
Troisième édition, cap confirmé. En quelques années, la Cap-Martinique a trouvé sa place dans le paysage des courses au large. Ni course professionnelle, ni simple défi personnel, elle occupe un espace singulier : celui d’une grande traversée océanique accessible à des marins amateurs aguerris, prêts à se confronter à l’Atlantique dans un cadre réglementé et sécurisé.
Une transat amateur qui assume son ambition
Créée à la demande de navigateurs désireux de vivre une véritable transat en course, la Cap-Martinique est organisée tous les 2 ans par Thibaut Derville et Jean-Philippe Cau. Elle est ouverte aux monocoques IRC de 9 à 12 mètres et peut se courir en solo ou en duo. Aucun arrêt, aucune assistance extérieure : l’épreuve se veut authentique et engagée. La flotte, limitée à environ 50 bateaux, réunit des profils variés. Certains viennent de la régate, d’autres de la croisière sportive, d’autres encore portent un projet familial ou intergénérationnel. Tous partagent la même ligne d’horizon : relier la Bretagne à la Martinique en course, dans un esprit de dépassement personnel.
Un parcours long et impitoyable
Le départ sera donné depuis La Trinité-sur-Mer, haut lieu de la course au large en Bretagne Sud. Après la traversée du golfe de Gascogne, souvent stratégique et parfois musclée, les skippers mettront cap au sud pour aller chercher les alizés. Objectif : Fort-de-France et la marina de l’Étang Z’Abricots, port d’arrivée officiel. Avec près de 3 800 milles nautiques au compteur, la course exige endurance, lucidité et capacité d’adaptation permanente. Selon Thibaut Derville, la Cap-Martinique est unanimement considérée par ses participants comme la plus dure des courses amateurs : un parcours long, exigeant, où la concurrence reste relevée. Les premiers bateaux sont attendus autour du 8 mai 2026, en fonction des conditions météorologiques. Au-delà de l’Atlantique, la Cap-Martinique s’inscrit pleinement dans ses ports d’accueil. Au départ comme à l’arrivée, des villages d’animation permettront au public de rencontrer les skippers, les partenaires et les associations représentées. Animations, stands et moments festifs rythmeront ces temps forts.
En Martinique, l’arrivée à l’Étang Z’Abricots marque une progression importante pour l’événement. Située à environ 15 minutes de Fort-de-France, cette marina offre des infrastructures adaptées à l’accueil d’une flotte transatlantique. Le territoire d’arrivée, classé Réserve de biosphère UNESCO, renforce également la dimension environnementale et pédagogique de la course.
La solidarité inscrite dans le règlement
La singularité majeure de la Cap-Martinique réside dans son engagement solidaire. Chaque bateau doit représenter une association. Pour 2026, près de 50 structures seront ainsi mises en lumière dans des domaines variés : santé, inclusion, environnement ou causes locales. Parmi elles, Chemin d’Écoles sera portée par Alexandre Delemazure et Laurent Pruvost. L’association intervient à Tourcoing pour offrir un soutien scolaire aux enfants défavorisés. Pour ces skippers, l’éducation constitue un levier essentiel d’amélioration sociale. La course devient alors un vecteur de visibilité et d’engagement. Cette obligation réglementaire transforme chaque projet sportif en projet solidaire, donnant à la transat une portée qui dépasse la seule performance maritime.
L’organisation adopte une approche concrète en matière d’impact environnemental. Les Instructions de Course interdisent notamment l’embarquement de bouteilles d’eau en plastique, au profit de solutions réutilisables ou de systèmes embarqués. À terre, des dispositifs de gestion des déchets, de récupération des huiles et de sensibilisation du public sont mis en place dans les ports et villages. L’objectif est clair : encadrer l’événement sans tomber dans l’affichage, en intégrant des règles pragmatiques et contrôlables.
Cap sur avril 2026
Avec cette 3ᵉ édition, la Cap-Martinique confirme son identité : une grande traversée transatlantique, exigeante, engagée et résolument humaine. Entre La Trinité-sur-Mer et Fort-de-France, ce sont près de 3 800 milles de stratégie, d’endurance et de solidarité qui attendent les 50 équipages. Une course à taille humaine, mais à dimension océanique, qui poursuit son développement sans renier son esprit d’origine.
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