
Les chasseurs d’épaves parcourent le monde à la recherche de trésors enfouis. Mais, contrairement à la famille américaine qui vient de mettre la main sur 300.000 dollars de pièces d’or et de bijoux, les trésors enfouis ne permettent pas de faire fortune partout.
Les chasseurs d’épaves se sont développés ces dernières années au rythme des innovations technologiques qui permettent désormais de plonger à plusieurs dizaines de mètres de fond. Les principaux acteurs du marché sont américains - la société Odyssey cotée en bourse depuis 2003 en tête - ou britanniques - avec Blue Water Recoveries - et sont capables d’investir plusieurs millions d’euros pour localiser les épaves. Ainsi, le géant américain a dépensé 20 millions d’euros pendant douze années de recherches pour localiser Republic, un bateau à vapeur américain coulé en 1865. Mais ces efforts ont payé puisque l’épave, retrouvée en 2003 au large de la Géorgie, contenait des quantités de pièces d’époques pour une valeur estimée de 120 à 200 millions de dollars. Odyssey a pu conserver 90% de ce butin lors d’une procédure simple avec le gouvernement américain. Mais quatre ans plus tard, une nouvelle découverte a viré au bras de fer avec le gouvernement espagnol.
Une longue bataille juridique
L’affaire débute en 2007, lorsque la société Odyssey retrouve une épave mythique appelée Nuestra Señora de la Mercedes. Ce galion espagnol a coulé en 1804, les cales chargées de 23 tonnes de monnaie en or et argent, amassées par des militaires et commerçants au Pérou. Ce trésor, estimé à 500 millions de dollars, est le plus important jamais retrouvé sur une épave. Mais aussitôt après la découverte, les chasseurs d’épaves ont rapatrié le butin aux États-Unis sans prévenir l’Espagne, expliquant avoir découvert le voilier dans les eaux internationales. Plus de quatre ans de bataille juridique plus tard, le butin a finalement été rapatrié en Espagne, par deux avions et dans des caissons remplis d’eau pour une meilleure conservation des vestiges. Lors de la décision juridique finale, la société américaine avait toutefois pris le temps de regretter "un jour triste pour le patrimoine espagnol", estimant que cette affaire allait décourager l’exploration archéologique sous-marine. Odyssey partait alors du postulat que seules les compagnies privées avaient les moyens de financer les coûteuses recherches sous-marines. L’affaire se prolonge maintenant en Espagne avec les revendications des descendants des marins sur ce trésor hors normes.
Des législations de plus en plus strictes
En début d’année, l’Espagne, échaudée par l’affaire de son galion, a décidé de redoubler d’efforts sur la lutte contre les pillages. Lors d’une opération de quinze jours sur les traces des chasseurs d’épaves, au printemps, les autorités ont récupéré des ancres de plus de 2.000 ans, des amphores du 1er siècle et les restes d’un galion. Son voisin portugais laisse de son côté 30 à 70% du butin au plongeur qui retrouve un trésor tandis que le Royaume-Uni décide au cas par cas. En 2011, la société Odyssey a ainsi réussi à négocier 80% du butin situé sur un cargo britannique coulé en 1941. Le géant américain a localisé l’épave gisant à 4.700 mètres de fond au large de l’Irlande grâce à un sous-marin téléguidé.
En France, tout trésor retrouvé appartient à l'État mais des récompenses peuvent être proposées au découvreur de l'épave. Les navires militaires étrangers sont rattachés à leur pays d'origine.
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