Silence, autonomie, recharge rapide : pourquoi 2026 pourrait être l’année clé du bateau électrique

Bateaux à moteur
Par Mark Bernie

Longtemps cantonné à des usages marginaux, le bateau électrique entre dans une nouvelle phase de maturité. Autonomie plus lisible, recharge plus rapide, batteries mieux adaptées au milieu marin : à l’horizon 2026, certaines unités ne se contentent plus de séduire, elles répondent enfin à des usages réels de plaisanciers. Analyse des évolutions techniques majeures et sélection de cinq modèles qui incarnent ce tournant.

Longtemps cantonné à des usages marginaux, le bateau électrique entre dans une nouvelle phase de maturité. Autonomie plus lisible, recharge plus rapide, batteries mieux adaptées au milieu marin : à l’horizon 2026, certaines unités ne se contentent plus de séduire, elles répondent enfin à des usages réels de plaisanciers. Analyse des évolutions techniques majeures et sélection de cinq modèles qui incarnent ce tournant.
© AdobeStock

L’électrique n’est plus seulement une histoire de petits bateaux de lac ou de navettes expérimentales. En 2026, la plaisance voit émerger une équation bien plus crédible, portée par trois progrès concrets : des batteries mieux adaptées au milieu marin, des vitesses de recharge qui commencent à ressembler à celles de l’automobile, et une attention nouvelle portée à l’efficacité hydrodynamique. Désormais, il ne s’agit plus de placer une batterie dans une coque en espérant que l’ensemble fonctionne, mais bien de concevoir le bateau autour de l’énergie disponible.
Cette évolution ouvre la voie à une nouvelle génération d’unités capables de répondre à des usages concrets : navettes rapides, day-boats capables de tenir une journée complète, unités premium assumées, et même des bateaux de loisir qui s’inspirent directement des solutions issues du transport professionnel.

2026, l’année où l’autonomie devient une question d’architecture

Pendant longtemps, l’électrique en mer s’est heurté à une réalité physique implacable : déplacer une coque sur l’eau consomme énormément d’énergie. Une vitesse élevée, une mer légèrement formée, et l’autonomie s’effondre rapidement. De nombreux constructeurs ont fini par admettre qu’augmenter simplement la taille des batteries n’était pas une solution durable, car le poids supplémentaire annule une grande partie des gains attendus.
Ce qui change aujourd’hui, c’est une approche plus globale. Certains acteurs ont cessé de lutter contre la physique pour repenser complètement la relation entre coque, propulsion et énergie. Les solutions à foils illustrent parfaitement ce virage. En réduisant drastiquement la surface en contact avec l’eau, elles abaissent la consommation à des niveaux jusqu’alors inaccessibles pour des bateaux électriques rapides.
Parallèlement, la recharge devient un enjeu portuaire à part entière. Là où l’électrique imposait autrefois des contraintes lourdes, certains projets intègrent désormais la recharge rapide comme un élément central de l’expérience utilisateur. La question n’est plus seulement de savoir si le bateau navigue, mais s’il s’intègre dans une journée de plaisance réaliste, sans planification complexe.
Enfin, la technologie des batteries évolue elle aussi dans le bon sens. Dans le nautisme, la densité énergétique n’est qu’un paramètre parmi d’autres. La sécurité, la durabilité et la résistance aux contraintes marines sont devenues prioritaires, poussant certains fabricants à privilégier des chimies plus robustes et des architectures spécifiquement pensées pour la mer.
Ces trois évolutions, efficacité hydrodynamique, recharge plus rapide et batteries mieux adaptées, dessinent une plaisance électrique plus crédible à l’horizon 2026. Elles se retrouvent très clairement dans les cinq modèles suivants.

Candela C 8, l’efficacité avant tout


La Candela C 8 incarne une approche radicale. Plutôt que de chercher l’autonomie dans la capacité brute de la batterie, le constructeur a misé sur la réduction de la traînée. Le résultat est un day-boat capable d’atteindre des autonomies inhabituelles pour un bateau électrique rapide, avec une consommation qui reste maîtrisée même à des vitesses soutenues.
Pour le plaisancier, l’intérêt dépasse le simple chiffre d’autonomie. L’usage devient plus lisible : navigation rapide, silence, confort, et retour au port sans transformer la sortie en exercice de gestion énergétique. C’est cette cohérence globale qui explique l’intérêt croissant pour ce type de solutions.

Frauscher x Porsche 850 Fantom, quand la recharge devient un vrai argument


Cette collaboration marque un tournant symbolique. Ici, l’électrique n’est pas présenté comme une alternative raisonnable, mais comme une expérience haut de gamme assumée. L’architecture électrique et la chaîne de traction héritées de l’automobile permettent d’envisager des recharges très rapides, à condition que les infrastructures suivent.
Ce modèle mérite une attention particulière en 2026, car il pose une question centrale : lorsque la recharge devient rapide et fiable, combien de plaisanciers sont prêts à franchir le pas sans avoir le sentiment de renoncer à leur liberté de navigation ?

X Shore 1, l’électrique du quotidien


Moins spectaculaire mais tout aussi révélatrice, le X Shore 1 illustre la banalisation progressive du bateau électrique. Autonomie cohérente, performances suffisantes pour une journée de navigation, recharge réaliste dans de nombreux ports : ce type d’unité correspond à un usage très concret, celui de la plaisance régulière.
C’est souvent par ces bateaux accessibles et polyvalents que l’électrique s’installe durablement dans les habitudes, notamment en location ou en navigation côtière.


Arc Sport, la puissance électrique assumée


L’électrique ne se limite pas à la sobriété. Sur des programmes sportifs, le couple immédiat, la progressivité et le silence offrent des sensations nouvelles. Avec des puissances élevées et des batteries de grande capacité, certains modèles visent clairement les amateurs de performances et de sports nautiques.
Ces bateaux jouent un rôle clé dans l’écosystème, car ils poussent l’ensemble de la filière à progresser sur des sujets cruciaux comme la gestion thermique, la sécurité et la recharge à forte puissance.

Navier, le lien entre plaisance et mobilité maritime

Navier incarne une autre vision de l’électrique, à la frontière entre la plaisance et le transport maritime léger. En misant sur l’hydrofoil, le constructeur parvient à combiner vitesse, autonomie et efficacité, ouvrant la voie à des usages hybrides entre loisir et déplacement.
L’intérêt de ces projets réside aussi dans leur logique industrielle. Ils ne se limitent pas à un modèle isolé, mais s’inscrivent dans une véritable stratégie de gamme, signe d’une volonté de s’inscrire durablement dans le paysage nautique.

Ce qu’il faut vraiment retenir pour imaginer la vraie révolution électrique en mer

En 2026, la question n’est plus de savoir si le bateau électrique fonctionne, mais dans quels usages il devient réellement pertinent. La vitesse, le programme de navigation, la disponibilité de la recharge et le coût global d’exploitation restent déterminants.
Pour les plaisanciers, comme pour les professionnels, l’électrique commence à faire sens là où le bateau navigue régulièrement, où la recharge est accessible, et où le silence et la simplicité d’exploitation deviennent de vrais avantages. Les modèles à suivre en 2026 ne sont pas seulement des vitrines technologiques, ils sont les premiers à rapprocher l’électrique de la réalité quotidienne de la navigation.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.