Route du Rhum 2026 - Destination Guadeloupe : la Guadeloupe s’apprête une nouvelle fois à vibrer

© Alexis Courcoux
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Depuis la première édition en 1978, la Guadeloupe est indissociable de l’histoire de la Route du Rhum. À quelques semaines du départ de la prochaine édition, l’archipel se prépare déjà à accueillir les skippers et les centaines de milliers de visiteurs attendus autour de l’événement. Villages, concerts, animations, initiatives culturelles… La fête se jouera autant sur l’eau qu’à terre.

 

Il y a des images qui appartiennent à l’histoire de la course au large. Mike Birch arrachant la victoire en 1978, Florence Arthaud triomphant à Pointe-à-Pitre en 1990, Laurent Bourgnon signant son doublé en 1998, le duel entre Francis Joyon et François Gabart vingt ans plus tard ou encore Charles Caudrelier pulvérisant le record de l’épreuve en 2022. Toutes ont un point commun : elles se terminent en Guadeloupe. Depuis bientôt un demi-siècle, l’archipel est bien plus que la destination finale de la Route du Rhum. Il en est devenu l’un des personnages principaux. À chaque édition, les Guadeloupéens se mobilisent pour suivre les arrivées et accueillir les marins, du premier au dernier.

Et avant de goûter à cette ferveur, les skippers devront encore se méfier d'un final particulièrement exigeant. Une fois la Guadeloupe en vue, la course est loin d’être terminée. Tête à l’Anglais, bouée de Basse-Terre, Canal des Saintes : le contournement de l’île impose de composer avec les courants, les dévents et les derniers pièges météorologiques, après plusieurs jours ou semaines de traversée. Un ultime morceau de bravoure avant la délivrance.

Une course qui a suscité des vocations

Cette histoire commune a aussi contribué à faire naître des générations de navigateurs. « Cette course est le rêve de nous tous, s’enthousiasme Victor Jean-Noël, président de la Ligue de voile de Guadeloupe. C’est le rêve de ceux qui souhaitent naviguer, de ceux qui admirent ces femmes et ces hommes qui traversent l’Atlantique, de ceux qui se disent : “Pourquoi pas moi ?” » Certains ont justement décidé de transformer ce rêve en projet. Ulysse Pozzoli prendra le départ à bord d’Earwen en Class40. « J’ai grandi avec tous ces grands marins et, depuis, mon objectif a toujours été de participer à la Route du Rhum », raconte-t-il.

Il ne sera pas le seul Guadeloupéen engagé. Rodolphe Sepho (Rêve de large, Class40), Yannick Rebuffat (Mussulo40, Class40) et David Ducosson (Trilogik, Vintage Multi) préparent également leur participation depuis l’archipel. Keni Piperol (Drépavoile, Class40), installé en métropole, sera lui aussi de la partie. Thibaut Vauchel-Camus (Solidaire en Peloton, Ocean Fifty) et Damien Seguin (Arkea Handicap International, Vintage Multi), qui ont grandi en Guadeloupe, complètent cette forte représentation.

« La Route du Rhum, c’est la plus grande des courses au large, poursuit Ulysse Pozzoli. C’est un moment de fête et de partage qui rassemble. Nous avons tous eu beaucoup d’admiration et de respect pour ces marins qui vont au bout de cette incroyable aventure. »

Une passion qui dépasse d’ailleurs largement la seule course au large. « Il reste encore beaucoup à faire mais on voit que la voile rassemble les Guadeloupéens, que ce soit avec la voile traditionnelle, le canot saintois ou la course au large », souligne le skipper.

Un événement devenu marqueur du territoire

Cette relation explique aussi l’importance prise par la Route du Rhum dans la stratégie touristique et économique de l’archipel. « La Route du Rhum, c’est bien plus qu’un événement sportif », rappelle Rodrigue Solitude, directeur du Comité du tourisme. « C’est un marqueur de l’identité guadeloupéenne, un formidable moyen de faire rayonner notre archipel. La force de la course réside surtout dans le fait que les Guadeloupéens se sont pleinement approprié la course. »

Au-delà de l’affluence générée pendant quelques jours, les organisateurs entendent profiter de la formidable exposition médiatique de l’événement. « L’enjeu essentiel dépasse la fréquentation ponctuelle. Ce qui compte, c’est la puissance d’exposition offerte par la Route du Rhum aux îles de la Guadeloupe », poursuit Rodrigue Solitude.

La préparation mobilise ainsi largement le territoire. Une équipe spécialisée dans l’événementiel a été constituée au sein de la Région et travaille avec les mairies, collectivités territoriales, chambres consulaires, Comité du tourisme et partenaires privés. « Tous attendent la course avec impatience pour vivre des émotions fortes et permettre aussi des retombées pour tous les Guadeloupéens », explique Aurélie Deglas, directrice de l’événementiel, de la promotion économique du territoire et cheffe de projet de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe.

950 m² de Guadeloupe à Saint-Malo

Et la Guadeloupe n’attendra pas les premières arrivées pour entrer dans la fête. Sa présence sera visible dès le village de départ à Saint-Malo.

Installé à proximité du ponton des IMOCA, le pavillon des îles de Guadeloupe s’étendra sur 950 m². Cet espace immersif permettra notamment aux visiteurs de préparer un séjour dans l’archipel, de découvrir l’artisanat local ou encore de parcourir un espace consacré au rhum. Le snacking sera quant à lui confié aux élèves du lycée hôtelier du Gosier.

Une manière de faire voyager les visiteurs avant même que les skippers ne larguent les amarres pour la traversée de l’Atlantique.

Le Mémorial ACTe au cœur de l’événement

À Pointe-à-Pitre, l’édition 2026 prendra également une dimension culturelle particulière. Situé face aux pontons d’honneur où accosteront les skippers, le Mémorial ACTe sera directement associé à l’événement. La Région Guadeloupe a renforcé sa collaboration avec ce lieu consacré à la mémoire et à l’histoire de l’esclavage. « Nous souhaitons saisir cette visibilité afin de faire dialoguer les mémoires et les récits de l’Atlantique », explique Isabelle Vestris, directrice générale du Mémorial ACTe.

L’établissement souhaite ainsi faire de la Route du Rhum « un moment de transmission, de partage et de mémoire » et proposera une programmation spécifique autour de la notion de « Traversée ».

Trois villages pour vivre les arrivées

La fête prendra enfin une ampleur particulière à l’arrivée. Trois villages permettront au public de suivre la course et de prolonger les journées jusqu’en soirée. Du 5 au 15 novembre, un premier village accueillera les spectateurs à proximité des arrivées, avec des espaces de restauration et des concerts programmés chaque soir.

Basse-Terre disposera également de son propre village lors du premier week-end des arrivées, du 5 au 8 novembre. Expositions, restauration et concerts accompagneront le passage des concurrents autour de l’île.

Enfin, un troisième espace prendra place à la marina de Bas du Fort, à Pointe-à-Pitre. Davantage tourné vers la pédagogie, il mettra en avant l’économie bleue, les métiers de la mer et la préservation des écosystèmes marins, avec notamment l’accueil de nombreux scolaires.

Lors de la précédente édition, plus de 300 000 spectateurs avaient assisté aux arrivées de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Quatre ans plus tard, l’archipel se prépare donc à retrouver ces nuits d’attente, ces arrivées parfois au milieu de la nuit et cette ferveur qui accompagne chaque marin jusqu’au ponton. Une nouvelle page d’une histoire commencée en 1978 et que la Guadeloupe n’a jamais cessé de faire vivre.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.