Beneteau renforce son offre voile avec deux nouveaux modèles : l’Oceanis 42 et le First 36 Spirit
Chez Beneteau, la nouveauté voile arrive cette année par deux chemins assez différents. L’Oceanis 42 s’inscrit dans la continuité d’une gamme qui fête ses 40 ans et vient prendre la succession de l’Oceanis 40.1 sur le très disputé marché des 40 pieds. Le First 36 Spirit regarde, lui, vers une autre partie de l’histoire du chantier : le nom « Spirit », apparu avec le First Spirit 300 en 1992, revient plus de trente ans après sa disparition.
Derrière ces deux lancements se dessinent surtout deux programmes. L’Oceanis privilégie la croisière, les volumes habitables et la capacité à adapter le bateau à différents usages. Le First 36 Spirit cherche au contraire à retirer ce qui n'est pas indispensable afin de gagner en simplicité et en légèreté, avec l'ambition affichée de rendre le planing accessible à davantage de navigateurs.
Avec ses 12,86 mètres hors-tout pour 4,23 mètres de largeur, l’Oceanis 42 succède donc à l’Oceanis 40.1. Beneteau explique avoir développé cette nouvelle génération en s’appuyant sur les retours de ses clients, de son réseau de concessionnaires et de la presse spécialisée, notamment pour simplifier les systèmes, améliorer l’ergonomie et renforcer la fiabilité.
Le changement se remarque d’abord dans le cockpit. Beneteau revendique le plus grand cockpit du marché des 40 pieds, avec une surface augmentée de 12 % au niveau du plancher et de 10 % pour les assises par rapport à son prédécesseur. Nauta Design, chargé du dessin du pont et de l’intérieur, a travaillé les circulations pour faire de cette partie du bateau un véritable espace de vie.
La poupe peut adopter deux configurations. Ouverte, la plateforme prolonge directement le cockpit vers la mer. Fermée, elle reçoit des assises arrière qui sécurisent davantage l'espace et augmentent le nombre de places disponibles, notamment à proximité du barreur en navigation.
Les postes de barre reprennent par ailleurs plusieurs solutions déjà introduites sur les Oceanis 47 et 52 : assises et dossiers intégrés, consoles regroupant les commandes et manette moteur directement intégrée à la console.
Pour la carène, Beneteau a de nouveau fait appel à Marc Lombard Yacht Design. Le chantier a notamment cherché à augmenter le potentiel sous voile sans remettre en cause le caractère accessible du bateau. Le mât enrouleur standard gagne ainsi 60 cm de hauteur, tandis que les mâts classique et performance sont allongés de 30 cm.
Dans sa configuration standard, l’Oceanis 42 reçoit une grand-voile sur enrouleur de 37,70 m² et un foc autovireur de 28,70 m². La grand-voile classique atteint 45,10 m², tandis qu'un génois sur enrouleur à 105 % est également proposé. Le déplacement lège annoncé est de 7 985 kg, avec un tirant d’eau de 2,25 mètres en version quille longue ou 1,68 mètre avec la quille courte. Le moteur standard développe 45 ch. Les réservoirs embarquent 195 litres de carburant et 235 litres d’eau douce.
C’est probablement dans les possibilités d'aménagement que le nouvel Oceanis 42 pousse le plus loin sa logique de polyvalence. Beneteau annonce cinq configurations : de deux cabines et une salle d’eau jusqu’à quatre cabines et deux salles d’eau pour les programmes de charter. Entre les deux figurent trois variantes à trois cabines, avec une, deux ou trois salles d’eau.
Deux architectures intérieures sont également disponibles. La première adopte une cuisine en L placée au pied de la descente, afin de rester utilisable à la gîte et en liaison directe avec le cockpit. Sa capacité frigorifique atteint 215 litres, présentée par Beneteau comme la plus importante du segment des 40 pieds. Une seconde implantation adopte une cuisine longitudinale avec un grand plan de travail.
