
Le pavillon : la carte d’identité du navire
En marine, le pavillon, c’est sacré. Il ne s’agit pas juste d’un bout de tissu déco : c’est le symbole officiel de la nationalité d’un bateau. On parle d’ailleurs souvent de "pavillon français", "pavillon belge", etc. Il est obligatoire dès qu’on quitte les eaux territoriales. Et il doit être conforme aux normes de taille, de position et d’état (en bon état, pas déchiré, propre...).
Sur un voilier, le pavillon national est généralement hissé en poupe, sur le mât de pavillon ou sur une drisse arrière. Sur un bateau moteur, il peut être placé à l’arrière ou sur le toit si le bateau est étranger, selon les règles de courtoisie.
Et ce n’est pas tout ! Il existe aussi des pavillons de courtoisie, qu’on hisse à tribord quand on entre dans les eaux d’un pays étranger. Sans oublier les pavillons de club, de régate, de signalisation… Bref, le pavillon, en mer, c’est un langage à part entière.
Pavillons de courtoisie et usages internationaux
Au-delà du pavillon national, la navigation internationale impose d’autres codes. Lorsqu’un bateau entre dans les eaux d’un pays étranger, il est d’usage d’arborer un pavillon de courtoisie, hissé à tribord. Un bateau français entrant en Italie hissera ainsi le pavillon italien, tout en conservant son pavillon national à la poupe. Même logique au Royaume-Uni, en Espagne ou en Grèce. Ce geste, simple mais très codifié, marque le respect de la souveraineté du pays visité et reste largement observé dans les ports et les zones de navigation fréquentées.
Il existe également d’autres pavillons spécifiques : pavillons de club, de régate ou encore pavillons de signalisation. Le plus connu est sans doute le pavillon Q, jaune uni, utilisé pour signaler l’arrivée d’un navire venant de l’étranger avant les formalités officielles. En mer, le pavillon constitue ainsi un véritable langage visuel, capable de transmettre des informations sans un mot ni une radio.
Le drapeau : un terme essentiellement terrestre
Le mot drapeau, lui, appartient surtout au vocabulaire de la terre ferme. Il désigne un symbole national, régional ou institutionnel, généralement fixé à une hampe rigide. On le retrouve sur les bâtiments officiels, lors de cérémonies, dans les manifestations sportives ou culturelles. Sa fonction est avant tout symbolique et protocolaire. Il n’est pas conçu pour être hissé sur une drisse ni pour flotter en navigation. C’est là toute la différence : le drapeau représente, le pavillon identifie et informe. Employer le terme drapeau pour un bateau est donc courant dans le langage quotidien, mais incorrect d’un point de vue maritime.

Un exemple très concret : Italie et Royaume-Uni
La confusion entre drapeau et pavillon devient évidente dès qu’on regarde certains pays maritimes de près.
En Italie, le drapeau national utilisé à terre est un simple tricolore vertical vert, blanc et rouge, sans aucun symbole. En mer, le pavillon italien est différent : il reprend ces trois bandes mais affiche en son centre un écu orné des armoiries des quatre grandes républiques maritimes historiques – Venise, Gênes, Pise et Amalfi.
Le Royaume-Uni offre un autre exemple encore plus parlant. À terre, le drapeau britannique, le célèbre Union Jack, sert de symbole national. En navigation, il n’est presque jamais utilisé comme pavillon. Les navires civils britanniques hissent le Red Ensign, un pavillon rouge frappé de l’Union Jack dans le canton supérieur gauche. Là encore, la différence est nette : un bateau arborant uniquement l’Union Jack serait immédiatement perçu comme ne respectant pas les usages maritimes.
Ces deux cas montrent clairement que le pavillon n’est pas une simple déclinaison du drapeau national. Il s’agit d’un signe codifié, reconnu internationalement, qui identifie sans ambiguïté la nationalité d’un navire et son statut en mer.

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Des finitions qui ne mentent pas
Même dans la fabrication, la différence est nette :
• Le drapeau est souvent cousu sur une hampe ou prévu pour être porté. Il est pensé pour être vu de face, parfois en tissu décoratif ou satiné.
• Le pavillon, lui, est conçu pour résister au vent, au sel, au soleil, et être hissé sur un mât ou une drisse, via des œillets ou mousquetons. C’est du costaud, fait pour durer… ou au moins quelques milles nautiques.

Confusions fréquentes et idées reçues
L’erreur la plus répandue consiste à parler de « drapeau français » pour un bateau battant pavillon français. En mer, le terme exact reste pavillon. Autre notion souvent mal comprise : le pavillon de complaisance. Il ne s’agit pas d’un pavillon décoratif, mais de l’enregistrement d’un navire sous une juridiction étrangère, généralement pour des raisons fiscales ou réglementaires, un sujet courant dans le monde du yachting et de la marine marchande. À ne pas confondre non plus avec les fanions, généralement plus petits et souvent triangulaires, utilisés pour les clubs nautiques, les ports ou certains événements. Ils ont une fonction identitaire ou signalétique, mais ne remplacent jamais un pavillon national.
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