Norvège-Angleterre : quand le Mondial donne envie de prendre le large

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

À l’approche du quart de finale Norvège-Angleterre au Mondial, l’affiche invite aussi à regarder vers la mer. Entre fjords spectaculaires, ports historiques, côtes battues par les vents, voile, kayak et canaux, ces deux pays racontent chacun une relation forte, ancienne et très différente avec l’eau.

Samedi, la Norvège et l’Angleterre se retrouveront sur la pelouse pour un rendez-vous très attendu du Mondial. Mais avant le coup d’envoi, cette rencontre offre un joli prétexte pour changer de décor. Quitter le stade, suivre la ligne d’horizon et regarder ce que ces deux pays racontent côté mer. Car ici, le nautisme ne relève pas seulement du loisir : il touche à l’histoire, au paysage, au voyage et à une certaine manière d’habiter le littoral. La Norvège évoque immédiatement les fjords, les archipels, les villages de pêche, les eaux froides et les navigations au milieu de paysages vertigineux. L’Angleterre, elle, porte une immense mémoire maritime, entre grands ports, stations balnéaires, falaises blanches, régates, canaux et traditions nautiques profondément ancrées. Deux univers différents, deux ambiances, mais une même certitude : vu depuis l’eau, ce quart de finale prend une tout autre dimension.

© AdobeStock - Sina Ettmer

La Norvège, le grand spectacle des fjords et du Nord

Côté mer, la Norvège possède l’un des décors les plus puissants d’Europe. Ici, le littoral n’est pas une simple bordure entre terre et océan : c’est un monde à part entière, découpé, profond, spectaculaire, parfois presque irréel. Les fjords, les îles, les montagnes qui plongent dans l’eau, les petits ports, les phares isolés et les routes maritimes composent un paysage nautique qui donne immédiatement envie de ralentir, d’observer et de prendre le large autrement.

La Norvège se découvre beaucoup depuis l’eau. Dans les fjords, la navigation prend une dimension très particulière. Le bateau glisse entre des parois abruptes, des cascades, des villages posés au bord de l’eau et des reliefs qui donnent parfois l’impression d’entrer dans un paysage de cinéma. Le Sognefjord, le Geirangerfjord, le Hardangerfjord ou les fjords autour de Bergen incarnent cette Norvège verticale, minérale et maritime, où la mer avance loin dans les terres et transforme chaque trajet en expérience visuelle.

Le kayak de mer y tient une place à part. C’est sans doute l’une des plus belles façons d’approcher les fjords et les côtes norvégiennes. À hauteur d’eau, le paysage devient plus intime. On entend le clapotis, on mesure la taille des falaises, on se faufile dans des bras plus calmes, on observe les oiseaux, les reflets, les maisons rouges au bord de l’eau. Cette pratique correspond parfaitement à l’esprit du pays : une forme de nautisme plus silencieuse, plus contemplative, très liée à la nature et aux conditions météo.

Plus au nord, la Norvège prend encore une autre dimension. Les Lofoten, avec leurs montagnes acérées, leurs plages claires, leurs eaux froides et leurs villages de pêche, offrent l’un des paysages maritimes les plus saisissants du continent. On y vient pour pagayer, pêcher, naviguer, observer les aurores à certaines périodes, ou simplement ressentir cette impression de bout du monde. La mer y est belle, mais rarement anodine. Elle impose le respect, comme le vent, le froid, les courants et les changements rapides de météo.

La Norvège, c’est aussi une culture maritime ancienne. Les bateaux, la pêche, les traversées, les ferries et les liaisons côtières font partie du quotidien. Dans un pays où les montagnes, les fjords et les distances compliquent souvent les déplacements terrestres, l’eau a longtemps été une voie naturelle de circulation. Aujourd’hui encore, les ports, les navires côtiers et les petites communautés littorales rappellent combien la mer structure le territoire.

Le nautisme norvégien séduit donc par son intensité. Il ne promet pas forcément la baignade facile ou la plaisance insouciante des mers chaudes. Il offre autre chose : des paysages grandioses, une relation forte aux éléments, une navigation plus lente, plus attentive, plus proche de la nature. En Norvège, prendre la mer, c’est souvent accepter de se sentir petit face au décor. Et c’est précisément ce qui rend l’expérience si mémorable.

