Malédictions maritimes : ces navires et trésors que la mer n’a jamais laissés en paix

Culture nautique

Depuis que l’homme navigue, la mer s’impose comme un espace de liberté autant que de menace. Elle ouvre des routes, relie les continents, mais engloutit aussi des vies, des navires et parfois toute logique rationnelle. Certaines histoires, plus troublantes que d’autres, ont traversé les siècles en se chargeant d’une dimension presque surnaturelle. Naufrages absurdes, disparitions sans témoins, expéditions brisées ou objets maudits transportés par bateau : ces récits maritimes continuent de nourrir un imaginaire puissant, où la frontière entre faits historiques et légendes demeure volontairement floue.

Depuis que l’homme navigue, la mer s’impose comme un espace de liberté autant que de menace. Elle ouvre des routes, relie les continents, mais engloutit aussi des vies, des navires et parfois toute logique rationnelle. Certaines histoires, plus troublantes que d’autres, ont traversé les siècles en se chargeant d’une dimension presque surnaturelle. Naufrages absurdes, disparitions sans témoins, expéditions brisées ou objets maudits transportés par bateau : ces récits maritimes continuent de nourrir un imaginaire puissant, où la frontière entre faits historiques et légendes demeure volontairement floue.
The Flying Dutchman by Albert Pinkham Ryder c.?1887
The Flying Dutchman by Albert Pinkham Ryder c.?1887© Wikipedia

Le Flying Dutchman, condamné à errer sans fin

Parmi toutes les malédictions liées à la mer, celle du Flying Dutchman occupe une place à part. Dès le XVIIe siècle, des marins affirment avoir aperçu ce navire fantomatique au large du cap de Bonne-Espérance, naviguant à contre-vent, enveloppé d’une lumière étrange. La légende raconte que son capitaine, pris dans une tempête, aurait juré de franchir le cap même si cela devait lui coûter son salut. Ce blasphème lui aurait valu une condamnation éternelle. Au fil du temps, chaque apparition supposée du Flying Dutchman devient synonyme de mauvais présage, renforçant la peur ancestrale des marins face à une mer perçue comme juge et bourreau.


Le Mary Celeste, l’énigme qui défie la raison

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Lorsque le Mary Celeste est découvert en 1872 entre les Açores et Gibraltar, tous les éléments semblent normaux. Le navire est en état de naviguer, la cargaison d’alcool industriel est intacte, les effets personnels de l’équipage sont toujours à bord. Seule absence : les dix personnes qui le faisaient vivre. Aucune trace de lutte, aucun appel de détresse enregistré. Cette disparition collective, sur un navire sain, choque profondément l’opinion publique de l’époque. Très vite, les hypothèses rationnelles laissent place à l’idée d’une malédiction, tant le vide laissé par l’équipage paraît impossible à expliquer.

Le HMS Terror, prisonnier des glaces

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Le HMS Terror participe en 1845 à l’ambitieuse expédition Franklin, dont l’objectif est de découvrir le passage du Nord-Ouest. Coincé dans les glaces arctiques avec son navire jumeau, l’équipage se retrouve coupé du monde pendant des mois, puis des années. Les découvertes archéologiques ultérieures révèlent une lente agonie : scorbut, empoisonnement au plomb provenant des conserves, famine extrême. Cette accumulation de drames transforme l’expédition en symbole d’une mer impitoyable, où l’exploration se heurte brutalement aux limites humaines, nourrissant l’idée d’une mission vouée à l’échec dès son départ.

Le Hope Diamond, la malédiction venue d’outre-mer

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La mer n’a pas seulement transporté des navires maudits, mais aussi des objets chargés de sinistre réputation. Le Hope Diamond, extrait en Inde avant d’être acheminé par bateau vers l’Europe, est associé à une longue série de drames personnels et financiers. Sa couleur bleue exceptionnelle fascine autant qu’elle inquiète. Au fil des traversées maritimes et des changements de propriétaires, la rumeur d’une malédiction se renforce. Chaque naufrage, chaque chute sociale alimente l’idée que ce joyau porte en lui une fatalité qui aurait traversé les océans avec la pierre.

Le Vasa, l’orgueil englouti

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Le Vasa devait incarner la puissance maritime du royaume de Suède. Trop ambitieux, trop chargé en canons, le navire est mis à l’eau malgré des défauts de stabilité connus. Quelques centaines de mètres après son départ, une simple rafale le fait gîter, l’eau s’engouffre et le vaisseau sombre sous les yeux d’une foule médusée. Ce naufrage immédiat devient un symbole durable : celui d’un navire frappé par une forme de malédiction née de la précipitation et de l’orgueil, où la mer sanctionne sans appel les erreurs humaines.

Le Teignmouth Electron, la dérive d’un homme

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En 1968, Donald Crowhurst se lance dans le Golden Globe Race - le premier tour du monde en solitaire par les 3 caps - sans disposer d’un bateau réellement préparé et surtout sans les compétences nécessaires à cette aventure exceptionnelle. Rapidement dépassé, il commence à falsifier ses positions radio, vivant une course imaginaire pendant que les autres navigateurs poursuivent leur route. Isolé en mer, la pression psychologique devient insupportable. Lorsqu’on retrouve le Teignmouth Electron abandonné, les carnets de bord racontent une lente fragmentation mentale. Plus qu’un simple fait divers, cette histoire incarne une malédiction moderne, où la mer agit comme un miroir impitoyable de la fragilité humaine.

Quand la mer nourrit ses propres légendes

Ces récits de malédictions maritimes révèlent un point commun : l’incapacité humaine à tout maîtriser. L’océan, par son immensité et son indifférence, transforme chaque accident en mythe potentiel. Là où les réponses manquent, la légende s’installe. Aujourd’hui encore, ces histoires continuent de fasciner parce qu’elles rappellent que, malgré les progrès techniques, la mer conserve une part d’ombre, propice aux récits les plus sombres et les plus durables.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.