malgré la crise sanitaire, la grand-messe Imoca a donné le tempo d’une année de course au large passionnante entre Fastnet nouveau format, Solitaire du Figaro de haut niveau, développement des classes multicoques, pour finir en apothéose par une transat Jacques Vabre d’anthologie.

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Vendée Globe 2021 - Charlie Dalin et Yannick Bestaven ©Yvan Zedda/Alea
Une année marquée par l’arrivée d’un Vendée Globe commence toujours bien. Fidèle à son rythme quadriennal malgré la crise sanitaire, la grand-messe Imoca a donné le tempo d’une année de course au large passionnante entre Fastnet nouveau format, Solitaire du Figaro de haut niveau, développement des classes multicoques, pour finir en apothéose par une transat Jacques Vabre d’anthologie.

Vendée Globe : Une météo et des héros

 

Le numerus clausus avait dû être élargi pour accueillir tout le monde. Ils étaient finalement 33, soit 5 de plus qu’en 2016 à prendre le départ. Il y aurait pu y avoir trois divisions (foilers, dérives et aventuriers), la météo en a décidé autrement, empêchant les foilers les plus récents de vraiment s’envoler. Les bateaux à dérives droites les plus performants et les mieux menés se sont donc battus jusqu’au bout, pour n’échouer qu’à une poignée d’heures du podium. Le vainqueur Yannick Bestaven ne doit rien à personne. Les heures compensées étaient incontestablement dues au grand marin qu’il est. Elégant jusqu’à vouloir partager sa victoire avec Charlie Dalin, qui avait passé la ligne en premier, celui-ci, immense de fair-play, n’a en rien protesté, et s’est même effacé, comme pour ne pas déranger. Si le premier pour sa victoire, et Jean Le Cam pour son sauvetage, ont été décorés à l’Elysée, ce sont tous les acteurs de cette 9ème édition qui auraient mérité une médaille, de nous avoir tenus en haleine pendant un peu plus de 80 jours. La prochaine édition est déjà attendue avec impatience, et attention, cette fois, ils pourraient être quarante !

Fastnet : course mythique mais pas statique

Créée en 1925, la légendaire course anglaise fêtera bientôt ses 100 ans. Pour éviter de se scléroser, elle n’a pas hésité, en cette année 2021, à innover. Si le départ dans le Solent, au pied des canons du Royal Yacht Squadron est resté immuable, l’arrivée à quitté les étroits bassins de Plymouth pour la grande rade de Cherbourg. Malheureusement, les restrictions liées à la crise sanitaire n’ont pas permis à tous de pleinement profiter de l’évènement. Mais la capacité d’accueil, l’enthousiasme et le dynamisme de la capitale du Cotentin dans l’organisation de cet évènement, ont emporté l’adhésion de tous : compétiteurs, organisateurs et surtout grand public. Sur l’eau, avoir 450 bateaux sur la ligne, même divisés en plusieurs classes, est toujours aussi impressionnant. Les géants sont là, qui remporteront la course en temps réel que ce soit Gitana pour les trimarans Ultims ou le Swan de 125 pieds Skorpios en monocoque. La compétition a été encore plus rude dans les classes phares, que ce soit en Imoca ou en Class40, remportées respectivement par Charlie Dalin et Paul Meilhat sur Apivia, et Palanad 3. Mais même avec une arrivée outre-Manche, la Rolex Fastnet Race conserve bien des traditions, dont celle du grand vainqueur en temps compensé, remporté cette année par le JPK 1180 Sunrise. Cherbourg pensait devoir attendre deux ans avant de revoir tout ce beau monde, mais la ville accueillera dès 2022 la Drheam Cup, avec un plateau moins nombreux mais tout aussi éclectique que qualitatif.

