De Mamma Mia! à Mission: Impossible : 7 décors de cinéma spectaculaires à découvrir au bord de l’eau
Certains décors ont tellement marqué l’écran qu’ils semblent avoir été inventés pour lui. Pourtant, derrière Kalokairi, Rocadragón ou les montagnes supposées du Cachemire se cachent de véritables îles, plages et falaises, avec leurs ports, leurs villages et leur propre histoire. Et c’est souvent depuis la mer que l’on comprend ce qui a séduit les réalisateurs : une silhouette qui se détache sur l’horizon, une forteresse dominant une baie, une falaise surgissant verticalement d’un fjord… Le cinéma n’a parfois eu qu’à poser sa caméra.
Difficile d’imaginer meilleur point de départ. Dans le premier Mamma Mia!, sorti en 2008, l’île fictive de Kalokairi possède tout de la carte postale grecque : mer transparente, criques bordées de pins et petite chapelle blanche perchée au-dessus de l’eau. Cette île existe presque : elle s’appelle Skopelos, dans l’archipel des Sporades.
Sur sa côte nord-est, la chapelle Agios Ioannis Kastri semble avoir été conçue pour le cinéma. Posée au sommet d’un spectaculaire éperon rocheux accessible par un long escalier, elle accueille l’une des scènes les plus célèbres du film. La plage de Kastani fait également partie des décors immédiatement reconnaissables par les amateurs.
Mais le charme de Skopelos tient justement à ce qu’elle ne se résume pas à Mamma Mia!. Depuis la mer, l’île apparaît particulièrement verte, avec ses forêts descendant presque jusqu’à l’eau et une succession de petites baies aux nuances turquoise. Contrairement à sa voisine Skiathos, elle ne possède pas d’aéroport : le bateau reste donc le passage obligé pour y arriver, ce qui donne déjà au voyage un parfum de cinéma.
Dans Le Talentueux Mr Ripley, Jude Law et Matt Damon évoluent dans une Italie des années 1950 baignée de soleil, entre baignades, petites places et promenades au bord de l’eau. La station balnéaire de Mongibello dans laquelle débute l’intrigue est fictive, mais une partie de son atmosphère vient de Procida, petite île du golfe de Naples qui a accueilli le tournage du film en 1999. Elle avait déjà séduit le cinéma quelques années auparavant avec Le Facteur.
L’arrivée par la mer suffit à comprendre pourquoi. Les maisons roses, jaunes, bleues et ocre s’empilent au-dessus des petits ports, tandis que les barques de pêche occupent encore le premier plan. Plus petite et plus discrète que Capri ou Ischia, Procida possède une atmosphère méditerranéenne immédiatement identifiable.
Ici, nul besoin de rechercher un décor spectaculaire construit pour les besoins d’un film. Le cinéma s’est surtout approprié une ambiance qui existait déjà, celle d’une île italienne où les villages semblent avoir été posés directement au bord de l’eau. Une fois sur place, on oublie assez vite Mongibello pour retrouver Procida elle-même.
Avec Malte, difficile de choisir un seul film. Gladiator, Troie, Captain Phillips, Game of Thrones, Munich ou encore Napoléon ont tous trouvé dans l’archipel des paysages capables de se transformer au gré des scénarios. Les productions internationales s’y sont tellement succédé que certaines portions du littoral provoquent une étrange impression de déjà-vu.
La raison apparaît rapidement lorsqu’on longe les côtes maltaises. Falaises calcaires, criques profondes, villes fortifiées et ports naturels offrent en quelques dizaines de kilomètres une étonnante diversité de paysages. Les remparts de La Valette et les anciennes cités peuvent évoquer plusieurs époques, tandis que la lumière très minérale de l’archipel fait le reste.
Malte possède même l’une des curiosités les plus étonnantes de cette histoire d’amour avec le septième art : Popeye Village, construit pour le film Popeye sorti en 1980 et conservé depuis dans la baie d’Anchor Bay. Ses petites maisons colorées, serrées au pied des falaises face à la Méditerranée, sont toujours là. C’est probablement l’un des rares endroits de cet itinéraire où le décor de cinéma est lui-même devenu une destination.
Dans Game of Thrones, Rocadragón est la forteresse ancestrale de la maison Targaryen. Pour lui donner vie, la production a assemblé plusieurs paysages de la côte basque espagnole, notamment San Juan de Gaztelugatxe, la plage d’Itzurun à Zumaia et celle de Muriola à Barrika.
Gaztelugatxe est sans doute le plus spectaculaire. Un îlot rocheux surgit de l’océan et rejoint la côte par un pont, avant qu’un long escalier ne grimpe en lacets jusqu’à son ermitage. Dans la série, les effets numériques ajoutent évidemment la forteresse de Rocadragón. La roche, l’océan et cette incroyable voie d’accès sont, eux, bien réels.
Quelques dizaines de kilomètres plus à l’est, Itzurun offre un paysage très différent. Ses hautes falaises de flysch plongent vers une plage battue par l’Atlantique et deviennent elles aussi les rivages de Rocadragón à l’écran. C’est justement ce qui rend cette étape intéressante : plutôt que de visiter un unique décor, on peut parcourir la côte et reconnaître progressivement plusieurs éléments d’un même univers fictif, tout en découvrant l’un des littoraux les plus spectaculaires du nord de l’Espagne.
