SailGP à Rio : l’Australie s’impose lors du tout premier Grand Prix disputé sur la baie de Guanabara

Régates
Par Le Figaro Nautisme

Portée par un Tom Slingsby impérial, l’équipe australienne a remporté ce week end le tout premier Enel Rio Sail Grand Prix. Dans des conditions particulièrement piégeuses, les BONDS Flying Roos ont signé une démonstration de maîtrise et prennent la tête du championnat 2026, tandis que l’Espagne et Artemis complètent le podium d’une étape spectaculaire disputée devant près de 8 000 spectateurs.

Portée par un Tom Slingsby impérial, l’équipe australienne a remporté ce week end le tout premier Enel Rio Sail Grand Prix. Dans des conditions particulièrement piégeuses, les BONDS Flying Roos ont signé une démonstration de maîtrise et prennent la tête du championnat 2026, tandis que l’Espagne et Artemis complètent le podium d’une étape spectaculaire disputée devant près de 8 000 spectateurs.

 

L’Australie dompte Rio et frappe fort au championnat

Le tout premier Sail Grand Prix organisé à Rio de Janeiro a tenu ses promesses. Sur une baie de Guanabara aussi majestueuse qu’exigeante, les 12 équipes engagées ont dû composer avec un vent irrégulier, des rafales instables, une forte houle et les perturbations générées autour du Pain de Sucre. Dans ce décor grandiose, l’Australie a livré la prestation la plus aboutie du week end pour s’offrir sa 2e victoire de la saison 2026.

Les BONDS Flying Roos, emmenés par Tom Slingsby, ont survolé la journée décisive. Le triple champion du circuit a remporté les 3 courses de flotte qualificatives du jour avant de conclure en patron lors de la finale. Une domination d’autant plus marquante qu’elle s’est construite dans des conditions techniques, où la moindre erreur de placement ou de maniement pouvait coûter très cher. Ce succès permet à l’Australie de prendre les commandes du classement général du Rolex SailGP Championship. Un basculement important dans la saison, surtout après le week end catastrophique d’Emirates GBR, jusque là bien placé, mais relégué à la 2e place du championnat après une étape totalement manquée.

 

Une baie de Guanabara spectaculaire, mais redoutable

Rio a offert un terrain de jeu aussi photogénique que redoutable. Entre les reliefs qui perturbent le flux d’air, les zones d’ombre de vent au pied du Pain de Sucre et la houle qui compliquait encore le pilotage des F50, les équipages ont dû rester en alerte permanente. Dans ce type de configuration, la vitesse pure ne suffit pas. Il faut aussi savoir lire les oscillations, anticiper les bascules et conserver assez de contrôle pour ne pas sortir trop vite de sa trajectoire.

C’est précisément dans ce registre que l’Australie a fait la différence. Même lorsqu’elle a reculé en 3e position dans la 6e course, l’équipe a su rester dans le match. Elle a pourtant dû encaisser une pénalité de 5 points après une infraction à la règle 14 face aux Suisses, un incident qui a provoqué des dommages. Malgré ce contretemps, les Australiens n’ont jamais perdu le fil de leur week end. Tom Slingsby a salué après coup la montée en puissance de son groupe, estimant que l’équipe avait enfin montré son vrai potentiel lorsque tout s’assemble. Ce succès avait aussi une résonance particulière pour le skipper australien, heureux de partager cette première victoire avec Iain Jensen, avec qui il entretient une longue histoire sportive.

 

L’Espagne confirme, Artemis signe une grande première

Derrière l’Australie, l’équipe espagnole Los Gallos a une nouvelle fois démontré qu’elle faisait désormais partie des formations les plus régulières du circuit. Jamais au delà de la 4e place lors des dernières courses qualificatives, l’Espagne a construit sa qualification pour la finale avec méthode. Sa 2e place à Rio confirme sa progression et vient récompenser un week end solide dans l’ensemble. Diego Botín n’a pas caché sa satisfaction à l’arrivée. Revenir à Rio, avec le Christ Rédempteur et le Pain de Sucre en toile de fond, avait déjà quelque chose de fort. Mais accrocher une 2e place dans un tel contexte donne encore plus de relief au résultat. Surtout, cette nouvelle finale, la 3e de la saison pour l’Espagne, montre que le collectif prend de l’épaisseur.