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Rolex Fastnet Race - Swan 125 Skorpio, Paul Wyeth© Rolex Fastnet Race

Solitaire du Figaro : Pierre Quiroga au firmament

Ils étaient certes seulement 33 au départ, contre une bonne cinquantaine les grandes années, mais le niveau n’en était pas moins relevé. L’absence de la vieille garde n’affaiblit pas le plateau, elle révèle au contraire qu’il faut se consacrer à 100% à ce support pour performer. Le podium réunit un trio de cadors, avec le benjamin Tom Laperche (24 ans) troisième, l’aîné Xavier Macaire (40 ans) second, et Pierre Quiroga (29 ans) sur la plus haute marche. Un grand vainqueur, à la fois à la régulière et à la régularité, tant il a su jouer « placé » sur les 4 étapes avec des places de 2, 1, 1 et 9. Entre St-Nazaire, Lorient, Fécamp, et la Baie de Morlaix, en passant par le Fastnet, La Corogne, ou l’île de Man, il fallait être résistant dans le petit temps, et avoir les nerfs solides tout au long des presque 2 500 milles nautiques théoriques ! Ils étaient tous les trois présents sur des supports plus grands au départ de la Transat Jacques Vabre. Notamment Tom Laperche coopté à 24 ans co-skipper de François Gabart sur le trimaran géant SVR-Lazartigue, et ce n’est qu’un début !

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Le podium de La Solitaire du Figaro© La Solitaire du Figaro

Multicoques : Ultims, Ocean Fifty, l’année de la maturité

Depuis le crash de la classe Orma, les multicoques, avaient du mal à redécoller. Entre des Multi50 hésitant entre la douceur du monde amateur et les contraintes du professionnalisme, et une flotte Ultim aussi famélique que fragile, le rêve semblait brisé. Mais à la faveur d’une saine évolution de sa classe de skippers, voilà les premiers organisés dans un Pro Sailing Tour des plus séduisants. Aussitôt le nom, plus médiatique, d’Ocean Fifty adopté, que de nouveaux projets sont dévoilés et autant de sponsors signés pour des budgets maîtrisés. Jeunes loups et habitués du circuit font cause commune, et on pourrait bientôt voir une dizaine de ces trimarans séduisants sur les lignes de départ. Avec deux mises à l’eau de premier plan pour Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et François Gabart (-SVR-Lazartigue) la classe 32/23 a repris elle-aussi des couleurs. Ces forces s’additionnant à Gitana, Sodebo et au nouvel Actual (ex-Macif), le nombre de cinq concurrents compétitifs au départ des courses, est assuré. C’est un minimum pour crédibiliser une classe aussi prestigieuse. Le problème est d’être autant sur la ligne d’arrivée, ce qu’a permis la clémence météorologique de la dernière Route du Café. En volant régulièrement entre 40 et 50 nœuds, la partie immergée des foils et des safrans est bien fragile, et tout choc entraîne des dégâts souvent irrémédiables. Quant à élargir la flotte, la conséquence des budgets pour un bateau compétitif semble un frein important. Et pourtant quel bonheur de voir ces bateaux littéralement voler sur l’eau. La barre des 1000 milles en 24h leur tend les bras !

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OCEAN FIFTY - Première arrivée en Martinique, Primonial © Jean-Marie Liot

Route du Café : la division a du bon

La dernière course automnale de l’année est encore dans toutes les mémoires. Alors nous ne reviendrons pas sur son déroulé, l’arrivée du premier Ocean Fifty, la bataille acharnée entre Imoca, le succès de la Class40, la fiabilité retrouvée des Ultims. Non, ce qui nous a séduit dans cette 15ème édition, ce sont les trois parcours distincts. Certes, seulement 4 classes étaient au départ, mais la flotte de 79 bateaux présentait des écarts de performance importants entre trimarans Ultims de 32 mètres et Class40 de 12m. Alors pour regrouper les arrivées, maintenir l’intérêt du public, simplifier l’organisation et la logistique, 3 parcours distincts ont été tracés. Le plus court pour les Class 40, qui pouvaient mettre le clignotant à droite dès les îles du Cap Vert franchies, le plus long pour les Ultims qui devaient descendre jusqu’à la latitude de Rio de Janeiro, et enfin une distance intermédiaire pour Imoca et Ocean Fifty qui devaient contourner Fernando de Noronha avant d’empanner. Une brillante idée que, si notre mémoire est bonne, nous devons à Jacques Civilise, organisateur de la Drheam Cup, mais que Francis Le Goff et son équipe ont su parfaitement adapter à la Route du Café.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…