Deux ans après sa première victoire sur La Solitaire du Figaro Paprec, l’Irlandais Tom Dolan sur Kingspan s’impose sur la première étape*. Tout était réuni ce matin pour offrir, depuis la mer, la plus belle des arrivées. Baigné par les premiers rayons du soleil qui franchissaient à peine les hauteurs du Cap Finisterre, Tom Dolan savourait enfin son retour en haut du podium. Il lui aura fallu 3 jours 20 heures 21 minutes et 36 secondes. Loïs Berrehar (Banque Populaire) et Paul Morvan (Foricher - French Touch) complètent le podium*. Cette première étape aura été engageante pour les skippers qui vont désormais avoir un peu plus de 48 heures pour récupérer et se remettre en mode course avant d’attaquer la deuxième étape en direction de Pornichet.

L’accélération de l’Irlandais
C’est aux alentours de 22h30, hier soir, que Tom Dolan a placé son dernier coup. Un placement stratégique au nord d’un groupe de figaristes composé de Loïs Berrehar (Banque Populaire), Nicolas Lunven (PRB), Paul Morvan (Foricher - French Touch), Alexis Thomas (Wings of the Ocean) et Victor Mathieu (Elitys). Son incroyable vitesse sur l’eau a fait le reste. Au fil des heures et des pointages, il n’a cessé d’accélérer en créant suffisamment d’écart pour pouvoir maîtriser ses adversaires. Une très belle leçon de voile. Il faut rappeler qu’en 2025, lors de la première étape, Tom Dolan s’était blessé au poignet. Une blessure qui l’a contraint à l’abandon lors de la deuxième étape à Vigo. Un mauvais souvenir, effacé par cette victoire au goût de revanche. « J’avais un très mauvais souvenir de Vigo. Je ne me voyais pas y aller en vacances. Avec cette victoire, ça me réconforte dans l’idée. Je viens de prendre une belle revanche », confiait Tom Dolan, quelques minutes après avoir franchi la ligne d’arrivée.
Le podium
Derrière, Loïs Berrehar (Banque Populaire) n’a rien pu faire face à la vitesse de Tom Dolan, mais réussit une magnifique course dont il a été l’un des grands animateurs. Avec 37 minutes et 34 secondes de retard, il aura à coeur de prendre sa revanche. En 2024, Loïs, vainqueur de deux étapes sur trois, avait malheureusement perdu La Solitaire laissant Tom Dolan monter sur la première marche du podium. Deux ans après, les deux hommes participent grandement à la légende de la course. Les automatismes et l’envie de naviguer du skipper de Banque Populaire sont indéniables. Vivement la suite du programme. « C’était une étape incroyable, bien engagée et difficile. Tom a été incroyablement bon mais il va falloir que ça cesse. La Solitaire est encore longue, je compte bien aller la chercher », commentait Loïs Berrehar après avoir coupé la ligne au Cap Finisterre.
Troisième de cette première étape, Paul Morvan (Foricher - French Touch) réalise un magnifique résultat. Il compte, après ce premier run, 40 minutes et 54 secondes de retard sur Tom Dolan et 3 minutes et 20 secondes sur Loïs Berrehar. Une très belle performance pour Paul Morvan qui signe ici son premier podium. « Il y avait vraiment de l’adrénaline sur la fin. J’avais réussi à bien me reposer avant d’attaquer ce dernier tronçon. Je suis vraiment content de ce résultat », confiait Paul Morvan après l’arrivée.
Les “anciens” répondent présents
Au fil de la matinée, sous le regard de la vigie du Cap Finisterre, les arrivées se sont enchaînées. Martin Le Pape (Paprec) et Nicolas Lunven (PRB) complètent le Top 5*. Leur prestation sur cette première étape force le respect. Les “anciens” auront réussi à re-dompter cette incroyable machine et à la mener aux avant-postes. Une belle leçon de navigation qui prouve que l’expérience acquise au fil du temps ne s’estompe pas tant que cela. Les deux hommes cumulent à eux deux dix-neuf participations. Ils sont respectivement à 50 minutes et 18 secondes et 52 minutes et 59 secondes du leader Tom Dolan. Sur La Solitaire du Figaro Paprec, rien n’est définitif et beaucoup de situations ont été renversées.
Paul Loiseau, premier des bizuths
Premier bizuth, Paul Loiseau se classe en septième position du général* avec 1 heure 28 minutes et 16 secondes de retard sur Tom Dolan. Le skipper de Région Bretagne – CMB Espoir attaque fort d’entrée de jeu et sera certainement le skipper à surveiller lors des deux autres étapes. Paul Cousin, le cousin normand qui défend les couleurs de sa région est, quant à lui, neuvième* à 1 heure 42 minutes et 13 secondes de la tête. Deux noms qui devraient marquer les prochaines étapes et éditions de La Solitaire du Figaro Paprec. Les jeunes marins naviguent d'une façon assez décomplexée mais très professionnelle et prouvent, dès leur première participation, qu’il faut compter sur eux et qu’ils seront de grands animateurs des prochaines étapes. « C’était un super bizutage cette étape. Il a fallu aller la chercher, c'était hyper intense. En tout cas je suis très heureux de cette première course avec 4 jours en mer. C’était vraiment conforme à ce que je suis venu chercher et en plus il y a de la performance, je me suis régalé », confiait le jeune Paul Loiseau.

