Tempête Austen : jusqu’à 130 km/h attendus sur les côtes de la Manche vendredi

Météo marine

Après un été particulièrement long et une arrière-saison qui a permis aux plaisanciers de prolonger leurs navigations sur la façade atlantique jusqu’à la fin septembre, le changement de temps s’annonce brutal. La tempête Austen, attendue vendredi 23 octobre, pourrait marquer le premier véritable épisode tempétueux de l’automne.

Après un été particulièrement long et une arrière-saison qui a permis aux plaisanciers de prolonger leurs navigations sur la façade atlantique jusqu’à la fin septembre, le changement de temps s’annonce brutal. La tempête Austen, attendue vendredi 23 octobre, pourrait marquer le premier véritable épisode tempétueux de l’automne.

© AdobeStock - lucienvatynan

Après une longue période de calme, l'Atlantique se réveille

Les plaisanciers auront pu profiter de conditions particulièrement favorables cette année. Avec un été qui s'est prolongé bien au-delà de la période estivale et un mois de septembre marqué par un temps souvent sec et anticyclonique, la saison nautique s'est étirée sur une bonne partie de la façade atlantique. Mais cette douceur tardive touche désormais à sa fin.

Depuis plusieurs jours, les modèles météorologiques annoncent le retour d'un régime dépressionnaire sur l'Atlantique Nord. Et la première tempête de l'automne semble désormais se préciser. Baptisée Austen par les services météorologiques britanniques du Met Office, cette dépression devrait se creuser rapidement au large des îles Britanniques avant de provoquer un épisode de vents violents sur les côtes françaises dans la nuit de jeudi à vendredi et durant la journée du 23 octobre. Selon les prévisions de La Chaîne Météo, les rafales pourraient atteindre 110 à 120 km/h sur les côtes de la Manche, voire 130 km/h sur les caps les plus exposés. Un changement radical après plusieurs semaines de conditions relativement paisibles.

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Bretagne, Cotentin, Normandie : quels littoraux seront les plus exposés ?

C'est sur les côtes de la Manche que la tempête Austen devrait se montrer la plus virulente. La Bretagne et le Cotentin seront les premiers concernés, avec une dégradation attendue dans la seconde partie de la nuit de jeudi à vendredi. « Après plusieurs semaines de calme, le changement de temps s'annonce brutal. C'est surtout sur les côtes de la Manche que la tempête Austen devrait frapper le plus fort, avec des rafales pouvant atteindre 120 à 130 km/h sur les caps les plus exposés. La Bretagne et le Cotentin seront les premiers touchés, dès la nuit de jeudi à vendredi. » nous explique Cyrille Duchesne, météorologue à La Chaîne Météo.

Les vents d'ouest à sud-ouest devraient rapidement se renforcer, avec des rafales comprises entre 100 et 110 km/h sur une grande partie des secteurs exposés. Sur les pointes bretonnes, les caps du Cotentin et les zones directement ouvertes aux vents dominants, les valeurs pourraient ponctuellement grimper jusqu'à 120 ou 130 km/h.

Au fil de la matinée de vendredi, l'épisode tempétueux devrait progressivement gagner les côtes normandes, puis celles des Hauts-de-France. Si les vents devraient commencer à perdre de leur intensité sur le littoral breton dans l'après-midi, les conditions pourraient rester particulièrement agitées sur la partie orientale de la Manche. La trajectoire précise de la dépression reste néanmoins à surveiller. Un décalage de quelques dizaines de kilomètres pourrait modifier sensiblement l'intensité des rafales et la localisation des secteurs les plus touchés.

Une dépression qui pourrait se creuser de 25 hPa en seulement 24 heures

L'intensité potentielle d'Austen s'explique notamment par la rapidité de son creusement au-dessus de l'Atlantique. Selon La Chaîne Météo, la pression atmosphérique au centre de la dépression pourrait passer de 1 006 hPa jeudi à minuit à seulement 981 hPa vendredi à minuit, au large des côtes britanniques. Cette chute de 25 hPa en 24 heures caractérise un phénomène de cyclogenèse explosive, parfois désigné sous le terme de « bombe météorologique ».

Favorisé par la présence d'un puissant courant-jet en altitude, ce creusement rapide entraîne un resserrement des isobares et une accélération des vents près de la surface. C'est cette dynamique qui pourrait expliquer les violentes rafales attendues vendredi sur le littoral de la Manche. Pour les navigateurs, cette évolution rapide constitue un élément important : les conditions météorologiques peuvent se dégrader en quelques heures seulement, rendant les sorties en mer particulièrement risquées.

Une mer forte à très forte : les plaisanciers appelés à la vigilance

Au-delà des rafales, c'est également l'état de la mer qui devra retenir l'attention des plaisanciers. Sous l'effet des vents soutenus d'ouest à sud-ouest, la Manche devrait devenir forte à très forte, avec des conditions difficiles pour la navigation et des perturbations possibles des liaisons maritimes. Dans les ports de plaisance, les propriétaires de bateaux ont tout intérêt à anticiper l'arrivée du mauvais temps. Vérification des amarres, ajout de protections contre le ragage, contrôle des pare-battages et sécurisation des équipements sur le pont figurent parmi les précautions à prendre avant le passage de la tempête. « C’est la première tempête de la saison. Même si elle reste assez classique pour cette période de l’année, elle ne doit pas être sous-estimée. Avec des rafales pouvant atteindre 120 à 130 km/h sur les côtes, la prudence reste de mise. » Cyril Wuest, météorologue à La Chaîne Météo.

Une attention particulière devra également être portée aux bateaux au mouillage. Les zones habituellement abritées peuvent devenir exposées selon l'orientation du vent, tandis que les rafales et les mouvements de houle peuvent solliciter fortement les lignes de mouillage. Sur le littoral, les digues, les jetées et les entrées de ports exposées pourraient également devenir dangereuses en raison de l'agitation maritime. Pour les navigateurs qui envisageaient encore une sortie en cette fin octobre, le report des navigations apparaît comme la décision la plus prudente sur les côtes concernées.
 

Vendredi sous haute surveillance sur les côtes françaises

Si le potentiel tempétueux d'Austen se confirme, ce vendredi 23 octobre pourrait donc marquer une véritable rupture pour les plaisanciers de la Manche et du nord de la façade atlantique. Après plusieurs mois de conditions souvent favorables, le retour des dépressions rappelle que la saison automnale impose de nouvelles contraintes à la navigation. Les propriétaires qui ont prolongé leur saison jusqu'en octobre devront notamment s'assurer que leur bateau est correctement préparé aux premiers épisodes de vents forts.

À ce stade, l'intensité exacte de la tempête et les secteurs les plus exposés restent à préciser. Les prochaines actualisations des prévisions permettront d'affiner la chronologie du phénomène, notamment sur les côtes bretonnes, normandes et des Hauts-de-France. En attendant, les plaisanciers sont invités à suivre attentivement l'évolution des bulletins de météo marine, des avis de vent fort et des vigilances officielles avant toute sortie ou intervention à bord. Après une arrière-saison exceptionnellement clémente, l'automne semble bien décidé à reprendre ses droits sur les côtes françaises.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.