Comment éviter les conflits sur un bateau ?

Dimanche 14 avril 2013 à 15h29

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Il suffit parfois d’un rien pour que l’ambiance vire au vinaigre entre les membres d’un équipage au risque de compromettre la croisière. Un guide très pratique montre comment gérer les tensions sur un bateau de plaisance. Nautisme.com a profité de cette publication pour faire le point avec son auteur, Francis Giniaux.


Zizanies à bord – Comment éviter les conflits sur un bateau de plaisance, par Francis Giniaux – Dessins de Nono. Editions Glénat – avril 2013.

Figaro Nautisme : Qu’est ce qui vous a amené à écrire cet ouvrage ?


Francis Giniaux : Je navigue depuis très longtemps. Il y a deux ans, j’ai participé comme équipier à une transat entre les Antilles et la France et j’ai rencontré une tension très forte avec un autre équipier qui a dégénéré lors d’un quart de nuit. En y réfléchissant après coup et en discutant avec d’autres adeptes de la croisière, je me suis rendu compte que des tensions survenaient fréquemment sur les bateaux, mais que c’était un problème qui n’était jamais spontanément abordé.


Vous êtes psychologue de formation et vous avez longtemps dirigé un institut de management au sein d’un grand groupe. Existe-t-il une similitude entre les conflits à bord d’un bateau et au sein d’une entreprise ?

En entreprise comme sur un bateau, le climat relationnel entre les membres d’une équipe peut influer sur la qualité du travail. Comme les cadres d’une entreprise, un équipage adhère à un objectif commun : aller d’un point à un autre en faisant avancer le bateau. Mais à la différence d’une entreprise, l’équipage va inévitablement rencontrer des aléas : une météo imprévue, une casse ou une panne… La succession de situations inattendues accroit les tensions qui finissent par déboucher sur un conflit. Le plus classique, c’est la contestation de l’autorité du chef de bord.


Quel rôle doit jouer le chef de bord face aux tensions ?


L’autorité du chef de bord ne doit pas être contestée. En entreprise, il existe des formes de management participatif, mais sur un bateau, le skipper doit être l’unique responsable. Il est le responsable légal face aux autorités, il l’est aussi dans sa relation avec l’équipage qui ne le comprend pas toujours. Si le skipper exige que le matériel soit rangé toujours au même endroit, il va être considéré comme un pinailleur, alors que c’est une question de sécurité. Mais encore faut-il l’expliquer. Souvent le chef de bord est préoccupé par la marche de son bateau et ne prête pas attention aux interrogations qui gagnent les équipiers. Il existe des signes à ne pas négliger : un équipier qui s’isole plus souvent, qui parle moins… Il faut arriver à désamorcer les tensions avec de l’humour, en prenant le temps d’en parler. Finalement en bateau, il faut savoir tout anticiper : la météo, les manœuvres mais aussi les conflits !


Vous passez en revue toutes les situations rencontrées. Lesquelles sont les plus à risque ?

Toutes peuvent être source de tension. Même la navigation en solitaire ! Que ce soit en couple, en famille, entre amis ou avec un équipage inconnu, les risques existent et parfois pour des broutilles ! Un bateau fonctionne en huis-clos sans le contrôle social du regard extérieur. Dès lors, un simple malentendu, à propos des tâches ménagères par exemple, peut facilement dégénérer. Mais avec un peu de bon sens, il est possible d’éviter les tensions. Bien sûr, embarquer quelques copains pour le week-end comporte moins d’aléas que constituer un équipage pour plusieurs semaines de croisière. Pour ma part, je fais toujours un petit galop d’essai de quelques jours avec les équipiers demandeurs. Je ne retiendrai pas l’équipier qui rêve de farniente sous les cocotiers, ni celui qui prétend savoir tout sur tout après un simple stage aux Glénans…


Vous proposez un modèle de convention d’embarquement, pourquoi ?

Lorsqu’il s’agit de croisières lointaines avec des inconnus, il est important de noter des garanties aussi bien pour le chef de bord que pour l’équipage. Clarifier les responsabilités de chacun et la gestion de la caisse de bord par écrit permet d’empêcher la naissance de tensions.
 

Finalement quelles sont les clés d’une croisière réussie ?

Il faut savoir bien se choisir, c’est valable pour le skipper comme pour l’équipage. Il faut bien se dire les choses avant de partir et se montrer tel qu’on est, parler de ses défauts et de ses limites et ne pas se survaloriser. A bord, il ne faut pas négliger l’apparition des tensions. C’est une condition primordiale pour être heureux ensemble en mer.


Zizanies à bord – Comment éviter les conflits sur un bateau de plaisance, par Francis Giniaux – Dessins de Nono. Editions Glénat – avril 2013.
 

 

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