
Au contact des autres bateaux à Ibiza hier puis le long de Majorque cette nuit, ils espèrent profiter d’un resserrement de la flotte d’ici l’arrivée. Surtout, tous continuent à progresser et à prendre beaucoup de plaisir. Témoignages.
Il s’agit, à coup sûr, de l’une des images fortes de ce début de The Ocean Race Europe. Dimanche dernier à Carthagène, alors que l’ensemble des équipages s’est retrouvé pour une soirée officielle, Team Amaala arrive au port au cœur de la nuit. Spontanément, les autres équipes présentes à la soirée sont descendues sur les pontons afin d’accueillir l’équipage de Alan Roura. Un partage et une effusion de joie qui démontrent la fraternité et la cohésion qui règnent au sein de la flotte.
Des équipages bien en vue depuis le départ
Canada Ocean Racing - Be Water Positive et Team Amaala ont des objectifs légèrement différents de ceux des cinq autres équipes. Il s’agit en effet des deux teams ayant annoncé le plus tardivement leur participation à la course. L’équipe canadienne, constituée sur le tard après avoir récupéré le bateau (l’ex-11th Hour Racing et Groupe Dubreuil) en mai, aspire à aider Scott Shawyer à prendre en main le bateau et à progresser, lui qui rêve de devenir skipper IMOCA. De son côté, le Suisse Alan Roura a reçu le soutien d’Amaala quelques semaines avant le départ de Kiel mais a pu lancer son aventure, lui qui désire mettre le pied à l’étrier à de jeunes skippers helvétiques.
Face à des équipes préparées et rodées, il est forcément difficile de tenir le même tempo. Pourtant, les deux équipages n’ont pas à rougir. À Ouessant lors de la deuxième étape, Canada Ocean Racing - Be Water Positive a un temps occupé la première place. Et depuis le début de cette étape, les deux équipages ont plusieurs fois été dans le sillage des autres IMOCA, à proximité d’Ibiza, puis en longeant l’ouest de Majorque.
« L’ambiance est vraiment géniale »
À bord des deux bateaux, l’état d’esprit est au beau fixe. « L’ambiance est vraiment géniale, à terre comme en mer, expliquait Christopher Pratt depuis Carthagène. On prend beaucoup de plaisir à naviguer ensemble. On apprend à se connaître, à affiner nos rythmes et cela se ressent dans la performance ».
Un constat que l’on partage aussi chez Team Amaala. « On donne tout et on ne lâche rien, explique ce matin Alan Roura (Team Amaala). Le début d’étape a été très intense avec beaucoup de manœuvres, d’empannages mais on s’accroche au match ». Néanmoins, rien n’est facile : le skipper suisse évoque « les conditions croisées pas évidentes » de la Méditerranée, la « chaleur dans l’habitacle » et la difficulté de se reposer.

À la fête à l’arrivée à Nice ?
Aux côtés de Conrad Colman, Alan permet en effet aux jeunes Suisses Rebecca Gmuer et Mathis Bourgnon de faire leur baptême du feu dans une course IMOCA. « Cela se passe vraiment bien, tout est fluide, agréable... Pour une première course, ils sont franchement incroyables ! » Christopher Pratt évoquait la même chose côté canadien : « on rigole aussi beaucoup. Il y a de l’humour, de la bienveillance qui permet de désamorcer les tensions ».
Cela contribue aussi à tenir bon quand le rythme est intense, ce qui est le cas en ce moment. Sur ce long bord entre Majorque et Porquerolles, les deux équipages progressent au près dans « des conditions assez sauvages », explique-t-on chez Canada Ocean Racing - Be Water Positive. Ils comptent bien tenir bon, se rapprocher du peloton et participer à la fête, à Nice, dès leur arrivée.