SailGP Rio : l’équipe de France limite la casse malgré un week-end compliqué à Rio

Régates
Par Le Figaro Nautisme

Pour sa première apparition à Rio de Janeiro, DS Automobiles SailGP Team France a vécu une étape exigeante dans des conditions parmi les plus complexes du circuit. Avec un équipage remanié, peu de temps de navigation et un plan d’eau particulièrement technique, les Tricolores terminent 8es de cette manche brésilienne. Un résultat frustrant, mais pas sans enseignements, alors que le championnat 2026 reste extrêmement serré.

Pour sa première apparition à Rio de Janeiro, DS Automobiles SailGP Team France a vécu une étape exigeante dans des conditions parmi les plus complexes du circuit. Avec un équipage remanié, peu de temps de navigation et un plan d’eau particulièrement technique, les Tricolores terminent 8es de cette manche brésilienne. Un résultat frustrant, mais pas sans enseignements, alors que le championnat 2026 reste extrêmement serré.

 

Rio, un décor grandiose mais un plan d’eau redoutable

La première étape de l’histoire de SailGP en Amérique du Sud n’avait rien d’une promenade. Sur la baie de Guanabara, entre le Pain de Sucre et le Christ Rédempteur, les 12 équipes ont dû composer avec un vent léger, instable et sans cesse perturbé par le relief. À Rio, lire le plan d’eau relevait presque de l’exercice de survie tant les effets de site rendaient les trajectoires difficiles à anticiper.

Ce contexte a logiquement produit un week end très ouvert. Lors de la première journée, 4 vainqueurs différents se sont imposés dans les manches disputées, preuve d’une flotte dense et d’un niveau de compétition particulièrement relevé. Dans ces conditions, la vitesse pure ne suffisait pas. Il fallait surtout réussir à enchaîner des manœuvres propres, rester en vol et s’adapter en permanence à un vent changeant.

 

Une reprise délicate pour un équipage en reconstruction

Pour l’équipe de France, cette étape arrivait dans un contexte particulier. Après près de 2 mois sans navigation et sans session d’extra sailing, DS Automobiles SailGP Team France retrouvait la compétition avec un groupe en partie renouvelé. Glenn Ashby et Liv McKay faisaient leur entrée dans l’équipage, ce qui imposait forcément une phase de réajustement face à des équipes déjà bien rodées. Dans ce cadre, l’objectif n’était pas seulement comptable. Il s’agissait aussi de retrouver des automatismes, de reconstruire de la coordination à bord et de remettre l’ensemble du groupe dans le rythme du circuit. Malgré ce manque de repères communs, les Français ont affiché un état d’esprit combatif tout au long du week end.

Après 4 manches disputées lors de la première journée, ils occupaient la 8e place d’un classement alors dominé par l’Australie. Une position modeste, mais qui ne racontait pas tout à fait l’ensemble de leur prestation. Car au fil des courses, l’équipage a montré une vraie capacité à revenir dans le match, même après des départs parfois compliqués.

 

Une dernière manche fatale pour les Bleus

La 2e journée a confirmé la difficulté de l’exercice. Le vent était un peu plus soutenu, mais toujours aussi instable, obligeant les équipages à prendre des décisions rapides dans une flotte très compacte. Dans ce type de configuration, la moindre hésitation peut coûter cher, mais une prise de risque mal calibrée aussi.

C’est précisément ce qui est arrivé aux Français dans la dernière course. En cherchant à rester agressifs au départ dans une zone particulièrement contrainte, ils ont tenté une stratégie d’engagement tardif qui n’a pas fonctionné. Pris au piège dans le timing, ils ont écopé d’une pénalité black flag, synonyme de disqualification. Quentin Delapierre a reconnu la déception d’un tel scénario, tout en rappelant la singularité du site brésilien. Pour le pilote français, Rio représente un plan d’eau à part, avec un vent perturbé, des trajectoires très techniques et une ambiance particulièrement marquante. Il retient malgré tout l’intensité de cette première brésilienne et la nécessité de transformer cet épisode en apprentissage pour la suite de la saison.

 

Une frustration réelle, mais des signes encourageants

Du côté du staff, Philippe Presti a replacé cette contre performance dans son contexte. Le team manager français a insisté sur la violence de la sanction au départ, liée à une règle de sécurité incontournable, mais surtout sur la réalité du week end vécu par l’équipe. Revenir après une si longue coupure, avec un équipage partiellement renouvelé et sans temps de navigation pour recréer des automatismes, constituait déjà un défi en soi. Le faire à Rio, sans doute l’un des plans d’eau les plus techniques du championnat, rendait l’exercice encore plus délicat.

Au delà de la disqualification finale, le responsable français a préféré retenir la progression observée d’un jour à l’autre. Coordination, manœuvres, capacité à recoller dans les courses, plusieurs indicateurs ont montré une évolution concrète. Il y a donc de la frustration, bien sûr, car l’équipe vise plus haut que cette 8e place. Mais il y a aussi une base de travail claire avant la prochaine échéance. Ce résultat n’empêche d’ailleurs pas les Bleus de conserver la 6e place du classement général. Et surtout, l’écart reste minime dans la hiérarchie du championnat 2026, puisque seulement 5 points séparent la 2e place de la 6e. Autrement dit, rien n’est figé à ce stade de la saison.

 

Manon Audinet poursuit sa récupération

Absente sur l’eau après son accident à Auckland, Manon Audinet suivait l’étape à distance, remplacée à Rio par Liv McKay. La stratégiste française a donné des nouvelles rassurantes pendant le week end, expliquant que sa récupération avançait dans le bon sens, même s’il lui reste encore un peu de temps avant de revenir à 100 %. Son message traduit à la fois l’envie de retrouver le bateau au plus vite et une vraie confiance dans la suite. Pour l’équipe de France, son retour constituera évidemment un atout important dans la deuxième partie de saison.

 

Rio, aussi un terrain d’expression pour les partenaires

Au delà du sportif, cette escale brésilienne a aussi permis à l’équipe française de mettre en avant ses partenaires dans un cadre particulièrement fort en image. ALL Accor et Fairmont Rio ont notamment organisé une activation sur la plage de Copacabana, réunissant athlètes et invités autour d’une session de beach tennis en présence du surfeur Pedro Scooby.

Ce type d’opération illustre la manière dont SailGP entend dépasser le seul cadre de la compétition, en créant des expériences immersives dans des lieux emblématiques. À Rio, l’équipe française a ainsi pu faire vivre son univers bien au delà du plan d’eau.

 

Les Bermudes déjà dans le viseur

Ce week end brésilien ne laissera pas un grand souvenir sur le plan comptable, mais il pourrait s’avérer utile dans la construction de la suite de saison. DS Automobiles SailGP Team France repart de Rio avec une 8e place, de la déception, mais aussi une lecture plus claire de ce qu’il faut encore ajuster. Dans un championnat toujours très serré, l’essentiel est sans doute là. Les Français restent dans le coup, savent ce qu’ils doivent corriger et ont identifié des axes de progression concrets. Toute l’attention se tourne désormais vers les Bermudes, prochain rendez vous du circuit les 9 et 10 mai, avec l’espoir de retrouver un collectif encore plus affûté et une trajectoire plus conforme à leurs ambitions.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.