Les coraux sont en danger… et nous avec 3/6

Culture nautique
Par Figaronautisme.com

Sous la surface azurée des océans, les récifs coralliens, véritables joyaux de biodiversité, font face à des menaces croissantes. Ces écosystèmes, qui abritent environ 25 % de la vie marine, sont essentiels non seulement pour la faune et la flore sous-marines, mais aussi pour les communautés humaines qui dépendent de leurs services. Pourtant, depuis quelques décennies, un cri d'alarme retentit : les coraux sont en péril. Et cette menace nous concerne tous, que nous soyons pêcheurs, plongeurs, touristes ou simplement citoyens de la planète bleue.

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Sous la surface azurée des océans, les récifs coralliens, véritables joyaux de biodiversité, font face à des menaces croissantes. Ces écosystèmes, qui abritent environ 25 % de la vie marine, sont essentiels non seulement pour la faune et la flore sous-marines, mais aussi pour les communautés humaines qui dépendent de leurs services. Pourtant, depuis quelques décennies, un cri d'alarme retentit : les coraux sont en péril. Et cette menace nous concerne tous, que nous soyons pêcheurs, plongeurs, touristes ou simplement citoyens de la planète bleue.

Le blanchissement des coraux : un phénomène alarmant
Imaginez un récif autrefois éclatant de couleurs, désormais pâle et sans vie. Ce phénomène, connu sous le nom de blanchissement des coraux, survient lorsque ces derniers, soumis à un stress intense, notamment dû à l'élévation de la température de l'eau, expulsent les algues symbiotiques (zooxanthelles) qui leur fournissent énergie et teinte. Privés de cette source vitale, les coraux blanchissent et deviennent vulnérables aux maladies, pouvant entraîner leur mort si les conditions ne s'améliorent pas rapidement.
Les années 2024 et 2025 ont été particulièrement dévastatrices. Selon l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), un quatrième épisode mondial de blanchissement des coraux a été confirmé entre février 2023 et avril 2024, touchant des récifs dans plus de 53 pays et territoires, y compris la Floride, les Caraïbes et l'océan Pacifique.
En Australie, la Grande Barrière de corail a subi en 2024 son septième épisode de blanchissement massif, avec une diminution de 72 % de la couverture corallienne dans certaines zones.

Des pressions multiples sur des écosystèmes déjà fragiles
Le blanchissement n’est que la face visible d’un problème plus vaste. Les coraux subissent des agressions multiples, souvent causées ou amplifiées par les activités humaines. La pollution plastique, omniprésente dans les mers, provoque des blessures physiques sur les récifs, mais favorise aussi le développement de bactéries pathogènes. À cela s’ajoute l’acidification des océans, conséquence directe de l’absorption massive de dioxyde de carbone : en modifiant le pH de l’eau, ce phénomène affaiblit les structures calcaires des coraux, ralentit leur croissance et fragilise leur résilience face aux perturbations. La surpêche, quant à elle, bouleverse les équilibres écologiques des récifs : certaines espèces de poissons, comme les perroquets de mer ou les herbivores, jouent un rôle crucial dans le nettoyage des coraux ou la régulation des algues. Leur disparition entraîne un déséquilibre durable.
Et ce n’est pas tout. L’urbanisation du littoral, les rejets d’eaux usées, les crèmes solaires toxiques, le bruit sous-marin, le piétinement des récifs par les touristes peu informés… Les coraux sont pris dans un cocktail de stress environnementaux. Leur seuil de tolérance s’effondre.

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Conséquences en cascade pour l'humanité
La dégradation des récifs coralliens a des répercussions bien au-delà des écosystèmes marins :
• Protection côtière réduite : Les récifs agissent comme des barrières naturelles contre les vagues et les tempêtes. Leur disparition expose les côtes à une érosion accrue et à des risques accrus d'inondations.
• Impact économique : De nombreuses communautés dépendent du tourisme lié aux récifs coralliens. La perte de ces écosystèmes entraîne une diminution des revenus pour les opérateurs touristiques, les hôtels et les restaurants.
• Navigation plus risquée : les récifs abîmés perdent leur fonction de brise-lames. Les mouillages deviennent plus agités, les zones de navigation plus exposées.
• Sécurité alimentaire menacée : Les récifs sont des zones de pêche cruciales. Leur dégradation compromet les stocks de poissons, mettant en péril la subsistance de millions de personnes.

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Des raisons d’espérer, à condition d’agir
Heureusement, les récifs coralliens sont résilients : ils peuvent se régénérer, parfois en quelques années, si les conditions le permettent. De nombreuses initiatives locales ou internationales se mobilisent pour leur redonner une chance.
En Méditerranée, par exemple, l'association Ocean Quest France a lancé un programme de replantation de coraux dans des zones abîmées. Plus de 800 coraux ont été fixés sur des structures naturelles, sans colle ni béton, avec des taux de survie encourageants. En Indonésie, des techniques de culture de corail « électro-stimulé » montrent également des résultats prometteurs. Des chercheurs travaillent même sur des souches de coraux résistantes à la chaleur, capables de survivre dans des eaux plus chaudes.
Sur le plan international, des organismes comme l’ICRI (International Coral Reef Initiative) coordonnent les efforts de conservation, encouragent la création d’aires marines protégées, et diffusent les bonnes pratiques. Côté politique, certaines îles du Pacifique et États côtiers militent activement pour que la protection des récifs soit incluse dans les discussions climatiques mondiales.
Mais rien ne se fera sans une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre, ni sans une mobilisation citoyenne. Chaque geste compte : bannir les plastiques à usage unique, choisir des crèmes solaires « reef safe », soutenir les projets de restauration ou encore repenser nos manières de voyager.


Les coraux ne sont pas qu’un décor de carte postale. Ce sont des piliers invisibles de notre équilibre océanique, économique et climatique. Leur sort est aussi le nôtre. Et s’ils s’éteignent en silence, c’est tout un monde qui risque de chavirer avec eux.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…