
En étant au coude-à-coude une grande partie de l’étape, Holcim-PRB s’affirme comme le rival n°1. Allagrande Mapei Racing complète le podium et devance Paprec Arkéa (4e) et Team Malizia (5e). Retour sur une matinée riche en émotions !
Il était difficile d’espérer plus joli cadre. Ce vendredi matin, les plus chanceux ont pu assister à un lever de soleil majestueux, des teintes qui passent de l’or à l’orange et éclairent toute la baie de Nice. Et puis deux bateaux ont fendu les flots et sont entrés dans le décor, ils ont longé la côte puis ont progressé vers la ligne d’arrivée qui fait face à la Promenade des Anglais. Si loin de l’agitation estivale du quotidien, du flot de touristes et de l’agitation du vieux-Nice, Biotherm et Holcim-PRB se sont offerts une arrivée à couper le souffle. Leurs skippers ont même pu bénéficier d’une fraîcheur matinale bienvenue après la fournaise ressentie pendant l’étape.
En Méditerranée, « tu ne sais jamais ce qu’il va se passer »
Pourtant, derrière les belles images et les sourires, les cernes sont creusés, les visages fatigués. Les équipages ont mené un sacré combat et rien ne leur a été épargné. « C’était la Méditerranée dans toute sa splendeur, sourit Paul Meilhat. On a eu du mal à se reposer, on a eu 35 à 40°, on a beaucoup manœuvré... Le rythme était très intense ».
« La Méditerranée nous a réservé des conditions très changeantes avec parfois beaucoup de vents, de vagues, des orages, raconte Franck Cammas (Holcim-PRB). C’était probablement l’étape la plus intense. »
« Souvent, les fichiers météos disent l’inverse de la réalité, poursuit son coéquipier Nicolas Lunven. Tu as l’impression de jouer plus aux échecs que d’étudier la météo » « Tu as l’impression que tu ne sais jamais ce qu’il va se passer, abonde Amélie Grassi. C’était super dur de caler une stratégie là-dessus. » Les organismes ont souffert, les bateaux aussi. Pour la première fois depuis le début de la course, Biotherm a dû faire face à la casse d’un taquet et d’un boîtier de lattes. « Ça montre que les étapes sont engagées et qu’on est parti depuis longtemps déjà », confie Paul Meilhat.
Biotherm « en total maîtrise »
Après s’être amarré à proximité des nombreux yachts dans le port, un constat s’impose : Biotherm est toujours au firmament. Vainqueur des trois étapes, des trois « scoring gate », du « fly-by » de Porto, l’équipage a obtenu le maximum de points possibles. Intouchable, imperturbable et impérial, le team renforce un peu plus son hégémonie sur la course. « On a renforcé notre ascendant psychologique, confie Paul Meilhat. Pour comprendre cette réussite, il évoque « l’importance des Scoring Gate » et la préparation minutieuse de chaque étape. « On a une bonne énergie à bord, un peu de réussite c’est sûr mais on la provoque », sourit Amélie Grassi.
L’équipe et le bateau (un plan Verdier de 2022) n’en finissent plus d’impressionner sur les pontons. « Pour l’instant, Paul et son équipe rendent une copie parfaite, explique Thomas Ruyant (Allagrande Mapei Racing). Ils ont un bateau très polyvalent et parfaitement adapté à ce parcours ». « Ils méritent d’être à leur place, assure Franck Cammas. Ils font les bons choix, réalisent les bons réglages et sont toujours un peu plus rapides dans chaque transition ». « Ils sont en totale maîtrise de leur sujet », abonde Nicolas Lunven.
Fortune diverse pour les poursuivants
Quoi qu’il en soit derrière, Holcim-PRB, qui a franchi la ligne 27 minutes après le vainqueur, s’affirme de plus en plus comme le rival n°1 de Biotherm. « Finalement, nos bateaux sont un peu de la même famille, ils sont cousins, sourit Nicolas Lunven. On a eu un bon petit mano-à-mano mais ils sont un peu plus faciles que nous, notamment dans les zones de transition ». « Dans le petit temps et au près, Biotherm et Holcim-PRB sont à l’aise et très rapide », confie Ambrogio Beccaria.
Allagrande Mapei Racing est en effet arrivé un peu plus tard, complétant le podium de cette étape française. Le soleil était déjà un peu plus chaud et le visage d’Ambrogio Beccaria s’est illuminé. L’Italien s’est en effet réjouit de la progression des siens. « On a terminé 4e de l’étape précédente, 3e ici... Cette évolution, on la ressent dans l’équipage et on espère que cela va continuer ! » Derrière, Paprec Arkéa (4e) et Team Malizia (5e) ont bataillé jusqu’au bout pour les places d’honneur. « C’était compliqué, mentalement dur mais on a tenu bon », confie Corentin Horeau. Paprec Arkéa a dû faire face à un problème de J0 qui les a retardés. Loïs Berrehar voulait insister sur le positif après la 5e place de Team Malizia : « ce n’était pas facile mais on a fait une vraie régate, proche et intense, c’était cool » .
Dès dimanche, tous reprendront la compétition et mettront le cap vers Gênes. Une étape qui annonce une sacrée bataille, aussi intense que la précédente. « C’est ce qu’on vient chercher en participant à The Ocean Race Europe, assure Franck Cammas. On veut de la bagarre, du haut niveau et des équipages qui donnent tout ! »
Le classement de l’étape Carthagène-Nice :
1- Biotherm en 2 jours, 16 heures, 12 minutes
2- Team Holcim-PRB en 2 jours, 16 heures, 39 minutes
3- Allangrande Mapei Racing en 2 jours, 17 heures, 32 minutes
4- Paprec Arkéa en 2 jours, 18 heures, 21 minutes
5- Team Malizia en 2 jours, 18 heures, 42 minutes