Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 : 118 skippers réunis avant le grand départ de Saint-Malo
Le compte à rebours est désormais bien lancé. Le dimanche 1er novembre, 118 solitaires quitteront Saint-Malo pour mettre le cap sur Pointe-à-Pitre. D’ici là, chaque journée compte : derniers entraînements, fiabilisation des bateaux, réglages techniques, préparation physique… À quelques semaines de l’une des courses les plus attendues du calendrier océanique, la pression commence forcément à monter. Réunis mardi après-midi aux Folies Bergère, à Paris, pour la présentation officielle de cette 13e édition, les marins ont pu prendre la mesure d’un plateau particulièrement dense. Six catégories seront représentées : Ultim, Ocean Fifty, IMOCA, Class40, Vintage Multi et Vintage Mono.
« J’ai vraiment hâte d’y être ! », résume Violette Dorange, engagée en IMOCA à bord d’Initiatives Cœur. La navigatrice s’apprête à découvrir une ligne de départ d’une ampleur inédite pour elle : « Je n’ai jamais pris de départ avec autant de bateaux sur la ligne, ça s’annonce particulièrement intense ! » Et quatre ans après la précédente édition, les bateaux comme les équipages ont encore progressé. Architecture, foils, optimisation des performances et recherche permanente de vitesse continuent de transformer la course au large. Derrière la bataille pour les premières places, chacune des six classes devrait ainsi proposer sa propre course dans la course.
Chez les Ultim, la confrontation s’annonce particulièrement suivie. Armel Le Cléac’h, à bord de Maxi Banque Populaire XI, et Tom Laperche sur SVR Lazartigue font partie des marins très attendus. Charles Caudrelier, tenant du titre, sera lui aussi observé de près pour sa première course à bord de son nouveau bateau volant. Pour Armel Le Cléac’h, cette Route du Rhum possède toujours une saveur particulière. « Petit, je me rendais aux pontons avec mes parents, je suivais la course à la radio et j’ai toujours rêvé de la disputer un jour », raconte le skipper. Un attachement qui n’enlève rien à l’exigence de la préparation. Il compare même les dernières semaines précédant le départ à celles d’un sportif avant les Jeux olympiques : après des années de travail, « chaque détail compte à l’approche de la course ».
La flotte IMOCA ne manque pas davantage de prétendants. Jérémie Beyou sur Charal, Sam Goodchild sur Macif ou Francesca Clapcich sur 11th Hour Racing retrouveront notamment plusieurs bateaux plus récemment mis à l’eau, parmi lesquels Groupe Dubreuil de Sébastien Simon et Malizia 4 de Boris Herrmann.
Élodie Bonafous, engagée à bord d’Association Petits Princes - Quéguiner, insiste de son côté sur la difficulté particulière de l’épreuve : « Du fait de son parcours libre et ouvert, elle n’est pas facile, avec beaucoup d’options et un rythme intense. » Une liberté de trajectoire qui fait justement tout le sel de cette transatlantique où les choix météorologiques peuvent rapidement rebattre les cartes.
En Ocean Fifty, l’expérience devra composer avec une nouvelle génération ambitieuse. Erwan Le Roux et Thibault Vauchel-Camus retrouveront notamment Basile Bourgnon, Pierre Quiroga ou Baptiste Hulin. Basile Bourgnon ne cache d'ailleurs pas la place particulière occupée par l'épreuve dans son parcours. « Si je devais choisir la course de mes rêves, ce serait forcément celle-là », confie le skipper d’Edenred. La Route du Rhum est intimement liée à son histoire familiale, mais cette dimension affective se double cette année d’une concurrence redoutable. « La classe a rarement été aussi dense et à ce niveau. »
Le constat est similaire en Class40. Guillaume Pirouelle et Corentin Douguet font partie des marins particulièrement attendus, mais plus d’une dizaine de concurrents sont annoncés capables de venir bousculer la hiérarchie. « Il y a à la fois la qualité et la quantité », souligne Alexis Loison, engagé avec Groupe Réel. Pour lui, cette densité fait partie intégrante de l’ADN de la course : « Ce qui fait la magie de la Route du Rhum, c’est le nombre de skippers, de bateaux et d’histoires différentes. » Une diversité qu’il compare même aux « Jeux Olympiques de la course au large ».
C’est aussi l’une des particularités de cette Route du Rhum 2026 : les catégories Vintage prennent de l’ampleur. En Vintage Multi, quatre anciens trimarans Orma seront notamment au départ. Francis Joyon retrouvera son bateau OCEANS tandis que Damien Seguin s’élancera à bord d’Arkéa – Handicap International. Malgré leur âge, les performances de ces multicoques pourraient même leur permettre de venir jouer au milieu des Ocean Fifty.
