
Rio, un décor grandiose mais un plan d’eau redoutable
La première étape de l’histoire de SailGP en Amérique du Sud n’avait rien d’une promenade. Sur la baie de Guanabara, entre le Pain de Sucre et le Christ Rédempteur, les 12 équipes ont dû composer avec un vent léger, instable et sans cesse perturbé par le relief. À Rio, lire le plan d’eau relevait presque de l’exercice de survie tant les effets de site rendaient les trajectoires difficiles à anticiper.
Ce contexte a logiquement produit un week end très ouvert. Lors de la première journée, 4 vainqueurs différents se sont imposés dans les manches disputées, preuve d’une flotte dense et d’un niveau de compétition particulièrement relevé. Dans ces conditions, la vitesse pure ne suffisait pas. Il fallait surtout réussir à enchaîner des manœuvres propres, rester en vol et s’adapter en permanence à un vent changeant.
Une reprise délicate pour un équipage en reconstruction
Pour l’équipe de France, cette étape arrivait dans un contexte particulier. Après près de 2 mois sans navigation et sans session d’extra sailing, DS Automobiles SailGP Team France retrouvait la compétition avec un groupe en partie renouvelé. Glenn Ashby et Liv McKay faisaient leur entrée dans l’équipage, ce qui imposait forcément une phase de réajustement face à des équipes déjà bien rodées. Dans ce cadre, l’objectif n’était pas seulement comptable. Il s’agissait aussi de retrouver des automatismes, de reconstruire de la coordination à bord et de remettre l’ensemble du groupe dans le rythme du circuit. Malgré ce manque de repères communs, les Français ont affiché un état d’esprit combatif tout au long du week end.
Après 4 manches disputées lors de la première journée, ils occupaient la 8e place d’un classement alors dominé par l’Australie. Une position modeste, mais qui ne racontait pas tout à fait l’ensemble de leur prestation. Car au fil des courses, l’équipage a montré une vraie capacité à revenir dans le match, même après des départs parfois compliqués.
Une dernière manche fatale pour les Bleus
La 2e journée a confirmé la difficulté de l’exercice. Le vent était un peu plus soutenu, mais toujours aussi instable, obligeant les équipages à prendre des décisions rapides dans une flotte très compacte. Dans ce type de configuration, la moindre hésitation peut coûter cher, mais une prise de risque mal calibrée aussi.
C’est précisément ce qui est arrivé aux Français dans la dernière course. En cherchant à rester agressifs au départ dans une zone particulièrement contrainte, ils ont tenté une stratégie d’engagement tardif qui n’a pas fonctionné. Pris au piège dans le timing, ils ont écopé d’une pénalité black flag, synonyme de disqualification. Quentin Delapierre a reconnu la déception d’un tel scénario, tout en rappelant la singularité du site brésilien. Pour le pilote français, Rio représente un plan d’eau à part, avec un vent perturbé, des trajectoires très techniques et une ambiance particulièrement marquante. Il retient malgré tout l’intensité de cette première brésilienne et la nécessité de transformer cet épisode en apprentissage pour la suite de la saison.
Une frustration réelle, mais des signes encourageants
Du côté du staff, Philippe Presti a replacé cette contre performance dans son contexte. Le team manager français a insisté sur la violence de la sanction au départ, liée à une règle de sécurité incontournable, mais surtout sur la réalité du week end vécu par l’équipe. Revenir après une si longue coupure, avec un équipage partiellement renouvelé et sans temps de navigation pour recréer des automatismes, constituait déjà un défi en soi. Le faire à Rio, sans doute l’un des plans d’eau les plus techniques du championnat, rendait l’exercice encore plus délicat.
Au delà de la disqualification finale, le responsable français a préféré retenir la progression observée d’un jour à l’autre. Coordination, manœuvres, capacité à recoller dans les courses, plusieurs indicateurs ont montré une évolution concrète. Il y a donc de la frustration, bien sûr, car l’équipe vise plus haut que cette 8e place. Mais il y a aussi une base de travail claire avant la prochaine échéance. Ce résultat n’empêche d’ailleurs pas les Bleus de conserver la 6e place du classement général. Et surtout, l’écart reste minime dans la hiérarchie du championnat 2026, puisque seulement 5 points séparent la 2e place de la 6e. Autrement dit, rien n’est figé à ce stade de la saison.
Manon Audinet poursuit sa récupération
Absente sur l’eau après son accident à Auckland, Manon Audinet suivait l’étape à distance, remplacée à Rio par Liv McKay. La stratégiste française a donné des nouvelles rassurantes pendant le week end, expliquant que sa récupération avançait dans le bon sens, même s’il lui reste encore un peu de temps avant de revenir à 100 %. Son message traduit à la fois l’envie de retrouver le bateau au plus vite et une vraie confiance dans la suite. Pour l’équipe de France, son retour constituera évidemment un atout important dans la deuxième partie de saison.
Rio, aussi un terrain d’expression pour les partenaires
Au delà du sportif, cette escale brésilienne a aussi permis à l’équipe française de mettre en avant ses partenaires dans un cadre particulièrement fort en image. ALL Accor et Fairmont Rio ont notamment organisé une activation sur la plage de Copacabana, réunissant athlètes et invités autour d’une session de beach tennis en présence du surfeur Pedro Scooby.
Ce type d’opération illustre la manière dont SailGP entend dépasser le seul cadre de la compétition, en créant des expériences immersives dans des lieux emblématiques. À Rio, l’équipe française a ainsi pu faire vivre son univers bien au delà du plan d’eau.
Les Bermudes déjà dans le viseur
Ce week end brésilien ne laissera pas un grand souvenir sur le plan comptable, mais il pourrait s’avérer utile dans la construction de la suite de saison. DS Automobiles SailGP Team France repart de Rio avec une 8e place, de la déception, mais aussi une lecture plus claire de ce qu’il faut encore ajuster. Dans un championnat toujours très serré, l’essentiel est sans doute là. Les Français restent dans le coup, savent ce qu’ils doivent corriger et ont identifié des axes de progression concrets. Toute l’attention se tourne désormais vers les Bermudes, prochain rendez vous du circuit les 9 et 10 mai, avec l’espoir de retrouver un collectif encore plus affûté et une trajectoire plus conforme à leurs ambitions.
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