AMAALA : le nouveau joyau de la mer Rouge mise sur un luxe plus durable
En septembre dernier, nous évoquions Shura Island, présentée comme le nouveau cœur battant de la mer Rouge. Avec ses premiers resorts, ses villas sur pilotis, son architecture inspirée des récifs coralliens et son ambition de dessiner une hospitalité nouvelle génération, l’île symbolisait déjà le virage spectaculaire pris par la côte nord-ouest de l’Arabie saoudite. La mer Rouge n’y était plus seulement un décor, mais l’élément central d’un projet touristique pensé autour du paysage, du littoral et de la préservation des milieux marins. Avec AMAALA, cette dynamique prend une autre dimension. Nichée dans la région de Tabuk, entre montagnes, désert et mer Rouge, la destination doit ouvrir progressivement sa première phase à partir de l’été 2026, avec plusieurs enseignes attendues, parmi lesquelles Six Senses, Equinox Hotels, Four Seasons, Rosewood Hotels & Resorts, Nammos et Jayasom. Développé par Red Sea Global, le projet se présente comme une destination de bien-être, de culture, de sport et de plaisance, mais aussi comme un laboratoire grandeur nature d’un tourisme plus attentif à son environnement.
Corallium, le futur visage marin d’AMAALA
À l’occasion de la Journée mondiale des océans, AMAALA met surtout en avant l’un de ses projets les plus emblématiques : Corallium Marine Life Institute. Conçu par Foster + Partners, ce centre de plus de 10 000 m² doit devenir l’un des lieux clés de la destination. Son ambition dépasse largement celle d’un aquarium spectaculaire. Corallium veut associer recherche scientifique, sensibilisation du public, découverte immersive et actions concrètes en faveur de la vie marine. Le parcours imaginé pour les visiteurs doit permettre de traverser plusieurs univers sous-marins, depuis les eaux peu profondes de la mer Rouge jusqu’à un vaste récif vivant installé dans un bassin de 9 millions de litres. L’expérience sera aussi pédagogique, avec l’observation de programmes de régénération des coraux, la découverte des écosystèmes locaux, la compréhension du rôle des récifs dans l’équilibre marin et la mise en lumière des initiatives menées pour restaurer ou protéger certains habitats.
L’un des dispositifs annoncés, baptisé « Return to the Sea », portera sur la réhabilitation d’animaux marins blessés avant leur retour dans leur environnement naturel. Corallium doit également accueillir des programmes pour jeunes biologistes marins, des résidences artistiques et des expériences immersives permettant de relier science, culture et émotion. L’objectif est clair : faire de la mer Rouge un sujet d’apprentissage autant qu’un terrain d’émerveillement.
Une mer Rouge au centre de l’expérience
Ce positionnement prend tout son sens dans une région réputée pour la richesse de ses écosystèmes marins. Récifs coralliens, mangroves, sites de nidification des tortues et biodiversité sous-marine constituent l’un des grands arguments d’AMAALA. La destination annonce plus de 11 000 espèces recensées dans son environnement marin et entend faire de cette richesse un fil conducteur de l’expérience proposée aux voyageurs.
Snorkeling accompagné, plongée, sorties en sous-marin, observation des récifs et découverte des programmes de restauration doivent permettre de rendre cette biodiversité plus lisible. L’enjeu sera de réussir à concilier fréquentation touristique, montée en gamme et exigence de protection, dans une zone où la beauté des fonds marins représente précisément l’un des principaux attraits du projet. AMAALA revendique d’ailleurs un modèle de tourisme régénératif. Le terme est ambitieux, puisqu’il ne s’agit plus seulement de réduire l’impact d’un séjour, mais de contribuer à l’amélioration des milieux naturels. La destination affiche notamment l’objectif d’améliorer la biodiversité locale de 30 % d’ici 2040. Cette promesse sera évidemment observée de près, car elle engage le projet bien au-delà du discours environnemental classique.
