Retour à La Base - jour 4 : vers l'Est, une nouvelle course commence

Course au large
Par Figaronautisme.com

Les skippers ont commencé à contourner l’anticyclone et donc à faire route vers l’Est. Ils aspirent à profiter des dépressions venues des États-Unis pour progresser et rallier le Vieux Continent. À la clé, des vitesses impressionnantes – un record de vitesse pourrait même être battu – et une sacrée bataille en perspective toute la semaine.

©Pierre Bouras / Retour à La Base
Les skippers ont commencé à contourner l’anticyclone et donc à faire route vers l’Est. Ils aspirent à profiter des dépressions venues des États-Unis pour progresser et rallier le Vieux Continent. À la clé, des vitesses impressionnantes – un record de vitesse pourrait même être battu – et une sacrée bataille en perspective toute la semaine.

C’est un mouvement que la tête de course a initié ce dimanche matin vers 9 heures. Jérémie Beyou (Charal), Sam Goodchild (For The Planet) et Yoann Richomme (Paprec Arkéa), qui occupent le podium provisoire, ont été les premiers à le faire, suivi d’une grande partie de la flotte. Comme prévu depuis plusieurs jours, ils doivent désormais contourner l’anticyclone et bénéficier des dépressions venues des États-Unis. En somme, les skippers sont engagés sur cette ligne de crête pour les jours à venir.

Le record de distance parcouru en 24 heures bientôt battu ?

Un nouveau combat s’annonce donc et il est particulièrement attendu, tant la remontée vers le Nord aura été éprouvante pour les organismes et les machines. « Les deux dernières nuits ont été mauvaises pour le sommeil et douloureuses avec du vent instable et un état de mer assez mauvais », confiait ainsi Sam Goodchild (For The Planet). Il n’empêche, le Britannique fait partie du groupe de tête avec Nicolas Lunven (Holcim - PRB) et Sébastien Simon (Groupe Dubreuil). Derrière, à une trentaine de milles, Thomas Ruyant (For People) mène la fronde. Il domine un groupe de 16 skippers qui s’étend sur 160 milles. Parmi tous les skippers en course et surtout ceux aux avant-postes, il y a peut-être un futur recordman de vitesse.

« Entre lundi matin et mardi, il peut y avoir de très beaux runs », explique en effet Christian Dumard, le météorologue de la course. En ligne de mire ? Le record de distance parcourue en 24 heures en monocoque, en solitaire, établi à 536,81 milles depuis 2017 par Alex Thomson (Hugo Boss), à 22,36 noeuds de vitesse moyenne.« Il faut qu’ils parviennent à évoluer à plus de 22,36 nœuds pour battre le record », précise Jacques Caraës à la direction de course. En somme, un challenge plus que réalisable à bord de ces machines et vu le bord qui les attend. Par ailleurs, d’après Will Harris, co-skipper de Boris Herrmann lors de The Ocean Race et de la Transat Jacques Vabre, « les bateaux à l’intérieur de la courbe auront un peu moins de vent et devront empanner pour refaire du Nord ». Il dit apprécier la position de Sébastien Simon (Groupe Dubreuil) et de Yoann Richomme (Paprec Arkéa).

À l’arrière de la flotte aussi, « ça va commencer à accélérer et à tourner à droite ». C’est Louis Duc (Fives Group – Lantana Environnement) qui l’assure, lui qui est positionné légèrement plus à Est que ses concurrents. Il s’amuse à l’idée de passer dans le Sud-Est des Bermudes – « je serai bien resté pour voir comment c’est » - et assure qu’il « ne voit plus personne, ni bateaux de transport, ni concurrent ». Sébastien Marsset (FOUSSIER – Mon Courtier Énergie) se réjouit également « d’attaquer le virage à droite, doucement mais sûrement. On a un vent beaucoup plus fort que prévu, une trentaine de nœuds au lieu des vingt nœuds annoncés donc ça file ! » Conrad Colman (Mail Boxes Etc.) évoque aussi « de vraies montagnes russes » toute la nuit : « c’était un peu la folie, ça ne correspondait pas aux prévisions du tout avec 38 nœuds de vent tout à fait inattendus… Avec les accélérations, les décélérations, le bateau vibrait, sifflait, chantait dans tous les sens. C’est comme si j’étais au premier rang d’un concert de death metal ! »

Des péripéties à tous les étages

Au sein de la flotte, tous les marins savent qu’il n’y a jamais vraiment de jour d’accalmie en course et le Retour à La Base ne déroge pas à la règle. Mention spéciale à Antoine Cornic (Human Immobilier) qui souffre de la dengue : « cela fait deux jours que je l’ai et on dit que c’est le troisième le pire ». Son équipe est en communication régulièrement avec le médecin de la course. Antoine évoque les symptômes, les courbatures, la fièvre, le fait d’essayer de manœuvrer le moins possible... « Il n’y a pas grand-chose à faire », « il faut attendre que ça passe », confie-t-il dans un court message audio envoyé dans la matinée.

Denis Van Weynbergh (D’Ieteren Group) a eu une frayeur technique de son côté. Dans un grain, le Belge « a dû abattre en grand dans 40 nœuds, grand-voile haute et J2 ». Il raconte la suite : « j’ai roulé, j’ai lofé, j’ai réduit, j’ai encore lofé pour passer à travers. Sinon ce grain, il m’amenait jusque chez Bob Marley ! » Pip Hare (Medallia), elle, a « découvert une fuite assez importante dans le système hydraulique de sa quille ». La Britannique a « essayé de nettoyer une marée noire : j’ai passé deux heures la tête en bas sans arriver à me concentrer sur autre chose ».

Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One) a quant à lui dû faire face à un souci de soufflet de vérin de quille qui a entraîné une petite voie d’eau, humidifiant des éléments électriques. Après avoir asséché la zone, le Japonais est parvenu à le résoudre sans difficulté. Et puis il y a des mésaventures beaucoup moins pénalisantes... Et bien plus anecdotiques. Yoann Richomme (Paprec Akréa) en a évoqué une ce matin : « à cause de la mer croisée et du vent ‘rafaleux’ cette nuit, j’ai renversé mon plat de pâtes sur mon clavier et sur mon siège… Mon repas s’est transformé en opération nettoyage ! » Quand on vous dit que rien n’est facile à bord…

CLASSEMENT RETOUR À LA BASE 03/12/23 18H (HEURE DE PARIS)

1. FOR THE PLANET / SAM GOODCHILD à 2643,8 nm de l'arrivée

2. PAPREC ARKÉA / YOANN RICHOMME + 0,9 nm

3. CHARAL / JÉRÉMIE BEYOU + 4,9 nm

4. HOLCIM - PRB / NICOLAS LUNVEN + 26,7 nm

5. GROUPE DUBREUIL / SÉBASTIEN SIMON + 27 nm

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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