Falaises, grandes plages ouvertes sur l’océan, criques encaissées et châteaux dominant la mer : les Cornouailles possédaient déjà tous les ingrédients pour entrer dans l’univers de House of the Dragon. Plusieurs sites du littoral britannique ont ainsi été choisis pour la série.
Holywell Bay devient notamment l’un des décors des Stepstones, tandis que Kynance Cove, avec ses eaux claires, ses falaises et ses rochers découpés, accueille le campement valyrien. Plus spectaculaire encore, St Michael’s Mount, îlot surmonté d’un château face à la côte des Cornouailles, prête sa silhouette à High Tide, siège ancestral de la maison Velaryon.
Le lieu possède surtout une véritable dimension maritime. À marée basse, une chaussée pavée permet de rejoindre l’île à pied depuis Marazion. Lorsque l’eau remonte, elle disparaît progressivement et St Michael’s Mount retrouve son caractère insulaire. Les Cornouailles ont d’ailleurs attiré de nombreuses autres productions, de Poldark à Fisherman’s Friends. Ici encore, les décors choisis par les réalisateurs constituent surtout une porte d’entrée vers un littoral qui mérite largement le voyage pour lui-même.
Il suffit d’arriver devant Dubrovnik par la mer pour comprendre pourquoi la production de Game of Thrones l’a choisie. La vieille ville semble surgir directement de l’Adriatique. Ses impressionnants remparts encerclent un enchevêtrement de toits de tuiles, tandis que les fortifications descendent presque jusqu’à l’eau. Dans la série, cet ensemble devient en grande partie Port-Réal, capitale des Sept Couronnes.
Le fort Lovrijenac, la porte Pile et plusieurs secteurs proches du vieux port figurent parmi les lieux reconnaissables à l’écran. Les effets numériques ont naturellement transformé la cité pour les besoins de la fiction, mais l’architecture monumentale et la situation maritime de Dubrovnik constituent bien la base du décor.
Le succès de la série a encore renforcé la fréquentation d’une ville déjà très touristique. Pour qui arrive en bateau, mieux vaut toutefois ne pas prendre les scènes tournées autour du vieux port pour un guide nautique : celui-ci n’a rien d’une marina de plaisance classique et l’escale doit être organisée dans les infrastructures adaptées. Une précaution qui n’enlève rien au spectacle de l’arrivée, avec les remparts qui se dévoilent progressivement depuis l’Adriatique.
Pour la dernière étape, direction la Norvège et un paysage radicalement différent. Dans la scène finale de Mission: Impossible – Fallout, Ethan Hunt évolue au bord d’une gigantesque falaise supposée se trouver au Cachemire. Le décor est en réalité Preikestolen, immense plateforme rocheuse dominant le Lysefjord d’environ 600 mètres.
Le site peut se découvrir à pied après une randonnée, mais sa situation prend une tout autre dimension lorsqu’on l’observe depuis le fjord. Des bateaux permettent de parcourir le Lysefjord, notamment depuis Stavanger, et de passer au pied de cette gigantesque paroi rocheuse. Vue depuis l’eau, la plateforme de Preikestolen paraît presque minuscule au sommet de la falaise.
Tom Cruise et Mission: Impossible sont d’ailleurs revenus tourner en Norvège pour Dead Reckoning, avec un autre spectaculaire saut réalisé depuis une montagne du Sunnmøre. La saga a ainsi trouvé dans les paysages norvégiens ce que les réalisateurs viennent chercher depuis longtemps sur les côtes européennes : des décors naturels suffisamment impressionnants pour rendre les effets spéciaux presque secondaires.
Découvrir ces lieux après les avoir vus à l’écran provoque forcément un petit jeu de reconnaissance. On cherche un angle de caméra, une plage, un escalier, une forteresse ou la falaise aperçue dans une scène. Mais l’intérêt du voyage commence justement lorsque l’on cesse de rechercher le film. Skopelos retrouve alors ses forêts et ses criques, Procida ses petits ports, Malte ses falaises, la côte basque son caractère atlantique, les Cornouailles leurs grandes étendues sauvages, Dubrovnik son histoire et le Lysefjord son immensité.
En septembre, la période est particulièrement agréable pour les destinations méditerranéennes de cet itinéraire. La fréquentation estivale commence à diminuer alors que la mer conserve encore une bonne partie de sa chaleur. Plus au nord, sur les côtes basques et britanniques ou dans les fjords norvégiens, les conditions deviennent naturellement plus changeantes et demandent davantage d’attention.
Car aussi cinématographique soit-il, un littoral reste avant tout un espace naturel. Une caméra peut faire disparaître le vent, modifier un horizon ou transporter une falaise norvégienne jusqu’au Cachemire. Une fois sur place, la météo, la mer et les paysages reprennent leur véritable rôle, et c’est souvent là que le décor devient encore plus intéressant que celui aperçu à l’écran.
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