L’autre belle histoire du week end vient d’Artemis. La nouvelle équipe de la saison 2026 a atteint sa première finale, un cap important dans sa construction. Les Suédois ont même brièvement pris les commandes au début de l’ultime course, avant qu’une erreur de maniement ne les fasse décrocher de leurs foils. À partir de là, l’élan a changé de camp. Une pénalité est ensuite venue mettre fin à leurs espoirs de victoire, mais cette 3e place reste leur meilleur résultat à ce jour. Nathan Outteridge a d’ailleurs insisté sur ce point, soulignant à la fois la difficulté des conditions et la satisfaction de voir l’équipe franchir un premier vrai palier. Pour Artemis, Rio pourrait bien marquer le début d’une nouvelle dynamique.

 

Derrière, les écarts se creusent et la Grande Bretagne sombre

Plusieurs équipes ont affiché un niveau intéressant sur les courses de flotte sans parvenir à entrer dans la finale. Les États Unis, Rockwool Racing, l’Allemagne et Red Bull Italy terminent respectivement aux 4e, 5e, 6e et 7e places. Des résultats honorables, mais insuffisants pour peser sur l’issue du week end.

Le retour à Rio a en revanche tourné à la frustration pour l’équipe de France. DS Automobiles Team France a vu son étape assombrie par une rare disqualification sous pavillon noir au départ de la 4e et dernière course de flotte. Dans un format où chaque manche compte énormément, ce type de sanction pèse lourd.

Mais la vraie contre performance du week end reste celle d’Emirates GBR. L’équipe de Dylan Fletcher, référence du championnat ces derniers mois, a vécu une étape à oublier, conclue à une très inhabituelle 12e place. Avec une série de résultats très faibles tout au long de l’épreuve, la formation britannique a signé son plus mauvais classement depuis son arrivée au sommet. Cette défaillance relance clairement le suspense au général.

 

Rio réussit son entrée dans le calendrier SailGP

Au delà du seul résultat sportif, cette première édition brésilienne a aussi marqué les esprits par son ambiance. Près de 8 000 spectateurs ont assisté à l’événement, donnant à ce rendez vous une atmosphère à la hauteur de son cadre. Pour l’équipe brésilienne de Martine Grael, courir à domicile représentait un moment fort, même si le résultat final n’a pas été à la hauteur des attentes.

La navigatrice a évoqué un plan d’eau aussi amusant qu’extrêmement exigeant, où la régularité a fait toute la différence. Un constat lucide, qui résume bien ce week end carioca. À Rio, il ne suffisait pas d’avoir de la vitesse. Il fallait surtout éviter les fautes et rester constant dans un environnement changeant d’une minute à l’autre.

Le directeur général et cofondateur de SailGP, Sir Russell Coutts, a lui aussi insisté sur la réussite de cette première. Entre l’énergie du public, l’intensité des courses et la qualité du spectacle offert au plus près du rivage, Rio a pleinement validé sa place dans l’univers SailGP. Le rendez vous est déjà pris pour 2027.

 

Une étape fondatrice pour la suite de la saison

Cette escale brésilienne ne restera pas seulement comme une nouvelle ligne au calendrier. Elle pourrait compter parmi les moments charnières de la saison 2026. L’Australie y a repris la main avec autorité, l’Espagne s’y est affirmée comme un prétendant de plus en plus crédible, Artemis y a posé les bases de son ambition, et la Grande Bretagne y a montré qu’aucune domination n’est jamais acquise.

Dans une ligue aussi serrée, où les écarts se jouent parfois sur une manœuvre ou une pénalité, Rio a rappelé une évidence : le SailGP récompense autant le talent brut que la capacité à rester propre, lucide et constant sous pression. Sur ce point, l’Australie a donné une leçon.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.