Électricité à bord : comprendre l’accès au 230 volts dans les ports de plaisance

Equipements

A terre, on dispose du 230 volts, à bord d’un bateau, ce n’est possible que dans les marinas équipées de bornes électriques et, en navigation, on doit être équipé d’un groupe électrogène ou d’un convertisseur 12/230 volts. Dans cet article, nous allons voir les moyens mis à disposition dans les ports pour obtenir du 230 volts en toute sécurité.

A terre, on dispose du 230 volts, à bord d’un bateau, ce n’est possible que dans les marinas équipées de bornes électriques et, en navigation, on doit être équipé d’un groupe électrogène ou d’un convertisseur 12/230 volts. Dans cet article, nous allons voir les moyens mis à disposition dans les ports pour obtenir du 230 volts en toute sécurité.
© Albert Brel

Les besoins à bord

La majorité des appareils portables fonctionnant sur batteries (VHF, GPS, appareil photos, smartphone, etc...) sont fournis avec des chargeurs 230 volts. Pour pouvoir les recharger à bord en navigation, il faut au minimum disposer d’un convertisseur qui transforme le 12 volts continu des batteries en 230 volts alternatif. Pour les appareils ayant une consommation importante (climatisation, chauffage, chargeur de batteries, etc...), seul un groupe électrogène peut fournir un courant suffisant pour les alimenter. Convertisseurs et groupes feront l’objet d’un prochain article. Lorsque l’on est en escale dans un port, il est important de pouvoir disposer du 230 volts, ne serait-ce que pour recharger les batteries, disposer d’un chauffage d’appoint, utiliser de l’outillage électrique, etc.

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Le circuit 230 volts du bord

La plupart des bateaux de la nouvelle génération, proposés par les chantiers, dispose d’un circuit 230 volts. Pour des questions d’homologation, cette installation doit répondre aux normes en vigueur tant sur le plan du matériel utilisé pour sa réalisation que sur celui de la sécurité. Bon nombre de plaisanciers modifie ou complète ce circuit sans tenir compte des normes. Il en est de même sur les bateaux ne disposant pas de circuit 230 volts. Dans ce dernier cas, on trouve bien souvent des installations faisant appel à des composants non conformes susceptibles d’entraîner de graves problèmes qui peuvent aller de l’incendie à l’électrocution. Une installation électrique n’est pas complexe, mais, pour la sécurité, elle doit être réalisée en respectant un certain nombre de points et en utilisant des matériaux conformes. Si vous envisagez de faire ou de refaire votre circuit électrique (230 volts et chargeur), vous pouvez opter pour une unité d’énergie telle que celles proposées par CRISTEC. Elle intègre, dans un coffret unique, les fonctions de protection et de distribution du courant alternatif et un chargeur de batteries automatique. L’ensemble répond aux normes européennes en vigueur et permet d’optimiser l’encombrement et le temps de montage. La protection utilisateur se compose d’un disjoncteur principal bipolaire différentiel 30mA (2 pôles coupés) et les départs sont protégés par 2 à 6 disjoncteurs magnéto-thermiques. La fonction chargeur de batteries est assurée par un modèle de dernière génération Ypower.

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Ce que doit comporter un circuit

