Aviron de mer : le sport discret qui séduit de plus en plus de vacanciers

Glisse
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Longtemps resté dans l’ombre du paddle, du kayak ou de la voile légère, l’aviron de mer gagne peu à peu sa place sur le littoral. Accessible, physique sans être brutal, contemplatif sans être mou, ce sport de glisse attire des vacanciers en quête d’air marin, d’effort utile et de nouvelles sensations.

Longtemps resté dans l’ombre du paddle, du kayak ou de la voile légère, l’aviron de mer gagne peu à peu sa place sur le littoral. Accessible, physique sans être brutal, contemplatif sans être mou, ce sport de glisse attire des vacanciers en quête d’air marin, d’effort utile et de nouvelles sensations.

© AdobeStock - MDBPIXS

 

Sur la plage, il ne fait pas autant de bruit qu’un jet-ski. Il ne s’affiche pas avec les couleurs flashy d’une planche gonflable. Il ne promet pas non plus l’adrénaline immédiate du wingfoil ou du kitesurf. Et pourtant, l’aviron de mer avance, discrètement, à coups de rame réguliers. On le voit de plus en plus au petit matin, quand le plan d’eau est encore calme, ou en fin de journée, lorsque la lumière descend sur les criques et les ports. Quelques silhouettes filent au ras de l’eau, assises dans des embarcations stables, face au sillage qu’elles viennent de tracer. L’aviron de mer, appelé coastal rowing à l’international, se pratique principalement en mer, mais aussi sur les grands lacs. Contrairement à l’image parfois très sportive de l’aviron de rivière, il s’adresse à un public bien plus large : la Fédération française d’aviron rappelle qu’il peut se pratiquer dès 12 ou 13 ans, en loisir, en randonnée, en santé ou en compétition, à bord de bateaux conçus pour rester stables dans les vagues, les courants et les marées.

 

Un sport taillé pour les vacances

Si l’aviron de mer séduit les vacanciers, c’est d’abord parce qu’il coche plusieurs cases très actuelles. Il permet de faire du sport sans s’enfermer dans une salle, de découvrir le littoral autrement et de vivre une expérience plus douce que les sports nautiques à moteur. Ici, pas de bruit, pas d’odeur d’essence, pas de vitesse excessive : seulement le clapot, le souffle, la rame qui entre dans l’eau et le bateau qui glisse. C’est aussi une activité qui rassure. Les embarcations d’aviron de mer sont plus larges et plus stables que les fines coques de rivière. Elles sont pensées pour encaisser un peu de clapot, franchir une vague, se manœuvrer près du rivage et donner confiance aux débutants. On peut ramer seul, à deux, à quatre, parfois accompagné d’un barreur selon les bateaux. Pour beaucoup de vacanciers, c’est une première approche de la mer plus sportive qu’une balade en kayak, mais moins intimidante qu’une sortie en voile.

L’autre force de l’aviron de mer, c’est son rapport au paysage. On ne regarde pas seulement la côte depuis la plage : on entre dans le décor. Falaises, anses, ports, îlots, bancs de sable, lumières rasantes… la sortie devient presque une mini-expédition. Le sport se mêle à la contemplation, l’effort au plaisir de la découverte. C’est sans doute ce qui explique son attrait croissant auprès de ceux qui veulent “faire quelque chose” pendant leurs vacances, sans forcément chercher la performance.

 

Le plaisir de l’effort complet

Derrière son apparente tranquillité, l’aviron de mer reste un vrai sport. Il mobilise les jambes, le dos, les bras, les épaules, les abdominaux. Le geste est complet, rythmé, plus technique qu’il n’y paraît. On pousse avec les jambes, on transmet l’énergie par le tronc, puis on termine avec les bras. Quand le mouvement devient fluide, le bateau accélère presque sans à-coup. En mer, l’exercice prend une dimension supplémentaire. Il faut composer avec le vent, les vagues, les courants, parfois la marée. Une sortie facile à l’aller peut devenir plus exigeante au retour. Une vague mal prise peut casser le rythme. Un clapot de travers oblige à s’adapter. C’est ce qui rend la discipline vivante : on ne rame jamais exactement deux fois dans les mêmes conditions.

Pour les vacanciers, cette part d’imprévu fait aussi le charme de la pratique. On ne se contente pas de répéter un geste mécanique. On lit la mer, on ajuste son cap, on observe les risées, on apprend à sentir le bateau. À sa manière, l’aviron de mer crée un lien direct avec l’environnement marin.

 

Une autre façon d’habiter le bord de mer

Dans une saison estivale souvent saturée d’activités rapides, bruyantes et très visibles, l’aviron de mer propose autre chose. Il ne cherche pas à impressionner. Il invite plutôt à prendre le temps, à entrer dans le rythme de l’eau, à sentir l’effort monter progressivement. C’est un sport de glisse, mais aussi de patience. Un sport de puissance, mais aussi de précision. Son succès tient peut-être à cette discrétion. Il attire ceux qui veulent bouger sans agitation, se dépenser sans se mettre en danger, découvrir la côte sans la consommer trop vite. Une sortie peut durer une heure ou une matinée. Elle peut être sportive, contemplative, familiale ou plus engagée selon le niveau du groupe et l’état de la mer. Pour les stations littorales, l’aviron de mer a aussi une carte à jouer. Il s’inscrit dans une tendance plus large : celle des vacances actives, plus proches de la nature, moins dépendantes du moteur. Il peut se pratiquer tôt le matin, quand les plages sont encore vides, ou en fin de journée, lorsque la mer retrouve un peu de calme. Il offre une expérience simple, mais forte : avancer grâce à son propre effort, au plus près de l’eau.

 

Avant de se lancer, quelques règles de bon sens

Comme toutes les activités nautiques, l’aviron de mer demande un minimum d’encadrement, surtout pour une première sortie. Mieux vaut commencer avec un club ou une base nautique, apprendre les bons gestes, connaître les consignes de sécurité et partir dans des conditions adaptées. La météo, le vent, les courants, la température de l’eau et la fréquentation du plan d’eau doivent toujours être pris en compte. Le gilet ou l’aide à la flottabilité, la connaissance de la zone, la capacité à revenir au point de départ et l’attention portée aux autres usagers de la mer restent essentiels. L’aviron de mer donne un sentiment de liberté, mais il ne transforme pas la mer en terrain neutre. C’est justement parce qu’il oblige à respecter les éléments qu’il plaît autant à ceux qui l’adoptent.

Discret, complet, élégant, l’aviron de mer pourrait bien devenir l’un des sports nautiques les plus séduisants des prochains étés. Pas forcément le plus spectaculaire depuis la plage, mais sans doute l’un des plus addictifs une fois les rames en main.

 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.