© AdobeStock - hardyuno

L’Angleterre, entre grande tradition maritime, voile et canaux

L’Angleterre, de son côté, arrive avec un imaginaire nautique très différent, mais tout aussi riche. C’est un pays profondément lié à la mer, à ses ports, à ses falaises, à ses estuaires et à ses voies navigables. Son histoire maritime est immense, mais son attrait nautique ne se limite pas au passé. Aujourd’hui encore, l’eau y façonne les paysages, les loisirs, les villes côtières et une partie de l’art de vivre britannique.

Sur la côte sud, l’Angleterre déroule certains de ses paysages maritimes les plus emblématiques. Les falaises blanches, les plages de galets, les stations balnéaires, les ports de plaisance et les grandes baies donnent à cette façade une identité très forte. De Brighton à Portsmouth, de l’île de Wight au Dorset, la mer est partout présente. Elle se regarde depuis les promenades, se traverse en ferry, se pratique à la voile, se longe à pied, se découvre en paddle ou en kayak les jours plus calmes.

Le Solent, entre l’île de Wight et la côte anglaise, occupe une place à part dans l’univers de la voile. C’est l’un des grands bassins nautiques du pays, connu pour ses régates, ses clubs, ses ports et son atmosphère très marine. Cowes, sur l’île de Wight, évoque immédiatement la plaisance, les courses, les bateaux élégants et une tradition de voile bien installée. Dans cette région, le nautisme n’est pas seulement une activité estivale : il fait partie du décor et de la culture locale.

Plus à l’ouest, la Cornouailles offre une Angleterre plus sauvage, plus atlantique, plus exposée. Les falaises, les criques, les ports de pêche, les plages de surf et les villages tournés vers l’océan composent un territoire très attachant. Newquay parle aux amateurs de glisse, Falmouth aux passionnés de voile et de patrimoine maritime, tandis que les petits ports cornouaillais gardent cette atmosphère de bout de côte, entre pêche, embruns et maisons serrées autour de l’eau. Ici, la mer est à la fois touristique, sportive et profondément identitaire.

L’Angleterre possède aussi un autre visage nautique, moins spectaculaire mais très séduisant : celui des rivières et des canaux. Sur les voies navigables intérieures, le voyage prend un rythme totalement différent. Les narrowboats avancent lentement entre campagne, villages, écluses, ponts de pierre et anciennes villes industrielles. Ce n’est pas le grand large, mais c’est une autre manière de vivre l’eau : douce, patrimoniale, presque hors du temps. Les canaux anglais racontent une histoire de transport, d’industrie, de reconversion et de tourisme lent.

À cela s’ajoutent les grands ports et les villes maritimes. Liverpool, Bristol, Portsmouth, Plymouth ou Southampton rappellent combien l’Angleterre s’est construite avec la mer. Certaines de ces villes portent encore les traces des grandes heures du commerce, de la navigation, de la marine ou des traversées transatlantiques. D’autres se réinventent aujourd’hui autour des quais, des musées, des promenades, de la plaisance et des nouveaux usages urbains de l’eau.

L’Angleterre séduit donc par la profondeur de son lien maritime. On peut y naviguer dans le Solent, surfer en Cornouailles, longer les falaises du sud, explorer les ports historiques, passer un week-end sur un canal ou embarquer pour une traversée courte vers l’île de Wight. Son nautisme est moins spectaculaire que celui de la Norvège, mais il est très complet, très culturel, très ancré dans le paysage et dans l’histoire.

© AdobeStock - Christophe Cappelli

Deux pays, deux manières d’habiter l’eau

Norvège-Angleterre, vu depuis la mer, ne se résume pas à une opposition entre fjords et falaises. C’est plutôt une rencontre entre deux grands imaginaires nautiques. La Norvège impressionne par la force de ses paysages, la verticalité de ses fjords, ses eaux froides, ses archipels et cette sensation permanente d’être au plus près des éléments. L’Angleterre, elle, raconte une relation plus historique, plus portuaire, plus variée, où la mer se prolonge jusque dans les canaux, les estuaires, les villes et les traditions de voile. À l’heure où le Mondial attire les regards vers le terrain, cette affiche donne aussi envie d’ouvrir une carte maritime. D’un côté, les fjords, les îles et les routes du Nord. De l’autre, les ports, les falaises, les régates et les canaux. Deux façons de prendre le large, deux ambiances très différentes, et une même promesse pour les amoureux de nautisme : derrière le match, il y a toujours un horizon à suivre.

 

Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock -   Stefano Zaccaria

 

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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.