
Les besoins à bord
La majorité des appareils portables fonctionnant sur batteries (VHF, GPS, appareil photos, smartphone, etc...) sont fournis avec des chargeurs 230 volts. Pour pouvoir les recharger à bord en navigation, il faut au minimum disposer d’un convertisseur qui transforme le 12 volts continu des batteries en 230 volts alternatif. Pour les appareils ayant une consommation importante (climatisation, chauffage, chargeur de batteries, etc...), seul un groupe électrogène peut fournir un courant suffisant pour les alimenter. Convertisseurs et groupes feront l’objet d’un prochain article. Lorsque l’on est en escale dans un port, il est important de pouvoir disposer du 230 volts, ne serait-ce que pour recharger les batteries, disposer d’un chauffage d’appoint, utiliser de l’outillage électrique, etc.

Le circuit 230 volts du bord
La plupart des bateaux de la nouvelle génération, proposés par les chantiers, dispose d’un circuit 230 volts. Pour des questions d’homologation, cette installation doit répondre aux normes en vigueur tant sur le plan du matériel utilisé pour sa réalisation que sur celui de la sécurité. Bon nombre de plaisanciers modifie ou complète ce circuit sans tenir compte des normes. Il en est de même sur les bateaux ne disposant pas de circuit 230 volts. Dans ce dernier cas, on trouve bien souvent des installations faisant appel à des composants non conformes susceptibles d’entraîner de graves problèmes qui peuvent aller de l’incendie à l’électrocution. Une installation électrique n’est pas complexe, mais, pour la sécurité, elle doit être réalisée en respectant un certain nombre de points et en utilisant des matériaux conformes. Si vous envisagez de faire ou de refaire votre circuit électrique (230 volts et chargeur), vous pouvez opter pour une unité d’énergie telle que celles proposées par CRISTEC. Elle intègre, dans un coffret unique, les fonctions de protection et de distribution du courant alternatif et un chargeur de batteries automatique. L’ensemble répond aux normes européennes en vigueur et permet d’optimiser l’encombrement et le temps de montage. La protection utilisateur se compose d’un disjoncteur principal bipolaire différentiel 30mA (2 pôles coupés) et les départs sont protégés par 2 à 6 disjoncteurs magnéto-thermiques. La fonction chargeur de batteries est assurée par un modèle de dernière génération Ypower.

Ce que doit comporter un circuit
Le circuit électrique 230 volts est un tout. De la borne de quai aux appareils en passant par le tableau de distribution, tout doit être conforme. La majorité des ports sont équipés avec des bornes possédant des prises femelles (CEE17) tripolaires permettant suivant les ports de disposer d’un courant de 16 à 32 ampères voire moins (5 à 10 ampères) dans certains ports. Rappelons que pour obtenir la puissance disponible en watts, il faut multiplier le courant par la tension. Par exemple, pour une prise 16 ampères (16 x 230) 3680 watts maximum. Les prises des bornes de quai sont protégées individuellement par des disjoncteurs et, bien souvent, ont un disjoncteur général. Le câble qui relie la borne au bateau doit être tripolaire (3 fils), souple et résistant tout en étant étanche et insensible à l’eau de mer et aux rayonnement U.V. Pour des raisons mécaniques, ce câble doit avoir un diamètre de 2.5 mm2, en aucun cas, on doit utiliser un câble dédié à un usage domestique. Il existe dans le commerce des rallonges spécifiques. La prise mâle coté borne doit être conforme (CEE) généralement de couleur bleu. La prise femelle, dite prise de quai, est fixée à demeure sur le bateau (intérieur ou extérieur). Elle doit être étanche, disposer d’un couvercle à ressort ou à vis et avoir un système de verrouillage pour éviter la déconnexion accidentelle. Cette prise est reliée au tableau de distribution 230 volts installé à l’intérieur du bateau. De ce tableau, partent des lignes vers les prises de distribution. Pour des raisons de sécurité, le tableau de distribution doit comporter un disjoncteur différentiel (30 mA). Ce type de disjoncteur qui se place sur le tableau électrique à l’arrivée du 230 volts a deux fonctions : protéger les circuits mais aussi les personnes contre le risque d’électrocution. Il est toujours donné avec deux valeurs : le courant maximum qu’il peut supporter, par exemple, 16 ampères et sa sensibilité, par exemple, 30 mA. Ce courant correspond à la norme N-FC 15-100. Une différence d’intensité de plus de 30 mA dans un circuit représente un danger pour les personnes. Après le différentiel, on trouve les disjoncteurs de protection des circuits. Ils agissent en coupant instantanément le courant de la ligne qu’il protège s’il y a un défaut : consommation, surcharge, court-circuit, etc. L’idéal est que chaque ligne soit protégée par un disjoncteur : prises, chauffe-eau, chargeur, chauffage, etc. Cela permet de repérer rapidement la ligne en défaut.

