L’upwelling : quand les eaux profondes remontent et transforment la vie des océans

Météo marine
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Peu visible mais essentiel, l’upwelling correspond à la remontée d’eaux profondes vers la surface. Ce phénomène naturel alimente la vie marine, soutient certaines des plus grandes zones de pêche au monde et peut faire varier rapidement la température de l’eau le long des côtes.

Peu visible mais essentiel, l’upwelling correspond à la remontée d’eaux profondes vers la surface. Ce phénomène naturel alimente la vie marine, soutient certaines des plus grandes zones de pêche au monde et peut faire varier rapidement la température de l’eau le long des côtes.

© AdobeStock

 

Un mécanisme discret mais fondamental
L’upwelling repose sur un principe assez simple. Dans certaines conditions, le vent pousse les eaux de surface vers le large. Ce déplacement crée un déséquilibre, et l’océan réagit en faisant remonter de l’eau située en profondeur pour remplacer celle qui s’éloigne. Cette eau profonde a deux particularités importantes. Elle est plus froide que l’eau en surface, et surtout beaucoup plus riche en nutriments. Ces éléments se sont accumulés en profondeur au fil du temps, à partir de la décomposition de matière organique. Quand cette eau remonte et atteint la zone éclairée par le soleil, elle change complètement la dynamique locale.

 

Une véritable source de vie pour l’océan
L’arrivée de ces nutriments en surface agit comme un fertilisant naturel. Elle permet au phytoplancton de se développer rapidement. Même s’il est invisible à l’œil nu, le phytoplancton est à la base de presque toute la vie marine. Il nourrit le zooplancton, qui nourrit ensuite les petits poissons, puis les plus grands. Toute la chaîne alimentaire dépend de ce premier maillon. C’est pour cette raison que les zones d’upwelling sont parmi les plus riches de la planète. Là où ce phénomène est régulier, la production de vie marine est bien plus élevée qu’ailleurs.

© La Chaîne Météo

Des régions clés pour la pêche mondiale
Certaines zones du globe sont directement structurées par l’upwelling. C’est le cas au large du Pérou et du Chili avec le courant de Humboldt, mais aussi le long des côtes de Californie ou d’Afrique de l’Ouest. Dans ces régions, la remontée d’eaux profondes est suffisamment fréquente pour maintenir une forte production de phytoplancton. Résultat, les stocks de poissons y sont particulièrement abondants. Ces zones concentrent ainsi une part importante de la pêche mondiale. Mais cet équilibre reste fragile, car il dépend directement de la régularité des vents et des conditions océaniques.

 

Pourquoi la mer peut devenir froide très rapidement
L’un des effets les plus concrets de l’upwelling se ressent directement à la surface. Lorsque l’eau profonde remonte, elle refroidit localement la mer. Ce phénomène peut être très rapide. En quelques jours, voire en quelques heures, la température de l’eau peut chuter de plusieurs degrés, même en période chaude. Sur certaines côtes exposées au vent, ce refroidissement est bien connu. Il peut surprendre, car il n’est pas lié à la météo immédiate, mais à ce qui se passe sous la surface.
L’upwelling dépend en grande partie du vent. Si les régimes de vent changent, le phénomène peut s’intensifier ou au contraire diminuer. C’est ce qui se passe lors d’épisodes comme El Niño dans le Pacifique. Dans ce cas, les vents faiblissent ou changent de direction, ce qui limite la remontée des eaux profondes. Les nutriments arrivent moins en surface, la production de phytoplancton diminue, et toute la chaîne alimentaire est impactée.
Ces variations montrent à quel point l’upwelling est sensible aux conditions climatiques.

© Wikipédia


Un équilibre parfois instable
Même s’il est globalement bénéfique, l’upwelling peut aussi provoquer des changements brusques. Une remontée d’eau très froide peut perturber certaines espèces, surtout si elles ne sont pas adaptées à ces variations rapides. Dans certains cas, cela peut entraîner des déséquilibres temporaires dans les écosystèmes, notamment lorsque les conditions changent plus vite que les espèces ne peuvent s’adapter. On associe souvent l’upwelling aux grands océans, mais il peut aussi se produire localement, y compris en Méditerranée. Dans ces situations, il est généralement moins puissant, mais ses effets restent visibles. Une eau plus fraîche, une visibilité différente, ou encore une activité biologique plus marquée peuvent en être des signes. Ces épisodes sont souvent liés à des vents persistants qui déplacent les eaux de surface sur une zone donnée.

© Wikipédia

Comprendre l’upwelling pour mieux lire la mer
L’upwelling joue un rôle clé dans le fonctionnement des océans. Il influence la vie marine, les ressources halieutiques et les conditions observées en surface. C’est aussi un indicateur précieux des interactions entre vent, courants et climat. En observant ses effets, il devient plus facile de comprendre certains changements rapides en mer, notamment les variations de température.

Derrière une mer parfois plus froide ou une zone particulièrement riche en poissons, l’upwelling est souvent à l’œuvre. Ce mécanisme naturel, discret mais essentiel, relie les profondeurs de l’océan à sa surface et conditionne une grande partie de la vie marine.
Mieux le comprendre, c’est aussi mieux comprendre le fonctionnement global des océans et les équilibres qui les rendent si vivants.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.