Sam Goodchild : « La Vendée Arctique n’est pas une course à prendre à la légère »

Course au large
Le Figaro Nautisme / Ed Gorman - IMOCA Globe Series
Par Le Figaro Nautisme / Ed Gorman - IMOCA Globe Series

Le 7 juin, neuf IMOCA prendront le départ de la troisième édition de la Vendée Arctique-Les Sables d'Olonne. Grand nord, conditions réputées rudes, territoire peu familier et cette année, c'est le champion en titre des IMOCA Globe Series, Sam Goodchild, qui se présente au départ en grand favori.

Le 7 juin, neuf IMOCA prendront le départ de la troisième édition de la Vendée Arctique-Les Sables d'Olonne. Grand nord, conditions réputées rudes, territoire peu familier et cette année, c'est le champion en titre des IMOCA Globe Series, Sam Goodchild, qui se présente au départ en grand favori.

© Maxime Horlaville / disobey / MACIF

À dix jours du départ de cette course aller-retour vers le cercle arctique, le skipper de MACIF Santé Prévoyance est revenu sur les fondamentaux qui lui ont permis de s'imposer de belle manière lors de la 1000 Race, première épreuve de la saison 2026.

« Pour moi, la Vendée Arctique, c'est d'abord un retour à la voile en solitaire, ce qui est sur ces bateaux un sacré défi », confie Sam Goodchild. « Il s'agit de me rappeler comment tout gérer seul : le sommeil, l'alimentation, la navigation. Et de ne jamais oublier que la moindre erreur peut coûter très cher, très vite. Il faut être bien préparé, bien rodé, parce qu'en solitaire sur ces machines, la marge est infime. »

« La pression est là, c'est certain », ajoute-t-il. « On a bien démarré l'année avec la 1000 Race, on veut bien la finir avec la Route du Rhum et il n'y a aucune raison de ne pas faire pareil entre les deux, lors de la Vendée Arctique. »

La Vendée Arctique s'est forgé une réputation redoutable en deux éditions marquées par des conditions particulièrement fortes, en 2020 et en 2022. Cette année, la course adopte un format inédit. Pas de parcours fixe, une consigne unique : depuis Les Sables d'Olonne, les neuf skippers devront rallier le cercle polaire et en revenir, une latitude de l'hémisphère nord qui se situe dix degrés plus près du pôle Nord que le cap Horn ne l'est du pôle Sud.

© Gauthier Lebec / MACSF

Par où passer ? C'est au choix des skippers, même si le chemin se fera probablement à l'est de l'Islande. Une route qui coupe les systèmes météorologiques se déplaçant vers l'est dans l'Atlantique nord, avec des conditions potentiellement violentes, des alternances rapides de vent, du froid, du brouillard, des zones d'exclusion pour protéger les baleines et éviter les glaces.

Sept bizuths prendront le départ, dont Sam Goodchild, qui ne minimise pas l’enjeu. « C'est une course qui nous emmène dans des zones où l'on navigue très peu, et ça comporte ses propres risques. Monter aussi loin au nord ne se prend pas à la légère. »

Sur le plan météo, il compare la Vendée Arctique au début d'une transatlantique qui se répète en boucle : « On coupe les systèmes en permanence. Ce sera comme les premières heures d'une transat, mais pendant huit à dix jours d'affilée. Ce n'est pas la Route du Rhum ou la Transat Café l'OR, où l'on passe 48 heures difficiles avant de viser les alizés et de souffler un peu. Là, ça pourrait être sans répit du début à la fin. »

Le plateau rassemble aussi plusieurs des talents les plus frais de la Classe IMOCA, en pleine montée en puissance vers la Route du Rhum - Destination Guadeloupe en novembre et le prochain Vendée Globe en 2028 : Corentin Horeau sur MACSF, Elodie Bonafous sur Association Petits Princes-Quéguiner (sistership de MACIF Santé Prévoyance), Violette Dorange sur Initiatives-Cœur, Ambrogio Beccaria sur Allagrande MAPEI et Francesca Clapcich sur 11th Hour Racing. Deux participants de la dernière édition sont également au départ : Manuel Cousin sur Coup de Pouce et Arnaud Boissières sur April Marine-Recherche Co-Partenaire.

© Jean-Louis Carli / IMOCA

Arnaud Boissières, à la barre du plan VPLP-Verdier de 2015, l'ancien Hugo Boss, voit cette course comme une étape incontournable sur la route d'un sixième Vendée Globe, lui qui en a déjà terminé quatre, dont une 15e place en 2020-2021.

« Il y a trois ou quatre étapes sur la route du Vendée Globe, et la Vendée Arctique en fait partie », analyse le skipper sablais de 53 ans. « C'est peut-être la première marche, la Route du Rhum sera la deuxième. Mais c'est une étape capitale : me démontrer à moi-même que je suis capable de faire une course rapide, une bonne course. »

Contraint à l'abandon lors de la dernière édition, non loin de l'arrivée d'un parcours raccourci au large de l'Islande, Arnaud Boissières entend tourner la page et parle ouvertement de « revanche ». Sa préparation matérielle en dit long sur son état d'esprit. « C'est une longue course, très difficile, avec des vents violents », explique-t-il. « Sur le Vendée Globe, on passe beaucoup de temps avec 50 nœuds, mais sur la Vendée Arctique, ces 50 nœuds peuvent être au près comme au portant. Alors cette fois, j'ai préparé le bateau non pas pour la Vendée Arctique, mais pour le Vendée Globe, par expérience. »

Prendre le départ depuis le même port d'attache que le tour du monde en solitaire donne une saveur particulière pour Boissières, qui cherche par ailleurs un nouveau sponsor-titre. « La meilleure façon de trouver un sponsor, c'est de courir, de montrer son bateau à d'autres partenaires, à d'autres entreprises », dit-il simplement.

© Marin Le Roux / 11th Hour Racing


Il évoque aussi ce qui continue de l'animer, après toutes ces années, lui qui a disputé son premier Vendée Globe en 2008. « Parce que j'aime ça. J'aime la voile, j'aime me dépasser. Et j'aime me dépasser en solitaire, sur un bateau qui est un vrai plaisir à naviguer et qui a une belle histoire. »

Sam Goodchild, lui, prendra le départ en grand favori, en quête d'un deuxième succès consécutif cette saison. La pression ? Il l'assume sans détour. « Honnêtement la pression vient surtout de moi », reconnaît-il. « L'équipe autour du projet et tous ceux qui nous soutiennent aiment gagner, c’est certain. Ce n'est pas toujours parfait, mais on a clairement un schéma qui fonctionne. Pour autant, on continue de se poser les bonnes questions, parce que c'est ça, la course au large : toujours chercher à faire mieux.  »

 

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.