La recherche de volume s’accompagne d’un travail sur la lumière. Les hublots de coque du carré et des cabines sont annoncés 2,5 fois plus grands qu’auparavant et les vitrages d’hiloire du roof ont également été agrandis. Le carré reçoit un espace bureau, une bibliothèque prend place sur la cloison du pied de mât et les commandes électriques sont regroupées dans un meuble installé au pied de la descente.
Deux finitions bois sont proposées : le Chêne Sable, associé à trois tonalités de sellerie – Ivory, Sunset et Pacific –, et le Laos Teck, plus foncé et conçu pour résister à un usage intensif, notamment dans la version charter à quatre cabines.
Avec le First 36 Spirit, le changement de registre est complet. Beneteau réactive une appellation apparue avec le First Spirit 300 en 1992. Le principe retenu pour ce nouveau modèle consiste à partir de la base du First 36 et à la simplifier puis à l’alléger.
Le résultat est un voilier de 11,98 mètres hors-tout, pour une longueur de coque de 11 mètres et une largeur de 3,80 mètres. Surtout, son déplacement lège est limité à 4 620 kg. La coque ultralégère est réalisée par infusion sous vide et Beneteau présente le bateau comme un « planing cruiser », capable de commencer à planer dès que le vent devient modéré.
La conception réunit Samuel Manuard pour l’architecture navale, Lorenzo Argento pour le design extérieur, Pure Design & Engineering pour l’ingénierie structurelle, SITO et Lorenzo Argento pour l’intérieur et l’innovation, tandis que le concept et la R&D sont portés par les équipes Seascape et Beneteau.
Le First 36 Spirit adopte un système à double safran, avec des éléments en Corecell usinés CNC. L’accastillage et l’organisation des commandes ont été pensés pour permettre la navigation en équipage réduit. Beneteau précise avoir retenu, à certains endroits, des équipements de pont volontairement surdimensionnés et de haute qualité.
Le First 36 Spirit dispose de 80 m² de voilure au près, avec une grand-voile pouvant atteindre 42 m² et un foc de 38 m². Au portant, la surface annoncée monte à 183 m². Le gennaker en tête de mât peut atteindre 141 m², tandis qu’un gennaker fractionné de 72,5 m² sur enrouleur est également prévu.
Deux quilles figurent dans les caractéristiques provisoires. La version standard affiche un lest de 1 550 kg et un tirant d’eau de 2,25 mètres. La quille courte porte le lest à 1 710 kg pour ramener le tirant d’eau à 1,95 mètre. Le moteur saildrive développe 29 ch, avec 70 litres de carburant et 160 litres d’eau douce à bord. Le tirant d’air est de 17,80 mètres hors antennes.
Cette recherche de simplicité se poursuit sous le pont. Beneteau décrit un intérieur où chaque équipement a été interrogé au regard de son utilité et de son poids. Le communiqué évoque un grand carré, des plans de travail durables, des portes magnétiques facilement amovibles et des rangements ouverts dans les cabines, complétés par une penderie et un filet de retenue. La salle d’eau compacte utilise notamment un lavabo pliable pour libérer de la place.
Le chantier met donc moins l’accent sur l’accumulation d’équipements que sur le compromis entre le confort nécessaire à la croisière et la légèreté recherchée pour les performances. Une philosophie résumée par Andraž Mihelin, CEO de Seascape et responsable de la gamme First, qui explique avoir soumis le First 36 existant à un processus consistant à « simplifier, puis alléger ».
Le positionnement tarifaire est déjà connu : le First 36 Spirit sera proposé à partir de 200 000 euros HT. Sa première mondiale est programmée au Boot Düsseldorf, en janvier 2027.
Avec ces deux nouveautés, Beneteau ne cherche donc pas à faire converger ses deux grandes familles de voiliers. L’Oceanis 42 pousse plus loin la logique d’un croiseur adaptable, spacieux et configurable selon les usages, jusqu’au charter. Le First 36 Spirit prend presque la direction inverse : moins de poids et de complexité pour replacer les sensations, la barre et les performances sous voile au centre de l’expérience. Deux approches différentes, mais qui permettent au chantier de renouveler simultanément deux segments importants de son offre voile.






