Entre liberté et responsabilité : plonger en bouteille depuis son bateau à l’heure du renforcement des règles

Plongée
Par Le Figaro Nautisme

Plonger en bouteille directement depuis son bateau offre une liberté incomparable, mais cette pratique ne s’improvise pas. Entre cadre réglementaire précis, exigences de sécurité et organisation à bord, voici tout ce qu’il faut savoir pour explorer les fonds marins en respectant la loi et en protégeant son équipage.

Plonger en bouteille directement depuis son bateau offre une liberté incomparable, mais cette pratique ne s’improvise pas. Entre cadre réglementaire précis, exigences de sécurité et organisation à bord, voici tout ce qu’il faut savoir pour explorer les fonds marins en respectant la loi et en protégeant son équipage.
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Plonger depuis son propre bateau, ou un bateau loué pour la journée, change radicalement l’expérience sous-marine. Pas de contrainte d’horaire imposée par un club, accès direct à des sites moins fréquentés, possibilité de choisir sa fenêtre météo idéale. Mais cette liberté implique aussi une responsabilité totale. En mer, l’improvisation n’a pas sa place.

Ce que dit la réglementation française

En France, la plongée subaquatique est encadrée par le Code du sport dès lors qu’elle est pratiquée dans un cadre organisé. En revanche, lorsqu’il s’agit d’une plongée dite « hors structure » entre particuliers, la réglementation est plus souple… mais pas inexistante.
Chaque plongeur doit être titulaire d’un niveau correspondant à la profondeur envisagée. Les niveaux délivrés par la Fédération Française d'Études et de Sports Sous-Marins (FFESSM) ou par d’autres organismes reconnus comme PADI ou SSI sont acceptés. En cas d’accident, l’absence de qualification adaptée peut engager la responsabilité des participants. Le pavillon alpha, bleu et blanc, est obligatoire pour signaler une plongée en cours. Il doit être visible depuis l’embarcation. Les autres navires ont l’obligation de s’écarter à une distance de sécurité. La zone autour du pavillon doit rester dégagée. Dans certaines zones, notamment les réserves naturelles ou les aires marines protégées, des restrictions supplémentaires s’appliquent. Il peut s’agir d’interdictions d’ancrage, de quotas de plongeurs ou d’autorisations préalables.

Préparer la plongée : rigueur et anticipation

Plonger depuis son bateau signifie gérer soi-même l’organisation complète. Cela commence par le choix du site. La consultation des cartes marines, la connaissance des fonds, des courants et des éventuels trafics maritimes sont indispensables. La météo et l’état de la mer doivent être analysés avec précision. Une mer formée complique considérablement la mise à l’eau et la remontée à bord, surtout avec un équipement complet. À bord, l’espace doit être optimisé. Les blocs doivent être solidement calés pour éviter tout mouvement. Les détendeurs, gilets stabilisateurs et instruments doivent être contrôlés avant le départ. La règle reste la même qu’en club : jamais de plongée seul. La palanquée est un principe fondamental. Il est également indispensable de prévoir à bord une trousse de premiers secours adaptée et de connaître la position du centre hyperbare le plus proche. En Méditerranée comme sur la façade atlantique, les CROSS assurent la coordination des secours en mer en cas d’urgence.

Sécurité : la gestion du risque ne se délègue pas

Depuis un bateau privé, il n’y a pas de directeur de plongée pour superviser l’opération. La responsabilité est collective. Cela implique une planification claire : profondeur maximale, temps d’immersion, paliers éventuels, réserve d’air minimale. L’usage d’un ordinateur de plongée personnel est aujourd’hui incontournable. Il permet de gérer précisément les profils d’immersion et d’éviter les accidents de décompression. Les tables traditionnelles restent une référence théorique, mais ne remplacent plus les instruments modernes. La remontée à bord mérite une attention particulière. Une échelle adaptée, une plateforme arrière dégagée et un équipier resté à bord pour assister les plongeurs sont des éléments essentiels. La fatigue après immersion augmente le risque de chute. Enfin, le respect d’un intervalle de sécurité avant toute navigation rapide ou retour au port est recommandé, notamment si une seconde plongée est prévue dans la journée.

Bonnes pratiques environnementales

Plonger depuis son bateau implique également une responsabilité écologique. L’ancrage doit être réalisé avec prudence pour éviter d’endommager les herbiers de posidonie en Méditerranée ou les fonds sensibles ailleurs. Dans certaines zones, des bouées de mouillage écologiques sont mises à disposition pour éviter l’impact des ancres. Le contact avec la faune et la flore doit rester minimal. Observer sans toucher reste la règle d’or. Le prélèvement d’espèces, même à des fins personnelles, est strictement réglementé et souvent interdit dans les zones protégées.

Liberté et discipline, un équilibre indispensable

La plongée bouteille depuis son bateau représente l’une des formes les plus abouties d’autonomie en mer. Elle offre un accès privilégié à des sites préservés et permet de vivre la plongée à son rythme. Mais cette liberté exige méthode, rigueur et respect des règles. En mer, la sécurité repose avant tout sur la préparation et le bon sens. La plongée n’est jamais un acte anodin, surtout lorsqu’elle se pratique hors structure.

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L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.