Francis Joyon connaît parfaitement l’épreuve, qu’il a remportée en 2018. « La Route du Rhum, ça a toujours été des expériences fortes et intenses. Ce sont de grands moments de passion et d’aventure, une course extrême aussi et c’est pour ça que j’y retourne », explique le marin, qui se réjouit également de voir les anciens trimarans Orma retrouver une place sur la course. « Ce sont des bateaux extraordinaires, très puissants et très engagés. » En Vintage Mono, Jean Le Cam sur Alegria et Sidney Gavignet à bord du Cigare Rouge seront également de la partie, aux côtés notamment de Tanguy Caradec et Titouan Pillard.
Pour Tanguy Caradec, cette participation possédera une dimension très personnelle. Son père, Loïc Caradec, avait disparu lors de la Route du Rhum 1986. Après un an et demi de préparation, il s’apprête désormais à vivre sa première traversée de l’Atlantique, qui sera également sa première en solitaire. « Nous tous, on pense Rhum, on dort Rhum et on vit Rhum chaque jour depuis des mois ! », confie-t-il. Au-delà de la dimension sportive, le départ aura inévitablement valeur d’hommage : « Je sais qu’il y aura beaucoup d’émotion au moment de partir. »
La liste définitive des engagés s’est encore complétée ces derniers jours avec l’arrivée de Guirec Soudée dans la catégorie Ultim et celle d’Alexis Thomas en Class40. Ils portent ainsi le nombre total de participants à 118, avec des profils particulièrement différents : vainqueurs des plus grandes courses au large, spécialistes du solitaire, jeunes talents, amateurs expérimentés ou encore marins engagés sur des bateaux historiques.
C’est précisément cette diversité qui fait depuis toujours la singularité de la Route du Rhum. Sur une même ligne de départ se retrouvent des machines parmi les plus modernes de la course au large et des voiliers appartenant déjà à son histoire. Une cohabitation que résume bien Francis Joyon : au-delà des performances, la Route du Rhum reste avant tout faite de « grands moments de passion et d’aventure ».
La présentation parisienne a également permis de dévoiler plusieurs nouveautés autour de l’événement. La principale sera le lancement du premier « Off du Rhum », organisé par la Ville de Saint-Malo, Saint-Malo Agglomération et la Région Bretagne avec l’organisation de la course. Pendant les treize jours du village, animations, rencontres, concerts et rendez-vous culturels doivent permettre de prolonger l’événement au-delà des pontons, dans les quartiers de Saint-Malo et les communes voisines.
Le Festival Art Explora sera également présent à bord d'un bateau-musée, accompagné d’expositions, de spectacles, de concerts et de performances accessibles au public. Les enfants disposeront eux aussi d’un dispositif spécifique pour suivre la traversée. Un kit pédagogique est proposé aux enseignants et, pour la première fois dans la course au large, une cartographie spécialement pensée pour le jeune public doit être mise en place.
« Nous avons à cœur de livrer une course de très haut niveau, mais aussi un événement à la fois populaire et accessible », explique Julie Coutts, directrice générale d’OC Sport Pen Duick. L’ambition est de proposer aux visiteurs une expérience qui dépasse largement la seule découverte des bateaux sur les pontons.
Pour les skippers, ces animations semblent encore loin. Avant de penser à la Guadeloupe, il reste surtout quelques semaines pour terminer une préparation entamée parfois plusieurs années auparavant. Les mots d’Armel Le Cléac’h donnent une idée de l’état d’esprit général : il faudra être « d’attaque pour tout donner dès le top départ ». Car le 1er novembre, une fois Saint-Malo derrière eux et le cap Fréhel dépassé sous les encouragements du public, les 118 concurrents seront seuls face à l’Atlantique.
Devant eux : les systèmes météo de l’automne, des choix de route parfois déterminants et plusieurs milliers de milles jusqu’à Pointe-à-Pitre. Avec six catégories, des bateaux toujours plus rapides, le retour de machines historiques et une flotte particulièrement dense, cette Route du Rhum 2026 promet surtout une multitude de courses simultanées.
Et à un peu plus d’un mois du départ, les dernières semaines de préparation ont commencé. Bientôt, les mots laisseront place à l’Atlantique.
Sur une Route du Rhum où les systèmes météo, les transitions et les choix de trajectoire peuvent décider d’une course, comprendre le ciel et l’océan fait pleinement partie du spectacle. METEO CONSULT, partenaire météo officiel de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, mettra son expertise au service de cette 13e édition. Figaro Nautisme diffusera en exclusivité les prévisions et analyses de METEO CONSULT consacrées à la Route du Rhum, afin de décrypter les conditions rencontrées par les skippers, leurs choix de trajectoire et les grands enjeux météorologiques de la traversée.
Dépressions de l’Atlantique Nord, passages de fronts, alizés, zones de transition ou approche de la Guadeloupe : ces analyses permettront de suivre la course autrement, en comprenant ce qui se joue derrière les trajectoires visibles sur la cartographie.
Rendez-vous sur Figaro Nautisme pour suivre la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026 et vivre la course au rythme des marins… et de la météo.


