Flaps, intercepteurs, gyro ou ailerons : ce qu’il faut vraiment installer sur votre bateau

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Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Votre bateau lève trop le nez, penche dans le vent, roule au mouillage ou devient inconfortable dans le clapot ? Derrière ces symptômes se cachent des phénomènes très différents. Trim moteur, flaps, intercepteurs automatiques, gyro et stabilisateurs à ailerons n’agissent ni sur les mêmes mouvements ni dans les mêmes conditions. Avant de dépenser quelques milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros, mieux vaut bien comprendre ce que l’on cherche à corriger.

Avant de stabiliser, il faut poser le bon diagnostic

Votre vedette mesure une douzaine de mètres : il est temps de quitter le port et, au moment où vous quittez le port vous accélérez et prenez votre régime de croisière. Seulement voilà : vous trouvez que votre bateau lève trop le nez, un de vos passager se plaint des mouvements et quelqu’un finit par prononcer la phrase devenue presque incontournable : « pourquoi tu n’installes pas un gyro ? ». L’idée peut se défendre… ou pas !

Si le problème est une assiette trop cabrée à 22 nœuds, installer plusieurs centaines de kilos de stabilisateur gyroscopique pour plusieurs dizaines de milliers d’euros ne répondra pas forcément au vrai problème. Le gyro lutte essentiellement contre le roulis. Il ne remplace pas un système destiné à régler l’assiette longitudinale du bateau. C’est toute la difficulté du sujet. Sous le mot générique de « stabilisation » se cachent des technologies qui ne font pas le même travail. Certaines corrigent l’assiette. D’autres combattent le roulis. Certaines ont besoin de vitesse pour fonctionner. D’autres trouvent au contraire tout leur intérêt lorsque le bateau est arrêté. Avant de choisir un équipement, il faut donc commencer par identifier précisément ce qui gêne à bord.

 

Roulis, tangage et assiette : trois problèmes bien différents

Un bateau peut bouger autour de plusieurs axes. Pour le plaisancier, deux mouvements sont particulièrement perceptibles : le roulis, lorsque le bateau balance alternativement sur bâbord et tribord, et le tangage, lorsque l’étrave monte et descend. L’assiette est encore autre chose : elle désigne l’inclinaison générale du bateau. Une vedette qui navigue en permanence avec l’étrave trop haute présente un problème d’assiette, même si elle tangue peu. Une mauvaise répartition des masses peut également provoquer une gîte permanente, par exemple lorsque les passagers, les batteries, l’annexe ou les réservoirs chargent trop un côté. Il faut enfin distinguer les mouvements lents des mouvements rapides. Corriger une vedette qui navigue constamment avec trois degrés de trop sur l’arrière n’a rien à voir avec contrer le roulis brutal d’une mer de travers… Cette distinction permet déjà d’éviter beaucoup de mauvais choix.

 

Le trim moteur : le premier réglage à exploiter

Sur de nombreux bateaux rapides équipés de hors-bord ou d’embases, le premier outil de correction existe déjà : le trim du moteur. En modifiant l’angle de poussée de l’hélice par rapport à la coque, il agit directement sur l’assiette longitudinale. Au démarrage, rentrer le trim aide généralement à maintenir l’étrave basse et à atteindre plus facilement le déjaugeage. Une fois le bateau lancé, relever progressivement le moteur permet de libérer davantage la carène, de diminuer la surface mouillée et, jusqu’à un certain point, d’améliorer les performances et parfois la consommation. Le trim est donc le premier réglage à maîtriser avant d’ajouter quoi que ce soit. Mais sa limite est évidente. Il agit essentiellement dans l’axe longitudinal. Si plusieurs personnes s’installent sur bâbord et que le bateau prend de la gîte, le trim moteur ne pourra pratiquement rien faire. Même chose au mouillage : il ne luttera pas contre le roulis provoqué par la houle ou le sillage d’un autre bateau.

 

Les flaps : simples, efficaces et toujours pertinents

Deux plaques articulées placées sous le tableau arrière : le principe paraît presque rudimentaire. Pourtant, les flaps restent l’un des équipements offrant le meilleur rapport entre coût et amélioration du comportement sur une vedette planante. Lorsque les deux plaques descendent, l’écoulement de l’eau crée une portance à l’arrière. La poupe monte et l’étrave descend. En agissant différemment à bâbord et tribord, il est également possible de corriger une gîte liée au vent ou à une mauvaise répartition des passagers. Sur une vedette qui peine à déjauger, navigue trop cabrée ou tape dans une mer courte, quelques degrés de flap peuvent transformer le comportement. En abaissant légèrement l’étrave, on permet notamment à l’avant de la carène de mieux travailler dans le clapot.

Il ne faut toutefois pas en abuser. Trop de flap augmente la traînée, peut faire baisser la vitesse et parfois augmenter la consommation. Dans une mer arrière importante, une étrave maintenue artificiellement trop basse peut également devenir inconfortable, voire pénalisante. Le flap traditionnel a surtout une limite lorsqu’il s’agit de stabilisation dynamique. Une grande plaque et son vérin ont une certaine inertie. Le système sait parfaitement corriger une gîte permanente ou une mauvaise assiette, mais il est moins adapté lorsqu’il faut répondre très rapidement à chaque mouvement de roulis. Et à l’arrêt, son action devient quasiment nulle. Sans vitesse d’écoulement suffisante, il n’a plus grand-chose sur quoi s’appuyer.

