Top 10 des plus beaux lacs du Canada à découvrir
Au Canada, les lacs font partie du paysage autant que de l’identité du pays. Certains doivent leur couleur spectaculaire aux glaciers, d’autres s’étendent sur des centaines de kilomètres ou se cachent au cœur de forêts presque inhabitées. Et s’il fallait n’en retenir que dix ? Cette sélection traverse plusieurs provinces et réunit des lieux très différents, avec un même point commun : chacun mérite à lui seul le voyage.
À quelques kilomètres seulement de Lake Louise, Moraine Lake offre un paysage encore plus spectaculaire. Le lac est installé à environ 1 880 mètres d’altitude dans la vallée des Dix Pics, dont les sommets forment une véritable muraille autour de ses eaux turquoise. C’est notamment depuis le Rockpile Trail, une courte montée au-dessus du lac, que l’on découvre le panorama devenu l’un des plus célèbres du Canada. Sa popularité a cependant profondément modifié les conditions de visite : la route menant à Moraine Lake est fermée aux véhicules personnels et l’accès passe désormais principalement par les navettes et les transports autorisés. Une contrainte à anticiper, mais qui n’enlève rien à la sensation éprouvée lorsque le lac apparaît entre les montagnes.
Vu d’en haut, Peyto Lake semble presque avoir été retouché tant son bleu peut être intense. Situé dans le parc national de Banff, le lac est alimenté par les eaux issues du glacier Peyto. Les particules minérales qu’elles transportent sont responsables de cette couleur particulièrement vive durant la saison estivale. Contrairement à Lake Louise ou Moraine Lake, on vient surtout ici pour contempler le lac depuis les hauteurs. Un sentier conduit au belvédère de Bow Summit, sur la célèbre promenade des Glaciers entre Lake Louise et Jasper. De là, Peyto Lake se déploie au fond d’une vallée encaissée, entouré de forêts et de sommets. Sa forme étonnante, que certains comparent à une tête de loup, contribue encore à rendre le paysage immédiatement reconnaissable.
Avec ses quelque 22 kilomètres de longueur, Maligne Lake change complètement d’échelle. Situé dans le parc national de Jasper, en Alberta, il s’enfonce profondément entre les montagnes et donne davantage l’impression d’explorer une vallée noyée que de simplement longer un lac. La route qui y mène depuis Jasper fait déjà partie de l’expérience : elle traverse une région où l’on peut notamment observer wapitis, orignaux et autres animaux sauvages, à condition de conserver les distances nécessaires. Une fois arrivé, on découvre une succession de baies, de sommets et de glaciers. Au milieu du lac, la minuscule Spirit Island est devenue son image la plus célèbre. Elle n’est pas accessible par la route : il faut s’aventurer sur l’eau pour atteindre cette partie beaucoup plus reculée du lac.
Son nom ne laisse guère de place au doute. Dans le parc national Yoho, en Colombie-Britannique, Emerald Lake se distingue par ses eaux aux nuances vert émeraude, entourées par les montagnes de la chaîne President. Moins monumental par ses dimensions que certains grands lacs canadiens, il séduit surtout par l’impression d’être complètement enveloppé par le paysage. Un sentier d’environ cinq kilomètres permet d’en faire le tour et traverse plusieurs environnements, entre forêt humide et rives plus ouvertes. À la fin de l’été, lorsque la fréquentation commence progressivement à diminuer, le contraste entre l’eau, les conifères et les premiers changements de couleur de la végétation rend le décor particulièrement photogénique.
Ici, pas question de descendre de voiture devant le panorama. Dans le parc provincial Garibaldi, au nord de Vancouver, le lac du même nom se découvre après une véritable randonnée en montagne. Depuis Rubble Creek, le sentier grimpe sur plusieurs kilomètres et impose un dénivelé important avant de révéler cette immense étendue turquoise entourée de sommets. Le lac s’est formé dans un environnement volcanique et glaciaire particulièrement spectaculaire, dominé notamment par les reliefs du massif Garibaldi. Cette relative difficulté d’accès change complètement l’expérience : l’arrivée devant l’eau devient la récompense de plusieurs heures de marche. Pour les randonneurs, c’est aussi l’un des grands points de départ permettant de poursuivre vers les paysages alpins du secteur.