Une nouvelle adresse pour la plaisance internationale
AMAALA ne se limite pas à l’hôtellerie et à la découverte marine. Le projet veut aussi s’imposer sur la carte mondiale du yachting, avec l’AMAALA Yacht Club. Situé au cœur du Marina Village, ce bâtiment de 7 900 m² doit accueillir salons, terrasses, espaces de restauration et lieux de vie tournés vers la mer. La marina est annoncée comme capable de recevoir des yachts à voile et à moteur jusqu’à 130 m, ce qui place d’emblée la destination sur le segment du yachting haut de gamme. Cette ambition nautique prendra une dimension sportive en 2027, avec l’arrivée de The Ocean Race. La 15e édition de la course autour du monde doit se terminer à AMAALA, après une dernière étape en mer Rouge d’environ 135 milles nautiques depuis la zone de Port-Saïd, en Égypte. Pour la destination, cette arrivée offrira une vitrine internationale majeure, tout en inscrivant la mer Rouge dans le calendrier de la course au large. Ce choix n’est pas anodin. En accueillant l’une des courses les plus emblématiques de la voile océanique, AMAALA cherche à se positionner comme un nouveau pôle maritime, à la croisée du luxe, du sport et de la sensibilisation à la santé des océans. Red Sea Global est d’ailleurs partenaire de The Ocean Race autour des enjeux liés à l’océan, avec une volonté affichée de développer des actions de science, d’éducation et de sensibilisation.
Luxe, bien-être et environnement : un équilibre à prouver
L’autre pilier d’AMAALA reste le bien-être. La destination promet une offre très large, pensée comme un écosystème : récupération, sommeil, longévité, soins, sport, détente, art de vivre et expériences culturelles. Equinox Hotels, Six Senses ou Jayasom doivent chacun incarner une approche différente, dans un cadre conçu pour relier le corps, la nature et le rythme du voyage. Cette orientation correspond à une évolution plus large du tourisme haut de gamme. Les voyageurs ne recherchent plus seulement une belle adresse, mais une expérience qui ait du sens, avec une attention accrue portée à la nature, à la santé et à l’impact du séjour. AMAALA s’inscrit pleinement dans cette tendance, en ajoutant une dimension maritime très forte. Reste que l’ampleur du projet impose une vigilance particulière. Une destination de plus de 4 000 km², appelée à accueillir plusieurs resorts, un yacht club, des infrastructures de loisirs, des expériences nautiques et des visiteurs internationaux, devra démontrer dans la durée que son modèle peut réellement préserver ce qui fait sa valeur. C’est tout l’enjeu de Corallium et de la stratégie environnementale portée par Red Sea Global : faire de la mer Rouge non pas un simple décor de luxe, mais le cœur vivant du projet.
La mer Rouge comme laboratoire touristique
Après Shura Island, AMAALA confirme que la côte saoudienne de la mer Rouge entre dans une nouvelle phase. Plus structurée, plus visible, plus internationale, cette destination veut s’imposer parmi les grands pôles du tourisme haut de gamme, tout en affichant une promesse environnementale forte. Le pari est ambitieux : associer resorts de luxe, plaisance internationale, événements sportifs, recherche scientifique et protection marine dans un même territoire. À l’approche de la Journée mondiale des océans, Corallium donne à AMAALA un symbole puissant. Il rappelle que l’avenir du voyage en bord de mer ne pourra plus se limiter à la beauté des paysages. Il devra aussi se mesurer à la capacité des destinations à comprendre, protéger et transmettre la richesse fragile des écosystèmes qui les entourent.
Face aux récifs coralliens, aux mangroves et aux eaux encore préservées de la mer Rouge, l’enjeu dépasse finalement la seule promesse touristique. AMAALA porte une ambition plus large : faire de la nature non plus un simple décor de voyage, mais une richesse à comprendre, protéger et transmettre. Un défi considérable, à la hauteur des paysages qu’elle entend révéler.