En revanche, le système reste léger, relativement abordable et facile à entretenir. Pour beaucoup de bateaux de petite et moyenne taille, c’est toujours une solution extrêmement rationnelle.

 

L’intercepteur : le flap devenu rapide et intelligent

L’intercepteur fonctionne selon un principe différent. Au lieu d’une grande plaque qui s’incline, une lame descend verticalement sous le tableau arrière de quelques millimètres à quelques centimètres. Cette petite perturbation suffit à modifier fortement la pression sous la coque et à créer de la portance. L’intérêt principal réside dans la rapidité de réaction. Là où un flap classique peut demander plusieurs secondes pour parcourir toute sa course, un intercepteur peut effectuer ses corrections beaucoup plus vite. Couplé à des capteurs et à un calculateur, il ne se contente plus de maintenir une assiette donnée, il analyse en permanence le comportement du bateau et agit indépendamment à bâbord et tribord pour limiter la gîte, améliorer l’assiette et réduire une partie des mouvements de roulis ou de tangage en navigation. Sur une vedette rapide, la différence peut être très sensible. Dans certaines conditions, les mouvements ressentis peuvent être réduits de plusieurs dizaines de pourcents. Mais il faut rester prudent : les performances dépendent énormément de la vitesse, de la forme de la carène et de l’état de la mer. L’intercepteur a en effet besoin d’un flux d’eau sous la coque. Plus le bateau ralentit, moins il devient efficace. À l’arrêt, il ne sert plus à rien.

Son avantage réside surtout dans son poids contenu, sa consommation électrique modeste, son encombrement raisonnable et la possibilité d’automatiser complètement les corrections. Pour un bateau planant de 7 à 12 mètres dont le principal problème apparaît en navigation, c’est aujourd’hui l’une des solutions les plus polyvalentes.

 

Le gyro : imbattable lorsque le bateau est arrêté

Arrivons maintenant au problème que flaps et intercepteurs n’ont pas la capacité de traiter : le bateau est au mouillage, moteurs coupés, et une houle de travers fait rouler la coque en permanence. Les verres glissent sur la table, l’équipage fatigue et certains commencent à regarder la terre ferme avec envie. C’est précisément dans cette situation que le stabilisateur gyroscopique prend tout son sens.

Son principe repose sur un volant tournant à très grande vitesse. Lorsque le bateau commence à rouler, le phénomène gyroscopique produit un couple opposé au mouvement. Le système n’a pas besoin que le bateau avance. Il fonctionne donc au mouillage, en dérive, à très faible vitesse et en navigation. Sur un bateau correctement dimensionné, la diminution du roulis peut être spectaculaire et atteindre, dans certaines conditions, 80 à 90 %. Pour les personnes sensibles au mal de mer, les pêcheurs qui restent longtemps en dérive ou les propriétaires qui passent beaucoup de temps au mouillage, le gain en confort peut être considérable. Mais il faut bien comprendre ce que le gyro ne fait pas : il ne règle pas une vedette qui navigue trop cabrée, il ne remplace pas les flaps ou les intercepteurs. Son rôle principal reste de combattre le roulis !

Il faut également lui trouver une place à bord. Selon la taille du bateau, le système peut peser de près de 200 kilos à plus de 500 kilos. Cette masse ne peut pas être installée au hasard, car les efforts transmis à la structure sont importants. S’ajoutent une consommation électrique significative, une production de chaleur, une montée en régime avant pleine efficacité et une maintenance spécifique. Quant au coût, il change clairement de catégorie : avec l’installation, plusieurs dizaines de milliers d’euros ne sont pas rares. Le gyro est donc remarquable lorsqu’il répond au bon problème. Il devient extrêmement cher lorsqu’on lui demande de corriger le mauvais.

 

Les stabilisateurs à ailerons : les rois des longues navigations

Les stabilisateurs à ailerons utilisent encore une autre logique. Des surfaces profilées traversent la coque sous la flottaison. Pilotées par un calculateur, elles modifient continuellement leur incidence pour produire une force opposée au roulis. En navigation, leur efficacité augmente avec la vitesse de l’eau. C’est leur grande force. Sur une vedette ou un yacht parcourant beaucoup de milles, ils peuvent offrir une stabilisation particulièrement efficace pendant des heures. Les systèmes modernes savent aussi travailler à l’arrêt. Les ailerons effectuent alors des mouvements rapides de battement pour déplacer suffisamment d’eau et limiter le roulis. La frontière historique entre « gyro au mouillage » et « ailerons en route » s’est donc largement réduite.

Le revers de la médaille est l’installation. Il faut percer la coque, créer des reprises structurelles capables d’encaisser les efforts et loger les systèmes de commande. Les ailerons restent également exposés sous la coque, ce qui impose davantage de vigilance dans les zones peu profondes, lors d’un échouage ou au moment des manutentions. À partir de 15 mètres, surtout sur un bateau destiné à beaucoup naviguer, ils deviennent particulièrement intéressants. Sur des unités de 7 à 10 mètres, leur complexité est rarement justifiée.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.