Le circuit électrique 230 volts est un tout. De la borne de quai aux appareils en passant par le tableau de distribution, tout doit être conforme. La majorité des ports sont équipés avec des bornes possédant des prises femelles (CEE17) tripolaires permettant suivant les ports de disposer d’un courant de 16 à 32 ampères voire moins (5 à 10 ampères) dans certains ports. Rappelons que pour obtenir la puissance disponible en watts, il faut multiplier le courant par la tension. Par exemple, pour une prise 16 ampères (16 x 230) 3680 watts maximum. Les prises des bornes de quai sont protégées individuellement par des disjoncteurs et, bien souvent, ont un disjoncteur général. Le câble qui relie la borne au bateau doit être tripolaire (3 fils), souple et résistant tout en étant étanche et insensible à l’eau de mer et aux rayonnement U.V. Pour des raisons mécaniques, ce câble doit avoir un diamètre de 2.5 mm2, en aucun cas, on doit utiliser un câble dédié à un usage domestique. Il existe dans le commerce des rallonges spécifiques. La prise mâle coté borne doit être conforme (CEE) généralement de couleur bleu. La prise femelle, dite prise de quai, est fixée à demeure sur le bateau (intérieur ou extérieur). Elle doit être étanche, disposer d’un couvercle à ressort ou à vis et avoir un système de verrouillage pour éviter la déconnexion accidentelle. Cette prise est reliée au tableau de distribution 230 volts installé à l’intérieur du bateau. De ce tableau, partent des lignes vers les prises de distribution. Pour des raisons de sécurité, le tableau de distribution doit comporter un disjoncteur différentiel (30 mA). Ce type de disjoncteur qui se place sur le tableau électrique à l’arrivée du 230 volts a deux fonctions : protéger les circuits mais aussi les personnes contre le risque d’électrocution. Il est toujours donné avec deux valeurs : le courant maximum qu’il peut supporter, par exemple, 16 ampères et sa sensibilité, par exemple, 30 mA. Ce courant correspond à la norme N-FC 15-100. Une différence d’intensité de plus de 30 mA dans un circuit représente un danger pour les personnes. Après le différentiel, on trouve les disjoncteurs de protection des circuits. Ils agissent en coupant instantanément le courant de la ligne qu’il protège s’il y a un défaut : consommation, surcharge, court-circuit, etc. L’idéal est que chaque ligne soit protégée par un disjoncteur : prises, chauffe-eau, chargeur, chauffage, etc. Cela permet de repérer rapidement la ligne en défaut.

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L’utilisation des bornes de quai

Il n’y a pas de normes sur l’utilisation. Certains ports limitent cette dernière à 24 heures. Dans ce cas, au bout de ce délai, il faut réenclencher manuellement la borne. D’autres disposent d’un compteur par prise, permettant, avec une carte, d’activer le courant et de ne payer que ce que l’on consomme ou encore lorsque l’on est de passage, on règle un forfait à la journée. Pour des raisons de sécurité, on peut vous demander de ne pas mettre le 230 volts lorsque vous n’êtes pas à bord. Si vous laissez votre bateau sous tension, les agents du port peuvent le débrancher. Cette close est indiquée dans le règlement.


Le 230 volts et la corrosion

Pour éviter que des courants continus basse tension pénètrent dans le bateau via le fil de terre de l’alimentation à quai, il est conseillé d’utiliser un isolateur galvanique. Ce dernier évite la corrosion galvanique (hélice, arbre, vannes, etc.). L’isolateur galvanique est constitué de deux diodes montées en antiparallèle. Il est connecté entre la prise de terre du quai et le point de terre central du bateau. Les avantages de l’isolateur galvanique sont : son faible poids, sa taille réduite et son prix, comptez entre 100 et 200 euros suivant la puissance. Une autre solution est d’utiliser un transformateur d’isolement qui a pour fonction d’assurer une isolation galvanique entre le réseau d’alimentation du bateau et le quai. Cette séparation évite la circulation de courant de terre entre les lignes d’alimentation et de distribution, source de corrosion sur les parties métalliques du navire en contact avec l’eau de mer (phénomène similaire à l’électrolyse). Cette fonction d’isolement est constituée d’un transformateur torique à double enroulement primaire et secondaire.

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Risques d’incendies

Bon nombre d’incendies à bord des bateaux proviennent des circuits électriques 12 volts et 230 volts. Il est conseillé de faire appel à un professionnel non seulement pour l’installation mais également pour son entretien. Si vous utilisez un chauffage d’appoint électrique, il est impératif de prendre un modèle conçu pour travailler dans un milieu humide, par exemple, spécial salle de bain ou un radiateur à bain d’huile (puissance de 500 à 1500 watts). Un modèle 500 watts consomme 2.1 ampères. Pour le compartiment moteur, le chauffage tubulaire est très efficace contre le gel et la condensation. Sa faible consommation (45 ou 80 watts) permet de le laisser branché sans risque.


Bon à savoir

Pour le prolongateur borne de quai/bateau, utiliser un câble conçu pour cette utilisation avec prises moulées étanches.
La prise d’entrée 230 volts doit être étanche et équipée d’un capuchon.
Un disjoncteur différentiel de 30 mA doit être installé à l’entrée du 230 volts sur le bateau.
Brancher en premier le prolongateur à la prise du bateau, ensuite à la borne de quai. Pour débrancher faire l’inverse, d’abord la borne puis le bateau.
Toutes les lignes de distribution à bord doivent être protégées par un disjoncteur.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.