
La titanesque opération de redressement du Concordia, qui a débuté ce lundi à 9 heures, évolue selon les plans des ingénieurs. A 16 heures, le redressement a atteint environ 10 degrés. Cette opération est une première mondiale pour un navire de cette taille.
Depuis plus d’un an, 500 ingénieurs et spécialistes préparent l’opération de redressement du Concordia, haut comme un immeuble de 11 étages et large comme trois terrains de football. Et depuis ce matin, pas moins d’une centaine de personnes sont sur le chantier pour redresser la carcasse, naufragée le 13 janvier 2012. Le dramatique accident avec fait 30 morts et deux disparus, dont les corps pourraient être découverts pendant l’opération.
La carcasse résisterait difficilement à un troisième hiver
Le redressement du Concordia doit durer douze heures. "Toutes les vérifications en amont ont été faites et tout a été fait pour que l'opération réussisse", a assuré Franco Porcellachia, chef de projet de Costa, tout en admettant qu'il est "difficile d'envisager toutes les hypothèses, étant donné qu'il n'y a jamais eu de précédent". Les difficultés viennent de la taille de ce géant des mers mais aussi de sa position, le flanc droit couché sur des rochers. L’épave a été stabilisée grâce à des centaines de sacs de ciment placés par des plongeurs au fond de la mer mais aussi par une plate-forme forée dans le sous-sol marin, sur laquelle viendra reposer le navire. Le bateau entame ce lundi matin la rotation, tiré par d'énormes câbles d'acier reliés à des tourelles installées pour l'occasion. Puis, à partir de 40°C, le point de non-retour, le navire devrait retrouver sa position verticale grâce à la force de gravité. Mais les équipes ont également anticipé des scénarios plus compliqués.
Ainsi, la coque pourrait subir de légères distorsions et pourrait s’incurver prenant la forme d’une « banane », a averti l’expert sud-africain en renflouements, Nick Sloane. La coque pourrait même se déchirer sous l'effet combiné de la pression de l'eau et de la gravité. Mais les ingénieurs ont totalement exclu qu’il puisse se briser en deux. Des barrières marines flottantes anti-pollution ont toutefois été déployées autour de l'épave et un dispositif a été prévu pour pomper d'éventuels liquides toxiques qui pourraient se déverser du bateau au cours de l'opération.
Il est également possible que le Concordia, presque aussi long que le Titanic, ne parvienne pas à pivoter. Il pourrait s’avérer trop lourd pour se détacher des rochers avec ses 114.000 tonnes de jauge brute. Certaines des énormes chaînes tirant ou retenant le navire pourraient également se casser.
Enfin, une rotation trop rapide pourrait entraîner une vague déferlante sur le petit port du Giglio où se trouveront des centaines de personnes. Toutefois, d’après les calculs des opérateurs, les vagues ne dépasseraient pas un mètre de haut.
L’opération de redressement est entièrement prise en charge par l’armateur du Concordia. La facture dépasse déjà les 600 millions d'euros et elle augmente toujours, assure Franco Porcellacchia, chef du projet pour Carnival, le groupe américain qui contrôle la compagnie Costa. Dans quelques mois, l'ancien palace flottant sera ensuite renfloué et remorqué loin du Giglio.
Diaporama photo de l'opération ci-dessous
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