
Une première historique à 13 équipes
Pour la première fois dans l’histoire de SailGP, 13 équipes internationales se présentaient sur la ligne de départ. Sur le Waitematā Harbor, l’un des plans d’eau les plus exigeants du calendrier, les F50 étaient armés de leur aile rigide de 18 m et de leurs foils en titane, prêts à dépasser les 80 km/h dans des rafales atteignant 35 km/h.
Mais le terrain de jeu s’est révélé particulièrement piégeux. Les variations brutales de vent, amplifiées par le Race Stadium spécialement installé pour l’événement, ont rendu la lecture du plan d’eau extrêmement complexe. Rafales soudaines, zones molles imprévisibles, couloirs étroits : la moindre erreur pouvait coûter cher.
La collision qui a tout arrêté
L’accident s’est produit au début de la 3e manche en flotte. À haute vitesse, le F50 néo-zélandais semble avoir perdu le contrôle, déviant brusquement devant l’équipage français. Le catamaran des Black Foils s’est alors effondré, tandis que le bateau tricolore est venu percuter et chevaucher la coque néo-zélandaise. Deux athlètes ont été transportés à l’hôpital dans un état stable pour y être soignés. Les autres membres d’équipage ont été déclarés indemnes.
Le pilote français Quentin Delapierre a réagi avec sobriété : « Je pense que les deux équipes vont bien. J’ai une pensée pour l’équipe néo-zélandaise et pour mes coéquipiers. C’était dur pour tout le monde. » Encore sous le choc, il a reconnu ne pas être en mesure d’analyser l’incident, survenu « en une fraction de seconde ». L’enquête est en cours. Les deux équipes sont d’ores et déjà forfait pour la suite de l’événement, leurs F50 étant gravement endommagés.
Des conditions extrêmes et un début de saison sous tension
Avant l’accident, la compétition avait déjà donné le ton d’une saison 2026 intense. Les Australiens des Bonds Flying Roos, menés par Tom Slingsby, ont remporté la première manche, confirmant leur solidité à Auckland.
Les Black Foils de Peter Burling avaient eux aussi démarré fort, avec une 3e place puis une victoire en manche 2, portés par un public acquis à leur cause. « Le parcours était vraiment délicat », a expliqué Slingsby. « Le vent ne laissait pas beaucoup d’espace. On recevait des rafales soudaines avant des zones très molles. Il fallait surtout éviter les ennuis. » Même les champions en titre d’Emirates GBR ont souffert. L’équipage britannique a terminé 11e de la première manche avant de rebondir avec une 2e place dans la suivante. Dylan Fletcher a résumé la situation avec humour : « C’était instable, imprévisible… un peu comme Mario Kart. »
Plusieurs équipes ont également rencontré des problèmes techniques. Northstar SailGP a notamment subi une casse sur un contrôleur d’aile, compromettant lourdement sa performance.
Un classement chamboulé avant le “Championship Sunday”
Après deux manches seulement, la France et l’Australie se retrouvent en tête du classement provisoire avec 17 points chacune, devant l’Espagne à 12 points. Ironie cruelle : leader à égalité, l’équipe française ne pourra défendre ses chances lors de la journée décisive. Le Championship Sunday est prévu le 15 février à 11 h 30 (NZT), mais l’ambiance ne sera plus tout à fait la même. Le SailGP 2026 démarre sur une note spectaculaire et brutale, rappelant que derrière la technologie futuriste et les vitesses extrêmes, la voile reste un sport où chaque décision compte… et où le risque fait partie de l’équation.
Auckland devait célébrer la plus grande flotte jamais réunie dans l’histoire du circuit. Elle restera finalement dans les mémoires comme le théâtre d’un choc aussi impressionnant que déterminant pour le reste de la saison.
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