L’utilisation des bornes de quai
Il n’y a pas de normes sur l’utilisation. Certains ports limitent cette dernière à 24 heures. Dans ce cas, au bout de ce délai, il faut réenclencher manuellement la borne. D’autres disposent d’un compteur par prise, permettant, avec une carte, d’activer le courant et de ne payer que ce que l’on consomme ou encore lorsque l’on est de passage, on règle un forfait à la journée. Pour des raisons de sécurité, on peut vous demander de ne pas mettre le 230 volts lorsque vous n’êtes pas à bord. Si vous laissez votre bateau sous tension, les agents du port peuvent le débrancher. Cette close est indiquée dans le règlement.
Le 230 volts et la corrosion
Pour éviter que des courants continus basse tension pénètrent dans le bateau via le fil de terre de l’alimentation à quai, il est conseillé d’utiliser un isolateur galvanique. Ce dernier évite la corrosion galvanique (hélice, arbre, vannes, etc.). L’isolateur galvanique est constitué de deux diodes montées en antiparallèle. Il est connecté entre la prise de terre du quai et le point de terre central du bateau. Les avantages de l’isolateur galvanique sont : son faible poids, sa taille réduite et son prix, comptez entre 100 et 200 euros suivant la puissance. Une autre solution est d’utiliser un transformateur d’isolement qui a pour fonction d’assurer une isolation galvanique entre le réseau d’alimentation du bateau et le quai. Cette séparation évite la circulation de courant de terre entre les lignes d’alimentation et de distribution, source de corrosion sur les parties métalliques du navire en contact avec l’eau de mer (phénomène similaire à l’électrolyse). Cette fonction d’isolement est constituée d’un transformateur torique à double enroulement primaire et secondaire.

Risques d’incendies
Bon nombre d’incendies à bord des bateaux proviennent des circuits électriques 12 volts et 230 volts. Il est conseillé de faire appel à un professionnel non seulement pour l’installation mais également pour son entretien. Si vous utilisez un chauffage d’appoint électrique, il est impératif de prendre un modèle conçu pour travailler dans un milieu humide, par exemple, spécial salle de bain ou un radiateur à bain d’huile (puissance de 500 à 1500 watts). Un modèle 500 watts consomme 2.1 ampères. Pour le compartiment moteur, le chauffage tubulaire est très efficace contre le gel et la condensation. Sa faible consommation (45 ou 80 watts) permet de le laisser branché sans risque.
Bon à savoir
Pour le prolongateur borne de quai/bateau, utiliser un câble conçu pour cette utilisation avec prises moulées étanches.
La prise d’entrée 230 volts doit être étanche et équipée d’un capuchon.
Un disjoncteur différentiel de 30 mA doit être installé à l’entrée du 230 volts sur le bateau.
Brancher en premier le prolongateur à la prise du bateau, ensuite à la borne de quai. Pour débrancher faire l’inverse, d’abord la borne puis le bateau.
Toutes les lignes de distribution à bord doivent être protégées par un disjoncteur.
Et avant de partir en mer, ayez les bons réflexes en consultant la météo sur METEO CONSULT Marine et en téléchargeant l'application mobile gratuite Bloc Marine.
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