America’s Cup 2027 : les Women & Youth peuvent-ils créer la surprise en Sardaigne ?
Dans 3 mois à peine, les premiers départs de la Louis Vuitton 38th America's Cup Preliminary Regatta seront donnés en Sardaigne. Et cette étape s’annonce déjà comme un tournant. Car au-delà des AC75 et des cadors installés, ce sont bien les équipages Women & Youth qui pourraient capter l’attention. Au moins 8 AC40 sont attendus à Cagliari. Les grandes puissances comme Emirates Team New Zealand, Luna Rossa Prada Pirelli et GB1 aligneront des formations complètes, intégrant leurs talents féminins et jeunes dans la bataille en flotte. Et sur ces supports identiques, ultra-rapides et exigeants, la surprise est loin d’être impossible.
Emirates Team New Zealand : l’expérience olympique au service de la jeunesse
Chez les Kiwis, la montée en puissance est évidente. Les sessions d’entraînement sur l’eau se sont intensifiées ces derniers mois pour intégrer une nouvelle génération prometteuse : Josh Armit, Jake Pye ou encore Seb Menzies. Mais le nom qui attire tous les regards reste celui de Jo Aleh. Médaillée d’or et d’argent aux Jeux olympiques, elle mène la dynamique féminine au sein du syndicat néo-zélandais. Respectée sur le circuit international, redoutable tacticienne, elle pourrait prendre la barre de l’équipage Women & Youth en Sardaigne. Sa capacité à performer sous pression n’est plus à démontrer. Dans un format en flotte, explosif et serré, son expérience pourrait faire la différence.
Luna Rossa : la jeunesse italienne prête à frapper fort
Côté italien, la profondeur d’effectif impressionne. Marco Gradoni, 21 ans, figure déjà parmi les espoirs les plus brillants de la voile transalpine. À ses côtés, Margherita Porro incarne une nouvelle génération ambitieuse. L’association des deux pourrait devenir l’un des binômes les plus redoutables de la régate. Une victoire en manche, voire un classement général solide, aurait un impact considérable en Italie. Elle renforcerait aussi la pression interne au sein de Luna Rossa, où chaque performance pèse dans la course aux places pour 2027.
GB1 : la puissance du palmarès olympique
Le Challenger of Record britannique, GB1, devrait aligner 2 équipes. Pour mener le projet Women & Youth, le choix semble évident : Hannah Mills. Sailor olympique la plus décorée de l’histoire chez les femmes, elle connaît parfaitement les AC40. Son rôle de CEO d’Athena Pathway lui permet également d’identifier et de préparer la nouvelle génération britannique. À ses côtés, Ellie Aldridge, championne olympique en kite foil, apporte un talent brut en vol, précieux sur ces machines exigeantes. La composition finale de l’équipe Youth reste encore en cours d’arbitrage, mais les annonces sont attendues prochainement. Si l’alchimie prend rapidement, les Britanniques pourraient bien devenir l’une des histoires fortes de cette régate.
K-Challenge et Alinghi : les outsiders à surveiller
Le défi français K-Challenge ne devrait aligner qu’un seul AC40 en Sardaigne. Le jeune Enzo Balanger, 24 ans, pourrait occuper le poste de barreur aux côtés de Quentin Delapierre. En trim, Jason Saunders et Timothé Lapauw sont pressentis, tandis que Manon Audinet reste une candidate sérieuse pour intégrer le dispositif. Manon fait déjà figure de prétendante crédible à une place sur l’AC75 français en 2027 à Naples. Une performance solide en Sardaigne renforcerait considérablement sa position. Du côté suisse, Tudor Team Alinghi Red Bull Racing entretient le suspense. Une seule signature est confirmée à ce stade, celle de Nicolas Rolaz. Les prochaines semaines devraient être animées, avec des recrutements attendus à la fois en Suisse et à l’international.
Une occasion rare de bousculer l’ordre établi
La décision d’autoriser des seconds bateaux confiés aux Women & Youth change profondément la dynamique. Pour la première fois, ces équipages ne sont plus cantonnés à un rôle d’observation ou de développement : ils naviguent, s’affrontent et peuvent gagner. Sur des AC40 strictement identiques, la différence se fera sur la coordination, la lecture du plan d’eau et la gestion des départs. L’expérience compte, mais l’audace aussi. Et la jeunesse, dans ce format court et nerveux, peut devenir une arme redoutable.
La Sardaigne pourrait ainsi révéler bien plus qu’un classement provisoire. Elle pourrait désigner les futurs visages dominants de l’America’s Cup. À 3 mois du départ, la question n’est plus de savoir si ces équipages peuvent surprendre. Elle est de savoir lequel d’entre eux saisira l’instant et transformera l’essai.