En route pour le Sud

« Une soirée comme celle d’hier, une nuit comme celle-là, ça vaut tous les efforts de cette première semaine de course » se réjouit Boris Herrmann, joint ce matin à 5 heures. « C’est fou, ce contraste et le changement de rythme en si peu de temps » confirme un Jean Le Cam très disert, qui se réveillait d’un petit « sieston ». « La mer est plate, le bateau glisse comme une goutte d’eau sur une toile cirée. Le ciel est étoilé. Quand on éclaire le spi avec la lampe torche, c’est beau ! Ça fait du bien ce calme dans ce monde de brute » poursuit-il, tout en regardant le premier classement du matin.
Prendre soin de soi
A l’approche du tropique du Cancer, les températures grimpent. Il fait plus de 20 degrés à l’extérieur. Les polaires ont été remisées dans le bateau et les navigateurs peuvent caracoler dans leur cockpit ou sur le pont en short et T-shirt. C’est le moment de rattraper son déficit de sommeil, de manger un premier vrai repas, de se faire un café ou un thé… tout ce qui a fait défaut depuis le coup d’envoi des Sables d’Olonne. « Depuis le départ, c’est la première journée avec un peu de temps pour moi » confie Benjamin Dutreux, 3e au classement du matin. Les solitaires ont besoin de se reposer et de préparer leur monture pour un grand run au portant qui va durer plusieurs jours.
Les alizés à portée d’étrave
Dans un vent encore un peu flou cette nuit, variable en force et en direction, les vitesses ont été disparates et trajectoires peu rectilignes. Le petit décalage à l’Ouest d’HUGO BOSS a été profitable, permettant à Alex Thomson de reprendre les commandes. Pour l’instant, Jean Le Cam tient toujours la cadence, mais il sait que dans quelques heures, dans l’alizé, lorsque le vent sera stabilisé au Nord-Est, les foilers vont pouvoir exprimer tout leur potentiel.
En attendant, le duo franco-britannique se maintient en tête, une bonne cinquantaine de milles devant une meute de poursuivants. La régate s’annonce passionnante entre une douzaine de bateaux, de Benjamin Dutreux, 3e, à Sébastien Simon, 16e.
Vers des écarts énormes
Plus loin, profitant du décalage à l’Est de la dépression Thêta, Isabelle Joschke et Kojiro Shiraïshi ont réussi à « couper le fromage » et à réduire un peu la distance les séparant des leaders. Le navigateur japonais, s’il ne parvient pas à réparer sa grand-voile déchirée, risque toutefois de perdre énormément de terrain dans les prochains jours.
Enfin, dans le sud-est des Açores, c’est toujours la punition pour six bateaux en queue de flotte qui ont du mal à se sortir d’une zone de vents faibles. Ce matin, Miranda Merron, Ari Hussela, Alexia Barrier, Armel Tripon, Clément Giraud et Sébastien Destremau accusaient entre 600 et 770 milles de retard sur les premiers.