#CoulePasTonÉté : pourquoi une rivière calme peut cacher de vrais dangers

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Avec les fortes chaleurs, l’envie de se rafraîchir dans une rivière, un canal ou un fleuve revient chaque été. Pourtant, derrière une eau qui semble paisible se cachent parfois des risques invisibles. C’est le message de la campagne nationale #CoulePasTonÉté, relayée à l’approche des vacances estivales pour rappeler que la baignade en milieu naturel ne s’improvise jamais.

Une apparente tranquillité parfois trompeuse

Contrairement aux idées reçues, les accidents ne surviennent pas uniquement en mer ou dans des conditions agitées. Une rivière à l’aspect lisse, un canal sans vague ou un fleuve qui paraît lent peuvent dissimuler des courants puissants, des variations soudaines de profondeur ou des obstacles immergés impossibles à repérer depuis la berge.

C’est précisément ce qui rend ces lieux dangereux. L’eau peut sembler accueillante, surtout en période de fortes chaleurs, mais les fonds sont souvent irréguliers, la visibilité faible et les berges parfois difficiles à remonter. Un nageur qui pense pouvoir reprendre pied rapidement peut se retrouver surpris par un trou d’eau, une vase épaisse, une roche, une branche ou un courant de retour. La température de l’eau constitue aussi un risque souvent sous-estimé. Après une longue exposition au soleil, l’entrée brutale dans une eau beaucoup plus fraîche peut provoquer un choc thermique, avec malaise, perte de force ou difficulté à respirer. En quelques secondes, une baignade qui semblait anodine peut devenir impossible à maîtriser.

 

Des accidents qui surviennent en quelques instants

Chaque été, les secours interviennent pour des noyades survenues dans des lieux pourtant connus des victimes. Le danger ne vient pas toujours d’une imprudence spectaculaire. Il peut suffire d’un courant plus fort que prévu, d’une fatigue passagère, d’un malaise ou d’une difficulté à rejoindre la berge pour qu’une baignade tourne au drame. Les chiffres rappellent l’ampleur du risque. Entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, 1 418 noyades ont été recensées en France, dont 409 suivies de décès. Les fortes chaleurs jouent un rôle aggravant, car elles augmentent fortement la fréquentation des points d’eau, y compris dans des secteurs non surveillés ou interdits à la baignade.

Les enfants restent particulièrement vulnérables, notamment au bord de l’eau, mais les adultes ne sont pas épargnés. Les noyades mortelles concernent même majoritairement des adultes, souvent parce qu’ils surestiment leurs capacités, s’éloignent trop, se baignent seuls ou minimisent les effets de la fatigue, de l’alcool, de la chaleur ou du courant.

 

Fleuves, canaux et rivières : des zones à risque particulier

La baignade en rivière ou en canal présente des dangers spécifiques. À proximité des ponts, des écluses, des barrages ou des zones de navigation, les risques augmentent encore. Les remous, les aspirations, les tourbillons et les mouvements d’eau créés par les ouvrages peuvent surprendre même un bon nageur. Les sauts depuis les ponts font partie des comportements les plus risqués. Dans une eau trouble, il est impossible d’évaluer correctement la profondeur ou de voir ce qui se trouve sous la surface. Rochers, blocs de béton, pieux métalliques, branches ou objets immergés peuvent provoquer des blessures graves avant même que le risque de noyade n’intervienne.

La présence de bateaux ajoute un autre danger. Sur les voies navigables, un nageur est peu visible depuis une embarcation, surtout lorsqu’il s’éloigne de la berge ou se trouve dans une zone fréquentée. Le passage d’un bateau peut aussi créer du remous et rendre le retour plus difficile.

Depuis un bateau aussi, la prudence s’impose

Pour les plaisanciers, l’escale estivale ou le mouillage donnent souvent envie de se jeter à l’eau. Là encore, le danger peut être trompeur. Un courant faible en apparence peut éloigner rapidement un nageur de son embarcation, surtout lorsqu’il saute sans avoir vérifié les conditions autour du bateau. Le retour à bord doit toujours être anticipé. Une échelle de bain accessible, une personne restée attentive sur le pont, une annexe prête à intervenir ou une aide à la flottabilité peuvent faire toute la différence. Une baignade autour du bateau ne doit jamais être considérée comme un simple plongeon sans risque. La vigilance est encore plus importante avec les enfants. Même à quelques mètres du bateau, même avec une eau peu agitée, la surveillance doit rester constante. Un enfant peut se fatiguer très vite, paniquer ou être entraîné sans bruit.

 

« Si ce n’est pas autorisé, ce n’est jamais par hasard »

À travers l’opération #CoulePasTonÉté, les autorités rappellent quelques principes simples : privilégier les zones surveillées, respecter les interdictions de baignade, ne jamais quitter les enfants des yeux, entrer progressivement dans l’eau et éviter de se baigner seul ou après avoir consommé de l’alcool. Ces règles peuvent sembler évidentes, mais elles répondent à des dangers bien réels. Une baignade interdite ne l’est jamais au hasard. Elle peut l’être à cause d’un courant, d’un ouvrage hydraulique, d’une profondeur instable, d’une mauvaise qualité de l’eau, d’un passage de bateaux ou d’obstacles invisibles.

En matière de baignade, le danger n’est pas toujours celui que l’on voit. C’est souvent ce qui reste sous la surface, hors du regard, qui fait toute la différence.

 Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - koldunova

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.