Difficile d’évoquer les lacs canadiens sans commencer par Lake Louise. Au cœur du parc national de Banff, en Alberta, cette étendue d’eau alimentée par les glaciers est devenue l’une des images emblématiques des Rocheuses. Son bleu turquoise légèrement laiteux provient des très fines particules rocheuses transportées par les eaux glaciaires, qui diffusent la lumière et donnent au lac cette couleur si particulière. Mais Lake Louise ne se résume pas au célèbre panorama observé depuis sa rive : plusieurs sentiers permettent de prendre de la hauteur, notamment en direction de Lake Agnes ou de la Plaine des Six Glaciers. À mesure que l’on s’éloigne du rivage, le décor change et laisse apparaître toute la puissance du relief qui entoure le lac.
Okanagan Lake offre un visage très différent du Canada. Ici, pas de glacier suspendu au-dessus d’une eau turquoise, mais un immense lac de plus de 100 kilomètres de long traversant une vallée réputée pour son climat chaud et ses vignobles. Kelowna s’étend sur sa rive orientale tandis que Penticton se trouve à son extrémité sud. On vient dans l’Okanagan pour se baigner, naviguer, pratiquer le paddle ou simplement profiter des plages, mais aussi pour parcourir l’une des principales régions viticoles canadiennes. À la fin de l’été, l’association entre le lac, les collines sèches, les vergers et les vignobles donne à cette partie de la Colombie-Britannique une atmosphère presque méditerranéenne, très éloignée de l’image traditionnelle des Rocheuses enneigées.
Devant le lac Supérieur, le mot « lac » finit presque par sembler insuffisant. Partagé entre le Canada et les États-Unis, il est le plus vaste des Grands Lacs par sa superficie et son horizon disparaît par endroits exactement comme en pleine mer. Sur sa rive canadienne, en Ontario, falaises, plages, forêts boréales et longues étendues sauvages se succèdent sur des centaines de kilomètres. Le parc provincial du Lac-Supérieur et le parc national Pukaskwa permettent notamment d’en découvrir certains des paysages les plus préservés. Mais cette immensité impose aussi de rester prudent : l’eau demeure froide, le brouillard peut apparaître et le vent peut rapidement dégrader les conditions. Pour ceux qui le parcourent en kayak ou en bateau, le lac Supérieur possède parfois davantage les caractéristiques d’un espace maritime que celles d’un paisible plan d’eau intérieur.
Avec plus de 1 000 km² de superficie, le lac Saint-Jean forme une immense étendue presque circulaire au cœur du Québec. Ses dimensions sont telles que, depuis certaines plages, la rive opposée semble disparaître à l’horizon. Autour du lac se succèdent petites villes, plages de sable, terres agricoles et espaces forestiers. L’une des meilleures manières de découvrir la région consiste à emprunter la Véloroute des Bleuets, un itinéraire cyclable de plus de 250 kilomètres qui permet d’en faire le tour. Le lac est également intimement lié au Saguenay, dans lequel ses eaux s’écoulent avant de rejoindre le Saint-Laurent. À la fin de l’été, la région offre un équilibre intéressant entre activités nautiques, longues journées encore agréables et premiers signes de l’automne québécois.
Pour terminer ce voyage, direction la Nouvelle-Écosse et un lac beaucoup moins connu à l’étranger. Kejimkujik n’a ni les eaux turquoise de Banff ni les dimensions du lac Supérieur, mais son intérêt est ailleurs. Au cœur du parc national et lieu historique national Kejimkujik, il s’inscrit dans un vaste paysage de forêts, de rivières et de voies navigables utilisées depuis des générations par les Mi’kmaq. Plusieurs pétroglyphes témoignent de cette histoire ancienne, tandis que les lacs et cours d’eau du parc se prêtent particulièrement bien à la découverte en canot. Kejimkujik est également réputé pour son ciel nocturne et son environnement très peu urbanisé. Une expérience plus silencieuse et plus intime, qui rappelle que les plus beaux lacs canadiens ne sont pas nécessairement ceux dont la couleur attire immédiatement le regard.
Dix lacs, dix manières de découvrir le Canada
Impossible de réduire les lacs canadiens aux seules eaux turquoise des Rocheuses. De l’Alberta à la Nouvelle-Écosse, ils racontent au contraire plusieurs Canada : celui des glaciers et des hauts sommets, celui des grandes forêts, celui des plages et des vignobles, mais aussi celui des territoires façonnés depuis des millénaires par les peuples autochtones.
La fin de l’été constitue une période particulièrement intéressante pour les découvrir. Les journées restent suffisamment longues pour profiter des activités extérieures tandis que, selon les régions et l’altitude, les premières couleurs automnales commencent progressivement à apparaître. Reste une règle essentielle dans un pays aux dimensions aussi considérables : mieux vaut choisir une région et prendre le temps de l’explorer plutôt que vouloir enchaîner les lacs. Au Canada, le voyage commence souvent bien avant d’apercevoir l’eau.
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