Tom Dolan, vainqueur du Vivi Trophy
Le Vivi Trophy récompense le premier étranger sur la ligne. En toute logique, l’Irlandais Tom Dolan, vainqueur au général de l’étape, remporte également le Vivi Trophy. Sa dernière victoire sur ce trophée remonte à 2024, lorsqu’il franchissait en première position la ligne d’arrivée à Royan.
Défi Paprec
Ils ont du talent les jeunes marins du Figaro Auray Quiberon by Orlabay. Thomas Dinas et Eliott Coville ont magnifiquement réussi cet incroyable pari de participer au Défi Paprec et de le gagner. Une opportunité qui permet à des navigateurs de goûter au grand large en compagnie des marins de La Solitaire du Figaro Paprec. L’antichambre de La Solitaire permet de susciter des vocations et il est certain que ces deux skippers vont vite prendre goût à la victoire. Thomas Dinas et Eliott Coville devancent Jens Meiser et Oakley Marsh sur Chipmunk, deuxièmes. Le champion de ski Ivica Kostelic, associé à Deniz Bagci sur Amelicor termine troisième à 18 secondes du deuxième*.

Profil de l’étape
Après un départ magnifique au large de Perros-Guirec, les solitaires sont rapidement entrés dans le vif du sujet avec une première traversée de la Manche, au près mais relativement rapide. Après avoir contourné le rocher de Wolf Rock, une deuxième traversée un peu plus tonique a emmené les solitaires vers le nord du DST de Ouessant. Puis, la longue et difficile descente du Golfe de Gascogne a marqué le corps et les esprits. La flotte, assez compacte et rapide, n’a pas été épargnée par le passage du front qui a généré des vents soufflants à 38 nœuds dans les rafales et une mer, par endroit, de près de 4 mètres. Ajouté à cela, une humidité constante et un froid piquant, le décor des deux journées nécessaires pour avaler le golfe était bien planté. L'atterrissage sur les côtes espagnoles a ensuite été un jeu de virements, afin de trouver la faille dans le casse-tête des hautes pressions. Juste à la tombée de la nuit, dans un placement idéal au nord du groupe de leaders, Tom Dolan a fait l’extérieur d'une incroyable façon, réussissant à gagner en vitesse, parfois un nœud plus vite que ses adversaires, et prendre le large. La suite n’aura été qu’une succession de petits virements pour exploiter au mieux quelques effets de côte. Tous, en franchissant la ligne d’arrivée, avaient le regard heureux et soulagé d’être enfin venus à bout de cette longue traversée. Rarement dans l’histoire de la course, les solitaires n’auront navigué aussi loin des côtes. Une expérience unique du grand large qui forge un marin et qui permet d’engranger une expérience indispensable pour bien performer.
En raison des conditions météos trop incertaines sur la fin du parcours, Yann Chateau, directeur de course, a décidé hier soir dans un avenant envoyé aux concurrents de réduire le parcours. Les dernières manœuvres en approche du Cap Finisterre ont été cruciales pour définir un vainqueur. Une manœuvre qui, grâce à une belle présence d’esprit et une tactique bien menée, a souri à Tom Dolan qui s’impose d'une bien belle façon.
Les marins font actuellement route vers Vigo à une cinquantaine de milles de la ligne d’arrivée. Ils devraient rejoindre le port espagnol et les pontons en milieu d’après-midi.
*avant jury
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