L'herbier de posidonie, le poumon vert de la Méditerranée

Par Figaronautisme.com
Samedi 15 juillet 2017 à 15h33

C’est une plante endémique de la Méditerranée, largement implantée dans le bassin. Ses longues frondaisons vertes sont du plus bel effet, elle fait des fleurs à l’automne et produit des olives au printemps. Particularité : pour la trouver, il faut regarder sous la mer. Elle édifie de vastes prairies sous-marines, considérées comme des pôles de biodiversité aussi productifs que les forêts tropicales ou les mangroves. Voici Posidonia océanica, le poumon vert de la Méditerranée.

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C’est une plante endémique de la Méditerranée, largement implantée dans le bassin. Ses longues frondaisons vertes sont du plus bel effet, elle fait des fleurs à l’automne et produit des olives au printemps. Particularité : pour la trouver, il faut regarder sous la mer. Elle édifie de vastes prairies sous-marines, considérées comme des pôles de biodiversité aussi productifs que les forêts tropicales ou les mangroves. Voici Posidonia océanica, le poumon vert de la Méditerranée.

La floraison de la posidonie n’est pas annuelle, elle est aussi plus fréquente dans les eaux chaudes du sud de la Méditerranée. Lorsqu’elle a lieu, elle donne des fruits qui ont la forme, la taille et la couleur d’une olive. Les fruits mûrissent en 6 à 9 mois puis se détachent de la plante pour flotter au gré des courants. Ils s’échoueront sur les plages ou finiront par pourrir, laissant couler leur unique graine qui germera et pourra s’implanter si les conditions du milieu sont réunies.

Comme toutes les plantes, la posidonie a besoin de lumière pour réaliser la photosynthèse et assurer sa croissance. Elle la capte jusqu’à 40 m de profondeur, parfois davantage dans les eaux les plus claires du bassin méditerranéen. D’autres facteurs déterminent sa distribution : le taux de salinité des eaux (un minimum de 33%), leur température (entre 9°C et 28,5°C) ; la plante évite également les zones trop agitées, elle craint les vagues et le courant, et les tempêtes qui l’arrachent de son socle. Un herbier en bonne santé, proche de la surface, peut compter jusqu’à mille faisceaux de feuilles par mètre carré ! Autant dire que c’est une superbe machine photosynthétique, productrice d’une biomasse végétale servant à une multitude d’animaux, qui s’en nourrissent, s’y fixent ou s’y abritent.

L’herbier joue un rôle très important en produisant une grande quantité d’oxygène qui sera utilisée par la vie marine ou pour la dégradation des feuilles. Lorsqu’elle reçoit suffisamment d’énergie solaire, la posidonie peut produire jusqu’à 14 litres d’oxygène/m2 et par jour. En piégeant les particules en suspension, qui vont sédimenter au cœur de l’herbier, elle agit également comme un filtre naturel qui favorise l’éclaircissement de l’eau.

Une plante qui protège les petits et le littoral

Se balader avec masque et tuba au-dessus des prairies de posidonies peut offrir de belles surprises. L’herbier est un garde-manger, un habitat, un abri contre les prédateurs, une frayère aussi, et – bouclons la boucle -, une nurserie pour de nombreuses espèces d’invertébrés et de poissons, au premier rang desquelles la saupe, grande consommatrice de la plante (suivie de près par l’oursin comestible), mais aussi les seiches, grandes nacres, serrans, corbs, bernard-l’hermite, hippocampes, étoiles de mer…

La nature est bien faite dit-on. Car tout ce petit monde agit aussi comme une barrière contre les tempêtes ; en cassant la houle, les mattes denses de posidonie empêchent les vagues d’atteindre la côte à pleine puissance.

Les herbiers jouent donc un rôle écologique majeur en protégeant la biodiversité, leur valeur économique est indéniable, pour le tourisme mais aussi pour la pêche, en abritant des espèces de valeur commerciale. Pourtant, après avoir survécu à bien des bouleversements géologiques et climatiques au cours de son évolution, la verte posidonie doit aujourd’hui faire face aux agressions humaines : fréquentation accrue du littoral et du milieu marin, rejets chimiques, arrachage mécanique de la plante par les ancres ou les engins de pêche traînants, aménagement littoraux, construction de ports, de digues, empiètement sur la mer… Les herbiers sont en régression depuis une cinquantaine d’années le long des littoraux des principaux centres urbains, et ils restent menacés. Ce n’est pourtant pas faute d’instaurer des mesures de protection nationales et internationales.

La posidonie est une espèce protégée en France depuis 1988. L’herbier l’est aussi en tant que biotope, et tout projet d’aménagement littoral impose la réalisation d’une étude d’impact sur le milieu marin, en particulier sur l’herbier de posidonie. Au niveau européen, l’herbier est inscrit en annexe I de la « Directive Habitats » de 1992. Au niveau international, la posidonie est protégée par la Convention de Barcelone et la Convention de Berne.

 

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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.